14 mars 2008

Chanson de Noël (avec effet retard).

("Noël au balcon, Pâques aux tisons")

Les lapins mangeurs de carottes
Font souvent le long des chemins
De charmantes petites crottes
Qu’on nomme avec raison des crottes de lapin

D’ici jusqu’à Vauvert cela fait une trotte
Il faut vous munir de poudre à perlimpimpin
On est triste à manger son pain dur sans compote

Et presque autant avec la compote sans pain
Ce n’est pas bon pour les quenottes

Un angelot passant véloce chérubin
De son flûtiau tire des notes

L’enfant aime à tenir sa mère par la main
Et la mère en retour la tient par la menotte

Le soir vient l’on se bise et se dit à demain
Puis le père Noël jusqu’au pied du sapin
En traînant une jambe entraîne aussi sa hotte .


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11 mars 2008

Des goûts et des couleurs en politique.

(à Swâmi)

(« Mais le jaune jonquille est plus gai »
Stendhal, Lucien Leuwen)


A propos de la couleur jaune
Je dis au blogueur influent
Qui campe auprès du confluent
Que fait la Saône
Avec le Rhône

Les juges s’avançaient têtus
Dans leurs seyantes robes noires
Lors des autodafés de sinistre mémoire
Les cardinaux et les bourreaux vois-tu
Qui suivaient
Paradaient
Tout de rouge habillés

Et ceux-là qu’on allait griller
Les fous les juifs les hérétiques
Avançaient le chef bas de jaune revêtus
Emportés tout crus vers le barbecue mystique

Quant à Melchior
Prisant peu l’or
Le jaune pur ne lui va guère
Ça lui donne un air trop sévère

Son jaune à lui tire un peu vers le vert
Sur la nuance encor les paris sont ouverts
Il faudra bien à la fin qu’on le voie
Shadock jaune non pas mais Shadock caca d’oie.


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07 mars 2008

Un rêve.

Et lorsque l’âme de Narcisse
Aura quitté son joli corps

Elle viendra le voir encor
Et sa mandibule où se glissent

Des asticots sans son accord
Qui s’en repaîtront quel délice

Comme si c’était pain d’épice
N’entendez-vous sonner du cor

On devine dans le décor
Un avion avec son hélice

Qui largue la parachutisse
Elle atterrit en temps record

Pour la bien voir mon œil se plisse
Sa tresse sur son cou n’est qu’or.

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23 février 2008

Nourriture saine.

(à Laflote)

Pour bien nourrir ses neurones
Il faut manger du poisson
C’est pour me donner raison
Que les océans poissonnent.

Si de plus tu l’assaisonnes
Au vinaigre à l’estragon
Tu le trouveras fort bon
Ça n’étonnera personne

Mais même pris sur le pouce
Il faut finir le repas
Alors tu l’achèveras

Avec la saveur bien douce
De deux ramequins de mousse
Caramel et chocolat.

14 février 2008

Cela fait...

Cela fait juste un an qu'Aglaé trépassa,
Laissant à son neveu ce bout de blogosphère.
A ton avis, passant, Griffollet sut-il faire
Ce qu'il faut, depuis le temps qu'il la remplace ? Ah...

05 février 2008

Chanson bas-normande (III)

J’entends d’ici c’est se moquer
Griff tu veux nous en faire accroire
Il faudrait être un peu toqué
Pour croire un mot de tes histoires

Je vous réponds OK OK
Rectificatif est de mise
Belle sert aussi du tokai
Qu’elle conserve en sa remise

N’empêche que rue Bicoquet
Le syndicat d’initiative
Fait visiter leur bicoque et
Rend le quartier d’humeur festive

N’empêche que rue Bicoquet
Où les greffiers ont leurs gouttières
L’on s’en vient voir leur bicoque et
La voisine Anne est pas peu fière.

FIN


Je dois m’interrompre quelques jours; à bientôt, si le gastéropode chaleureux qu'adorait ma tante Aglaé le veut.

04 février 2008

Chanson bas-normande (II)

Vivait aussi rue Bicoquet
Anne leur voisine charmante
Tous trois s’adonnaient au croquet
Parfois jusqu’à la nuit tombante

Louis est allé à Carpiquet
Prendre des cours de vol à voile
Las un malencontreux piqué
L’a propulsé vers les étoiles

La veuve habitant près du quai
Sant-Pierre y vend des parapluies
Quand il y fait par trop frisquet
Elle est au logis et s’ennuie

Après quoi Belle tient troquet
Je crois à la Maladrerie
Les Nippons veulent du saké
Elle leur sert de l’eau de vie

(à suivre)

03 février 2008

Chanson bas-normande (I)

Belle habitait rue Bicoquet
La chose en soi paraît cocasse
Elle était d’un fort beau caquet
Et d’origine bajocasse

Louis est passé rue Bicoquet
La chose en soi paraît comique
En plus il était fort coquet
Et d’habitus académique

Ils ont vécu rue Bicoquet
La chose en soi paraît banale
Ils élevaient un perroquet
D’élocution phénoménale

Lors habitant rue Bicoquet
La chose en soi paraît sensée
Il offrit un rubis coquet
À la dame de ses pensées

(à suivre)

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01 février 2008

Rage de dents

(fragment d’épopée)

Le gendarme en ses quartiers
Rit comme rit un gendarme
L’entendant ses équipiers
À leur tour riront aux larmes

Quand un gendarme rit dans la gendarmerie
Tous les gendarmes rient
Ah les joyeux lurons
À faire pour le coup péter leurs ceinturons

Mais dans leur infirmerie
Un enfermé ne rit pas
Il a laissé son repas
Ayant mal à ses caries

Boude son riz
Son céleri
Sa portion de vache qui rit
Il est abattu prend l’air triste
Il veut aller chez le dentiste

Son nom est Darme et son
Prénom Jean mais non mais non
Ce n'est pas Jean d’Ormesson

Sa douleur dans les dents lui soutire des larmes
Mot que j’ai déjà fait rimer avec gendarme
Ne pas se répéter n’est pas chose facile
Pardonnez au versificateur malhabile

Jusques en ville il est transporté juste ciel
Dans un véhicule officiel
L’administration gentille
Sait se montrer bonne fille

Elle fait cette faveur
Pour montrer qu’elle a bon coeur

L’on voit assis dans la bagnole
Deux passagers l’un qui rigole
Et l’autre à son côté grimaçant de douleur
Le gendarme qui rit et le Jean Darme en pleurs.


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31 janvier 2008

A Tirui, blogueur poitevin

(pour me faire pardonner d’avoir oublié le melon de Poitou-Charentes dans mon poème précédent)

Les baudets à l’allure délicate
Le beurre fin
Et Raf*farin
N'oublions pas surtout la Candidate
Pour rendre les éléphants fous
Les énoncés de maths en prose
Que Tirui mijote à feu doux
Il est tant de si bonnes choses
Qui nous proviennent du Poitou.


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28 janvier 2008

Éloge politique du melon.

(pour me moquer de Melchior, qui n’a que la concurrence libre et non faussée à la bouche et fatigue tout le monde)

Vive la cucurbitacée
Concurrentielle et non faussée
Juteuse comme pas permis
Pour se régaler entre amis
Et par-dessus le marché libre
Avec des pépins et sans fibres

Melon de Carpentras
Ou bien melon d’Espagne
Faut-il vraiment qu’on se castagne
Et badaboum et patatras.

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27 janvier 2008

Conjugaison punitive.

(La Loire prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc,
S‘en va jusqu‘à la mer en passant sous les ponts.

Conventional Wisdom)


Quand la Seine est efficace
Très bonne élève aux progrès
Soutenus et réguliers
Et tout et tout et j’en passe

La Loire ample glandouillasse
Saute avec délectation
À pieds joints dans la bouillasse

Et reçoit en punition
Par son instit pas commode
Conjuguez tous temps tous modes

Je prends ma source au Mont
Gerbier-de-Jonc

C’est la dure loi des cancres
Il faut tacher ses doigts d’encre

Elle aura pris que vous prissiez
Nous prîmes tu prends vous prenez
Que je prisse au lit vous prendrez
Je prains si je parle du nez

Je prends tu prendras vous prenâtes
Eh non et non ah nom de nom
Ah non prenâtes n’est pas bon
Pour vous le seriner vous faut-il un mainate

Je prends ma source et descends
En passant par Orléans
Blois et Tours Saumur et Nan-
Tes jusques à l’Océan
Où souvent
Le temps
Se gâte.


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25 janvier 2008

Question existentielle

(encore un posthume de Tante Aglaé, automne 2007)

Suis-je bien toujours moi ? Quand je m’entends miauler,
Quand je dors tout mon saoul et quand je bois mon lait,
Quand j’écris un sonnet, puis me gratte et ronronne,
Suis-je la même chatte, et quelqu’un, ou personne ?

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11 janvier 2008

L’avènement de Phlegmon Premier

Nicolas notre Raïs
S’affligeait d’un phlegmon sis
Au plus profond repli de son auguste gorge
Et qui le faisait tant tousser
Qu’il menaçait de l’étouffer
Et puis ça fait un mal de chien alors je
Ne saurais plus longtemps dit-il le supporter

L’on dut se résoudre
À l’en opérer
Le chirurgien fort pressé
De trancher et de recoudre
Désireux de travailler plus
Pour gagner plus s’écrie Allons que je l’allège
De ses organes superflus
Son cœur et son cerveau que sais-je

Il faut l’en soulager les jeter en un sac
Anesthésiste à ta besogne
Mets lui ton masque sur la trogne
N’attendons pas les carlabruniers d’Offenbach

Sur ce qu’il en advint j’éclaire vos lanternes
Il a tout tailladé jeté rate et poumons
Intestin foie rognons
Et les morceaux mignons
On eût dit Héraklès tranchant l’Hydre de Lerne
Son zèle n’épargna que l’horrible phlegmon

C’est ce même phlegmon qui dès lors nous gouverne.




Supplique à la Princesse:

J’ai cru bien faire,
Madame,
et aller au-devant des vœux de Votre Altesse, en narrant sur le mode épique cet épisode non-petit, quoique resté longtemps secret, de la vie du Grand Prince qui nous est cher (fort cher, surtout aux petites gens) et qui fait le bonheur de la France. J’ose espérer que Votre Altesse m’en saura gré, et poussera la bienveillance jusqu’à œuvrer pour mon élection à l’Académie (ainsi que pour me faire verser une petite pension).
J’ai l’honneur d’être,
Madame,
de Votre Alteffe, le très-humble, très-obéiffant et très-fidèle ferviteur et fujet.

Griffollet, chat de lettres.

03 janvier 2008

Écologie politique

(11 pieds; 4/7)

L’écorché vif enduit de pommade épaisse
Un baladeur vissé sur ses pavillons
Reste étendu sur un lit couvert de graisse
Dans son sommeil il entend des carillons

Tard dans la nuit on couvre de bandelettes
Ses mains ses bras ses membres postérieurs
Quand on lui dit qu’on ne fait pas d’omelette
Sans casser d’œufs ses yeux sont presque rieurs

Ne pas hurler c’est son principal mérite
On le distrait avec un air de pipeau
Voyant au ciel passer un météorite
Il fait un vœu se trouver bien dans sa peau

Il ne sait plus quelles griffes de harpies
Ont arraché par lambeaux le pauvre sac
Couvrant sa chair On a fait dans la charpie
Des pansements qu’on découpe et tchac et tchac

Ni quand d’effroi devant la noirceur du monde
Son corps a dû s’entortiller sur son cœur
À son chevet près de la perf et des sondes
Soudain sa mie laisse éclater sa rancœur

Lui tout ce temps pense à la mort des abeilles
Un autre jour il vous y faudra songer
Sur la Nature il faut bien que quelqu’un veille
Ne bougez pas restez tranquille allongé

Sur un trottoir jonché de peaux de bananes
Crottes de chien tas d’immondices divers
On a trouvé une assez ample membrane
De chiroptère apprêtée sur le revers

Qu’on nous la livre et la peau de pipistrelle
Est le vélin sur lequel nous écrirons
En vers choisis cette histoire triste et belle
Bête à pleurer La liront ceux qui vivront.

28 décembre 2007

Distractions du veilleur de nuit.

Tel il est assis là
Décortiquant des cas d’école
Et s’affairant à la
Futilité de ces bricoles

Au bruit des jours d’avant au bruit des jours d’après
Répond le calme à tisonner sans fin des cendres
Minuit sonnait naguère à Germigny des Prés
Du ciel encor il regarde descendre
Des rochers de cosmos brûlots incandescents
Ma foi pour apaiser un cœur effervescent
Tout divertissement est bon à prendre

Viennent des cambrioleurs
Ils auront quelques frayeurs

Pour vaincre l’anémie
Et la neurasthénie
Il a besoin d’aliments pleins de fer
De temps en temps mettre le nez à l’air
Se donner de l’exercice
Et zapper le pain d’épice

Il fera flèche de tout bois
Pour perdre un poids
Excédentaire
Celui qu’il doit
Au caractère
Trop sédentaire
De son emploi

Un peu de sport c’est vrai ne saurait nuire
Ni dans sa vie un peu d’ordre introduire

Viennent des cambrioleurs
Ils auront quelques frayeurs

Il faut ici deux vers aux rimes féminines
Lors il sort des photos de la douce Hermeline

Il veut pour composer chastement comme un hom-
Me ses poèmes de blogue
Coucher auprès du ciel com-
Me les gastro-entérologues
Pourquoi ceux-là pourquoi cet embarras
Pourquoi pas eux à la fin pourquoi pas

Notre petite existence
A-t-elle autant d’importance

En attendant dans leurs paniers
Tressés d’osier
Quatorze serpents à lunettes
Font d’orgueilleuses galipettes

Viennent des cambrioleurs
Ils auront quelques frayeurs.

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22 décembre 2007

Addendum

Chat qui sautes avec nous
Ne griffe pas nos genoux
Hip hop

Ou nous t’ouvrirons la porte
En te disant « faut qu’tu sortes »
Hip hop

Qu’on lui donne du gâteau
Et sautons encor plus haut
Hip hop

Sautons et n’arrêtons pas
Jusqu’à l’heure du repas
Hip hop.

18 décembre 2007

Retrouvé dans les papiers d’Aglaé (posthume et peut-être prémonitoire): bonheur des pîpole.

(dédié par Griffollet à Carla Bruni, princesse d'Etat)

Pour vivre heureuse, ah oui ! Vivons cachée !
Mais se cacher, où ça ? Là est le hic..
Principe archi-connu de la Lettre Volée:
Sachons nous exposer au regard du public.

Je demeure, Madame, de votre Altesse Royale le très z’humble, très z’obéissant et très phidèle serviteur et sujet; si vous pouviez dire deux mots z’aux z’augustes z’oreilles pour une petite pension et pour l’Académie… Merci d’avance.
Griffollet, chat de lettres

17 décembre 2007

L’art d’être grand-père.

Il faut sauter sur le lit
Pour se mettre en appétit
Hip hop


(*)


Sur le lit trampolinez
Mais sans vous casser le nez
Hip hop


Ça soulève la poussière
Et ça fait tousser grand-père
Hip hop


Mais c’est bon pour la santé
Sur le lit sautez sautez
Hip hop.


(*)Variante pour salle de bains:


Et bien che brocher les dents
Pour garder tout chon mordant
Hip hop


.

16 décembre 2007

Petites habitudes

Mon brave secrétaire a un petit ennui
Griffollette la belle
Fait sa sieste (à elle)
Dedans sa manche (à lui)
Oui la sieste du dimanche
Comme des autres jours se pratique en la manche
Du gilet
Du serviteur de Griffollet.