27 septembre 2006

Jeu de dames

(petit sonnet expérimental)

Lorsque je reçois Marion
Courte-Queue ma chère amie
Bavardant comme des pies
Nous plaisantons et pouffons

Parfois nous nous asseyons
Au jardin près du damie-
Er sous les roses trémie-
Eres et poussons les pions

Quand enfin le jeu s'arrête
Nous arpentons le jardin
Pour dégourdir nos gambettes

Puis la vie reprend son train
Adieu chère et je m'offre un
Petit goûter de croquettes.

22 septembre 2006

L'île aux mangoustes (fable)

Dans une île des tropiques
Du côté des Amériques,
Paysage enchanteur,
Climat tout en douceur,
Les habitants, pour le lucre,
Cultivaient la canne à sucre.

Cela leur rapportait gros;
Mais bientôt,
Les bateaux
Du bout du monde apportèrent
(A l'insu de leur plein gré)
Des rats, qui sitôt à quai
A qui mieux mieux proliférèrent.

Pour proliférer les rongeurs
Savent y mettre du leur.

Les rats, à qui rien ne résiste,
Rongent la canne à sucre; hélas,
La récolte sera triste.
Comment donc s'en défaire ? On vous met sur la piste:
Sont importés quelques cobras.

Les cobras ont mangé les rats; mais à présent
Vlà-t-i' pas qu'à leur tour ils infestent la terre.
Pour s'en débarrasser, que faire ?
Car à la fin, croyez moi z'en,
Leur voisinage est déplaisant.

On fait venir alors quelques mangoustes
De chez un éleveur de Famagouste.
(Non, ne me croyez pas
A court de rime. Et allez, ouste !)

Mangoustes aussitôt d'occire les cobras
En passant
A la moulinette
Les maudits serpents
A lunette.

Plein succès. Abracadabra,
Fini les cobras fier à bras.
Victoire !

Mais attendez un peu la fin de cette histoire,
Et oyez le choeur:

Mangoustes mes soeurs,
C'en est fini de l'abondance.
Il n'est plus de serpents
Pour nous remplir la panse.
Oh non, plus de cobras
Pour caler nos estomacs.
Désormais nos repas
Sont en panne.
Pour nous sauver il faudrait une manne...
Eh, mes soeurs, voyez-vous pas, là dans les champs ?
Il nous reste à man-
Ger la canne.

20 septembre 2006

Passage de l'ours

(à propos du gazon de Bellzouzou, voir son blog ce jour)

Quand vous fixez assez long-
Temps ce broutoir à moutons,
Vous voyez venir, poussant la tondeuse,
L'ours de Bellzouzou la blogo-blagueuse.

La patience vous manque ?
Oùsque vous vous en allez ?
Attendez un peu, le temps que...
Le voilà, venez, venez !
Ah, trop tard, il est
Passé.

17 septembre 2006

Théologie circonstancielle du temps

Nous autres chats, nous adorons
Des dieux paresseux et gloutons
Qui nous ont faits à leur image.

Nos prières sont des ronrons:
Nous leur promettons d'être sages,
Que désormais nous omettrons
De mettre pattes ni mentons
Dans les fromages
Que font du lait de leurs moutons
Les humains. Nos dieux sont des sages.

Or ces gens-là croient le ciel
Habité d'un Dieu cruel
Qui leur prescrit le carnage.

On les voit brandir leurs armes
Aux cris de "Dieu est amour et douceur".
Il leur faut le sang, les larmes,
L'humiliation de l'autre et sa douleur.

Dieu est amour et paix, prouvons-le par la haine
Et la guerre, et quiconque en doutera
Sera
Précipité dans la Géhenne.

(Un pape l'autre jour a dit, pauvre minet,
Je ne sais quoi qui fait qu'ils vont s'exterminer.)

Dieu est amour et paix, prouvons-le par la guerre
Sainte et sacrée; quiconque en doutera
Sera
Décapité ou lapidé, le scélérat,
La honte de la terre.

Ah, mets-toi à genoux,
Reconnais que mon Dieu est absolument doux,
Ou tu t'exposeras à Son mortel courroux.

Les gens, j'attends vos commentaires.

(to you, folks, with my snarls and hisses)

15 septembre 2006

Refrain pour chanson à boire

(message codé)

Valeureuse
Ivresse
Vaillante
Ebriété

LAngue
FLeurie tu
Oublieras
Tous tes
Ennuis.

14 septembre 2006

Je m'aigris le caractère.

C'est horriiiible par ici !
Mon humble serviteur grossit !

Ah, vous ne voyez
Pas le problème... Je vais
Vous expliquer, et sans attendre
Vous allez comprendre.

Quand il trouve qu'il est trop gros,
Il fait gaffe à la nourriture,
Celle qu'il assigne à ses propres crocs,
Mais celle aussi qu'il me donne en pâture
L'esprit humain est ainsi fait:
Rationnement bien ordonné
Commence
Par soi-même, et s'étend vite au chat,
C'est là que nous blesse le bât.
En conséquence,
Je me mets à ressembler
A un épouvantail fort laid
Fait de fil de fer barbelé.

Dieu des chats ! par mes vibrisses !
Fais qu'enfin il remaigrisse !
Que le chocolat
A-
Maigrissant qu'il a-
Vale en abondance
Fasse l'effet
Désiré
Et que mon serviteur remplisse en récompense
Mon écuelle, et moi ma panse.

13 septembre 2006

Indication de lecture pieuse.

11 septembre 2006

Petite manoeuvre indigne mais nécessaire

(ad augustum per angusta)

A me lire presque personne
Ne consent, et s'il est de bonne qualité,
Mon lectorat fait triste mine en quantité.
Je vous le dis dans un sanglot. Ne
Faut-il pas que je mette avec habileté
En oeuvre un truc ? Le procédé le plus commode,
C'est de me raccrocher aux sujets à la mode.

Je vous le dis dans un sanglot:
Je n'ai pas lu Christine Angot.
Est-ce aussi bien troussé que La joueuse de go ?
Ou juste une imposture
A faire go-
Ber aux gogos ?
Sollers en dit grand bien, mais Sollers est farceur:
En cette conjoncture
Il peut nous induire en erreur.

Quelqu'un veut-il fournir sur elle un petit texte ?
Je le mettrai ici, ce sera mon prétexte,
Chacun réagira, j'aurai plus de lecteurs,
Tout un fan-club d'admirateurs...

(A peu que je ne saute en l'air comme Perrette,
Cassant le pot au lait et pleurant à perpète).

Que ne faut-il pas faire
Pour trouver un public !
Employer un moyen oblic-
Que ou bien se résigner, se taire...

Je n'ai pas lu non plus les Mémoires d'un âne
De Nicolas Sarco. Faites-m'en, s'il vous plaît,
Un petit résumé à mettre en mon billet
Que je puisse briller,
Et me monter le cou
Sans me bou-
Rrer le crâne.

10 septembre 2006

Epître à Dodinette

(en commentaire de son billet du jour)

Viens ici que je te raconte
Cette histoire vraie d'autrefois,
Vécue par un autre que moi,
Sinon je me tairais, j'aurais trop honte.

Un chaton, de bel appétit,
Mangea la barde d'un rôti
Qu'on lui avait laissée sans ôter la ficelle.
Notre apprenti-matou
Comme un glouton avala tout.
Au bout de quelques jours on vit sortir icelle
Intacte sous la queue de l'insouciant chaton;
Intacte, mais crottée comme l'est un bâton
Merdeux. Voyez l'effet sur les gens et les choses.
On dut courir après -ça sentait pas la rose -
Et couper ce cordon, non pas ombilical,
Mais fécal,
Au plus près du trou d'où, trop vite ingérée,
Sortait la ficelle indigérée.

Moralité:
N'abandonnez pas de rôti au minet
Sans avoir le cordage au préalable éliminé.

08 septembre 2006

Réaction offusquée d'une chatte offensée

(à la manière de madame L...)

Bellzouzou m'a traitée. Elle m'a traitée de (je cite):"malaimable". Malaimable, moaaa ? Tu t'es pô r'gardée. Cornegidouillette !
La garce, la saleté, la misérable petite vermine (que j'aimeuh).
Mouarfarfarfarf ! Mouarfarfarfarfarfarf !

07 septembre 2006

Epître à Petitspetons

(A propos du vocabulaire vestimentaire; voir Bellzouzou 5 septembre)

Plus vieux que soulier ("chaussure à tige basse"), tu as, au Moyen-Age, poulaine:

Très à la mode au temps de Jehan le Posthume
La poulaine se porte avec un justaucorps
Ne pas la négliger de peur de prendre rhume
Il fait si froid ma foi emmi les châteaux-forts.

Dans l'Antiquité: caligule, qui donne une rime vachement chouette à canicule:

Chacun de mes petons protégé par sa caligule
Je m'avance sans peur dessus le macadam
Rendu fondant
Par la terrible canicule.

Nota bene pour ln la marmotte et pour luna pat (même référence):

Cardigan est daté: guerre de Crimée, charge de la Brigade légère, et tout ça.
Chandail et gilet: c'est la même chose... sauf que c'est le contraire. Pourquoi pas "tricot" ?
Et (provocation taquine) que dites-vous de sweat-shirt et de sweater ? (Les Français, croyant bien faire, prononcent souvent "souîte").

Message personnel:

Merci mille fois, Moukmouk, pour les indications concernant l'hibernation. Mais... je crois que je ne vais pas hiberner.
Souvent chatte varie, / Bien fol est qui s'y fie,
comme disait (à peu près) mon modeste confrère François Ier.

05 septembre 2006

Petit quatrain de circonstance

(Pour accompagner un triple commentaire chez Bellzouzou ce jour)

Pour moi toujours je conserve
Pourvu que bien l'on me serve
(Va voir si la chatte y est)
Un langage châtié.

03 septembre 2006

Chronique de fin d'été

Plus de petits démons ni de petites pestes:
Ils s'en sont retournés chez mamans et papas;
Et, pour me reposer des efforts de ma sieste,
Je m'allonge, alanguie, dessous les verts tuyas.

Servante et serviteur, cet été négligents,
Se donnent de nouveau le temps
De chan-
Ger ma litière.

Nos braves cavaliers
Du proche et militaire
Quartier
Ont pris l'avion fort vaillamment
Pour s'interposer au Liban.

Seront-ils de retour
Pour Fêter Sainte-Jehanne ?
Ce lourd
Souci déjà me tanne.

(Entre temps, Pâques: ne pas oublier
D'aller à confesse et communier).

Avant cela, voyons: Halloween et Noël, vacances
D'hiver; anniversaires en rafale et abondance.
Au printemps deuxième tour
Entre Jospin et Balladour.

Puis gran-
Des vacan-
Ces et canicule;
Qui n'avan-
Ce pas recule,
Comme l'on dit... Enfin bref:
Petits monstres derechef.