Joli mouton noir qui par ici passe
Approche-toi donc pour l'herbe brouter
Nous sommes rendus à l'heure du thé
Vois cette brioche auprès de la tasse
Nous te prions beau mouton d'y goûter.
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Aglaé, chatte de lettres Consignait ici Les vers qu'il lui arri- Vait de commettre Griffollet son successeur Est votre humble serviteur.
Joli mouton noir qui par ici passe
Approche-toi donc pour l'herbe brouter
Nous sommes rendus à l'heure du thé
Vois cette brioche auprès de la tasse
Nous te prions beau mouton d'y goûter.
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(à la mémoire de Gabriel Désert,
historien normand, 1924-2004)
Un matou s'en va pissant
Pour marquer son territoire
Dans l'herbage appétissant
Où se promène un pur-sang
Près de l'endroit réjouissant
Où l'on m'enseigna l'Histoire
Sans aucun adoucissant
La matière en paraît noire
Le propos intéressant
S'en allait ralentissant
La fonction respiratoire
Du public adolescent
Cet âge encore innocent
A toujours soif de victoire
C'est là un sujet glissant
Je me mordais jusqu'au sang
Le savoir c'est salissant
La chose paraît notoire
C'en était ahurissant
Faut l'éprouver pour le croire
Il nous faut rester décents
Ne pas sauter de l'armoire
Ni brandir une pétoire
Ni pousser des cris perçants
Souvenirs m'envahissant
C'est le fruit de la mémoire
Soyez donc compatissant
Le temps qu'on nous serve à boire.
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(auto-fiction)
Le discours du gallinacé
N'est pas celui du cétacé
Ne vous en déplaise
N'en soyez surtout pas froissé
Vous seriez bien mieux décoincé
Mettez-vous à l'aise
Ce placard est cadenassé
Oui c'est aux abords de Tessé-
La-Madeleine au temps passé
Qu'une belle anglaise
Fi donc laissons c'est déplacé
Admirez ce couple enlacé
En sa terre glaise
Voilà-t-il pas le cabossé
Qui boîtant au pas cadencé
Ramène sa fraise
Cela est-il bien agencé
Dans le sens du poil caressé
Et convenablement troussé
Entre parenthèses
Vous avez l'air embarrassé
Mais c'est assez tergiversé
Je vous lis Le petit Poucet
Au pied du mélèze.
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Je vous le dis encor ô balèzes soudards
Qui gouvernez la mappemonde
Vous avez beau être roublards
Sachez immondes vieillards
Oui ma foi vieillards immondes
Que tôt ou tard
Vous devrez lâcher le pouvoir cafard
Que vous vous arrogez malgré nous sur le monde
La résistance est un travail herculéen
Et la lutte est notre terrain
Vous ne pourrez pas nous abattre
Et nous autres du continent européen
Nous faudra-il jouer au quatre
Cent vingt et un
Ou bien ne faut-il pas plutôt nous battre
Résister sans céder c'est notre loi d'airain.
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Le potus est pour sûr complètement zinzin
Et de même en est-il du compère Poutine
Tous deux dans le grand nord où le jet set patine
Glissent en duo le roi n'est pas leur cousin
Auront-ils mérité crèpes de sarrasin
Non je ne pense pas l'Histoire ici piétine
Oyez le Soudan l'Ukraine ou la Palestine
Sur le globe entier entendez-vous le bousin
Patineurs puissiez-vous tomber dans la crevasse
C'est que voyez-vous l'on a beau faire le beau
À la fin des fins le destin jaloux s'agace
Déja votre désastre est taillé dans la glace
Ce sera l'on vous le souhaite un fier tombeau
Les peuples du progrès reprendront le flambeau.
(commodités au sortir du lavoir)
En Basse-Normandie en notre bon vieux temps
Fallait quoi qu'il en fût de la pluie ou du vent
Une fois terminée essorée la lessive
Etaler notre linge attendez j'y arrive
La Vache bicolore en pissant fait la pluie
Cependant que de son côté céleste Truie
Pète et pète encor et par là produit du vent
Et c'est ainsi qu'il en allait le plus souvent
Si la pluie prédomine et garde le dessus
On étalera c'est bien sûr dedans la grange
Si le vent prime au sortir des jambons fessus
Le linge en ce cas c'est au grand air qu'il s'arrange
Ainsi d''une manière ou bien d'une autre l'étends-je
Horsains pourquoi cela vous paraît-il étrange
Il convenait de faire face en tous les cas
Aux intempéries enfin ne négligeons pas
De nous munir surtout de nos pinces z'à linge
Il nous en faut en nécessaire quantité
Pas de souci pourtant malins comme des singes
Les gars nos amoureux en auront apporté.
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Au Groenland il fait froid
Très chaud en Amazonie
Qu'il attrape un chaud et froid parbleu quel effroi
Un jour ce potus mourra
Et dès lors ne sentira
Plus ni chaud ni froid après cruelle agonie
S'il meurt de froid c'est par hypo
C'est par hyper s'il meurt de chaud
Hyper ou hypothermie et peine infinie
Il errera dans l'au-delà
Et tralalère et tralala
Voyez l'ironie
Mais c'est ce qu'il faut
Pour payer l'écot
De ses félonies.
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