09 août 2008

Bonne pâte et fine mouche

L’asticot de son tunnel
Aperçoit au fond le ciel

Et dedans la lune rousse
Alors vite il se trémousse

Rampe pour sortir du nid
Un très long macaroni

Avec beaucoup d’énergie
Quand il est à la sortie

En mouche il se voit changé
Chic on ne m’a pas mangé

Cuit dit-il dans l’eau bouillante
Ma fortune est excellente

La mouche essuie son museau
Son abdomen en fuseau

Et toute à son bonheur d’être
Prend son vol par la fenêtre.

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06 août 2008

Dispersion

Rêvé la mer était bien froide
Et tous nos vêtements mouillés
Avons-nous assez farfouillé
Dans le dénigrement des rois de

La mine et du rail l’aube est roide
Où sont dis-moi les œufs brouillés
Q’Alphonse Allais a bidouillés
Dans Le parapluie de l’escouade

Et maintenant je vous assure
Il faut sortir de ce chou-là
Vous n’aurez point de chocolat

Que du pain sec sans confiture
Égayez-vous dans la nature
Partez par-ci partez par-là.

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04 août 2008

Au Cotentin l'été

(sonnet paresseux)

Une jument percheronne
Prend les bains à Carteret
Sur le seuil du cabaret
Humant l’air un chat ronronne


Le temps est compté baronne
L'âne tond son pré carré
Il court il court le furet(*)
Le furet des bois luronnes

Vient s’asseoir un chemineau
Fatigué de son errance
Et pour pouvoir en cadence

C’est du moins ce qu’il avance
Muscler ses abdominaux
Il s’adonne aux dominos.


(*) vieille chanson

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29 juillet 2008

Veine sombre

Le sang qu’un chat lape
Lentement s’échappe
D’un poignet tranché
Avec un fer ébréché

Dans sa cage sous cape
Un canari caché
Songe aux douceurs de l’existence
Pour vivre heureux vivons perché

Le chat va museau léché
Promener sa nonchalance
Au cœur de l’horloge un soleil balance
Il ne cesse de se pencher
D’un côté de l’autre en cadence

Seigneur ne soyez pas fâché
Si la pauvre âme a trébuché
Au terminus de son errance

Mettons un disque en pénitence
Faisons place à Sydney Bechet

La Foi la Charité ainsi que l’Espérance
Sont théologales vertus

Les souris entrent dans la danse
Entourloupe et turlututu
Alléluia et loup y es-tu

Tu n’as pas eu le temps je pense
D’attraper ta correspondance

Et maintenant c’est le silence
Même Sidney Bechet s’est tu.


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19 juillet 2008

Pains perdus

(petit poème politique vite fait, pour m’attirer les bonnes grâces du souverain)

Le Sarkozy démine
Nous dit-on le terrain
Pour s’en aller en Chine
Cet été plus serein

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Le vaillant premier ministre
Fait une tronche sinistre
On sait qu’il a mal au dos
Qu’il souffre de tous les os

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

C’est le moment d’appeler
L’assistance à distance
Pour qu’on me serve du lait
Un peu suffira je pense

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Dis mon brave Nicolas
Dis mon grand ne crains-tu pas
Qu’avant même l’échéance
Le peuple manant de France
Soit possédé du désir
De se désensarkozyr

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Sarkozy ô
Grand homme
Haut comme au
Moins trois pommes

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati


Petit par la toise
Et grand par le bagoût
L’on viendrait bien chez toi se
Faire servir du ragoût.

Petit message personnel à CB
Madame la Présidente et Chère Consoeur
Une dernière fois je sollicite petite pension et coup de piston pour être élu à l’Académie. A défaut, je passerai dans l’opposition. (Signé) Griffollet, chat de lettres et courtisan.

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27 juin 2008

Euro de foot 2008

(vers de circonstance et de mirliton)

Turquie ?
Allemagne !
Russie ?
Espagne !
Dieux du ballon
Rond l’on
Vous en prie,
Que les meilleurs gagnent.



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25 juin 2008

Météo changeante

Le soleil se prend dans la nasse
Des strato-cumulus et cumulo-nimbus
Tous imbus
De leur masse
Qui menace
Le beau temps

Voilà que les oiseaux se taisent
Et l’averse à l’instant s’étant
Dans le silence persistant
Abattue sur le récitant
Et l’assistance tout autant
Les gens ne sont pas à leur aise

Et tout le jour il a plu
Il plut aux cieux de laisser pleuvoir
Et dru ma pauvre dame dru
Oui dru comme vous pouvez voir
Il plut du matin jusqu’au soir
De quoi remplir les abreuvoirs
Faire déborder les citernes
C’est là chose curieuse à voir
A la fin de ce jour si terne

Ah l’arc-en-ciel qui se fait élégant
Ah le salon de jardin qu’on essuie
Ah le coup de torchon dessus le toboggan
Ah le soleil après la pluie

Ah les escargots partis pour
Se promener aux alentours
Et les nuages sans tambour
Ni trompette
Ont pris la poudre d’escampette.


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22 juin 2008

Piano mécanique

Vont-ils s’arranger mes vers
Juxtaposer leurs images
En alignement bien sage
Pour calmer l’âme à l’envers

Le printemps après l’hiver
Un pullover paysage
Un regard de chat sauvage
Un vélo noir des yeux verts

Aux abords de la venelle
Du piano la manivelle
Tourne et retourne un refrain

L’âne gris ronge son frein
En ralentissant la belle
Lui caresse le chanfrein.


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14 juin 2008

Repas froid

(9 pieds, césure flottante)

Au bord du cours d’eau je suis assis
Parfois je m’impatiente et me lasse
J’attends voir passer mes ennemis

Qu’il faut donc de temps pour qu’ils trépassent

Au bout de sa ligne auprès d’ici
Un pêcheur soulève une godasse
Il prend dégoûté sa calebasse

S’offre une gorgée de blanc-cassis

Une artiste a laissé son croquis
C’est pour farfouiller dans sa besace
Elle en extirpe un sandwich exquis

Il n’en restera bientôt plus trace

Les deux qui vont là sont fort épris
Dans le soleil les oiseaux jacassent
Puis l’orage vient tous aux abris

Au moulin les amoureux s’enlacent

Voit-on pas les escargots sortis
Au-devant de l’arc-en-ciel partis
Faire un petit tour et les limaces

Oublions tous ce qui nous tracasse

Des gens aux pantalons rétrécis
Jettent aux canards du pain rassis
Pour l’attraper ils se décarcassent

Dieu que ces animaux sont voraces

C’est un peu plus loin qu’un malappris
D’un sac de déchets se débarrasse
Dans les tourbillons que les soucis

Emportés par le courant s’effacent.



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04 juin 2008

Bonnes excuses

Au sol les fourmis sont en quête d’un radeau
L’escargot pour ronger carotte
Est obligé de chausser botte (*)
Il a plu trop longtemps la terre est gorgée d’eau

C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons

Sévit la sécheresse et cuit la canicule
Il faut réserver l’eau ne pas en abuser
Au contraire il convient de l’ économiser
Et de ne la diffuser
Qu’en mesures minuscules

C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons

Et nous resterons là assis sur une chaise
À contempler notre jardin tout à notre aise
Ou bien demeurerons ici dans un fauteuil
À surveiller notre jardin du coin de l’œil

Nous pourrons mieux ainsi voir s’il s’échappe
Ou si les rigueurs du temps le rattrapent


C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons.

* au singulier
Ben oui, le gastéropode n’a qu’un pied, contrairement à la plupart des vers.


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29 mai 2008

Cérémonial du soir (IV)

Un cygne auprès de la barrière
Avec piété dit sa prière
Du soir et
S’agenouille
En se relevant il fait ouille
Car son genou est
Quelque peu rouillé

L’âne a mis son bonnet de nuit
Bien disposé sur ses oreilles
Si son corps déjà s’ensommeille
Son âme est avec la lune qui luit

Sans le clair de lune il serait bien ennuyé
Lors on ne distinguerait pas dans les ténèbres
Son beau pyjama rayé
Cadeau de ses cousins zèbres

Le marchand de sable est passé
Il n’avait pas l’air trop stressé
Il n’y a que
Chez les insomniaques
Qu’il est pressé
Ou tracassé

Et maintenant tout dort le sommeil les rassemble
Ai-je rien oublié ah si fait il me semble
Nous omîmes le chat qu’on ne voit nulle part

Le matou rentrera tard
Car il est un peu fêtard.



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28 mai 2008

Cérémonial du soir (III)

Les chevaux retranchés dedans leur écurie
Vont prendre le temps de s’asseoir
Pour potasser les cours du soir
De l’Université Pierre-et-Marie-Curie

Une génisse en le simple appareil (merci à Jean Racine)
D’une beauté disposée au sommeil
De son seul Chanel Cinq vêtue (merci à Marylin Monroë)
Comprenez qu’elle est toute nue
A pris le temps d’arranger son réveil
Pour précéder demain le coq et le soleil

Les fiers lapins de manière intensive
Brossent leurs incisives
Et même les dents du fond
Puis se font
Avant de dormir les caresses
Propres à propager l’espèce

Les jeunes dindons dont
Les caroncules gonflent
Ronflent
En tirant sur eux leurs édredons

En rêve un cabri cabriole
Demain chouette c’est mercredi
Le mercredi pardi y a pas école
Il pourra s’occuper de diverses bricoles
Heureux cabri

(à suivre)

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27 mai 2008

Cérémonial du soir (II)

Dans leur bauge les cochons
Font combat de polochons
Puis ils décrètent la trêve
Ferment l’œil et font des rêves

Les canards croupion au sec
Et le bec
Mis sous l’aile
Ont entrepris pour finir
De dormir
Avec zèle

Tranquille une vache
Boit sa tisane de bourrache

Le père jars se poste auprès de ses oisons
Et comme tous les soirs leur raconte une histoire
C’est ça jasons c’est ça jasons jasons jasons
Endormir les enfants reste la mer à boire

Les moutons dans leur enclos
En attente de la tonte
De ne pas dormir ont honte
Le chien pattes sous menton
Rêve d’os
Et nos moutons
Mutuellement se comptent

(à suivre)

26 mai 2008

Cérémonial du soir (I)

C’est l’heure où le soleil se couche
Le jour s’en va ô gué ô gué
Les animaux sont fatigués
Les papillons de nuit vont succéder aux mouches

Tôt les poulets se sont frayé
Un chemin vers le poulailler

Pour lors le bouc a pris sa douche
Peigné sa barbiche avec soin
Puis s’est allongé dans le foin
Non sans avoir d’abord disposé ses babouches
Et bientôt sur sa couche
L’on peut voir son torse qui
Monte et descend sur un rythme farouche
Sous les portraits de Lénine et Trotsky

Fleuron de la gent porcine
Le verrat pour s’endormir
N’en finit pas de polir
Ses séduisantes canines

Le paon chante une berceuse
A ses chers petits dans leur berceau
On croit ouïr une perceuse
Enfin ça c’est mon avis perso

(à suivre)

26 avril 2008

Élégie gourmande.

Oui la soupe à l’oignon se prépare
En pleurant
Quand le moment vient que les amants
Se séparent

Il faut la laisser cuire en rêvant
Ô savants
Que vos travaux un peu trop souvent
Accaparent

Un chat tigré dort sur le divan
En rêvant
À quelque hypothétique bagarre

Laissez-le rêver en paix bon sang
Il pourrait vous sauter dessus sans
Crier gare.

(Sur ce, les gens, je m'absente pour un mois; joyeux printemps !)
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20 avril 2008

Les allers retours de Jean.

C’est Jean brave apprenti boucher
Qui vient livrer du steack haché

Sur son vétété rose il roule
Casque au guidon bien accroché
Comme une moule
À son rocher

Mais regrettable
Erreur
Épouvantable
Horreur

Le hasard fait souvent des siennes
Jean se trompe de personne et
Surtout d’adresse et vient sonner
Chez des lesbiennes
Végétariennes

Excusez-moi je savais pas
Il revient alors sur ses pas
Du côté de la boucherie
Où l’attend sa petite amie

Du moins croit-il elle est pas là
Jean s’en retourne très pâle à
Cheval sur son vétété rose
Vers chez ses vieux d’humeur morose

En route son portable sonne
Et c’est son patron en personne
Il est au fond
Très débonnaire
Mais prend son ton
Autoritaire

Il faut livrer un pot-au-feu
Jean revient en catastrophe euh
Je ne sais plus ce qui se passe
Il s’arrête dans une impasse

Ah oui Jean se retrouve nu
Dans les bras de Vénézueliennes
Qui sont en même temps le fait est bien connu
D’adorables bolivariennes
Aux dires du garçon boucher
Elles sont douces au toucher

Ravi de montrer que la chair est tendre
Jean le garçon boucher n’a rien
Perdu pour attendre
Et tout est bien qui finit bien

Qu’est-il advenu du vétété rose
Vous demandez-vous pour l’heure il repose
Devant le logis d’un ninipotchien(*)
Entre un bac de fleurs et la niche au chien.

(*) partisan de Ninipotch (d’après Georges Perec; au fait on peut se demander si le vétété au fond de la cour n’a pas un guidon chromé)

13 avril 2008

Défense de la vache.

(sonnet bucolique)

L’ animal fait de son meuh
En peuplant le pâturage
Y rumine avec courage
Esprit de suite et sérieux

Je vous regarde en les yeux
Peut-on refuser fourrage
À la perle d’élevage
Qui fournit son lait crémeux

Pour toi reine de l’ étable
Je laisserai mes travaux
Et j’irai par monts par vaux

Chanter ton inimitable
Lait pour sustenter les veaux
Que nous prisons sur nos tables.


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12 avril 2008

En hommage...

En hommage à Laflote, qui vient de nous brancher sur la mire de la RTF une fois encore (ce n'est pas pour rien qu'elle figure au blogroll de Bellzouzou sous la mention "fluctuat nec mergitur") je republie un poème de feue ma bonne tante Aglaé:

"30 octobre 2006
Petit hymne pour Laflote, à l'occasion de son lointain trépas.

Quand Laflote a mouru
D'un mal irrémédiable
Quand Laflote a mouru
L'enfer n'en a pas voulu

J'ai assez dz soucis
Dit Satan à ses diables
J'ai assez de soucis
Non je n'en veux pas ici

Idem au purgatoir
Le malaise est palpable
Idem au purgatoir
Refusée bon sang d'bonsoir

Alors elle a fini
Aussi finit ma fable
Alors elle a fini
Bien tranquille au paradis

A perpète entendra
La harpe délectable
A perpète entendra
Allongée entre ses draps."

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09 avril 2008

Un peu d’histoire véridique.

(dédié à Tirui et à ses lecteurs)

Il est avéré qu’à la bataille d’Hastings (1066, tout ça ne nous rajeunit pas) l’un des vassaux du Conquérant, Yvan, seigneur de Titehou-la-Forest, se sentant foiblir (il avoit fort souffert du mal de mer), mit un genou à terre pour prier:
« Ô notre bon Sainct Zercass
Ami de Sainct Boniface
Protège les Bajocasses(*)
Que les ennemys tracassent. »
Puis, s’étant relevé tout requinquoyé, et remis en selle, il se lança à l’assaut, brandissant son écu marqué d’un léopard roux perché sur branche, et lançant son invocation terrificque:
« Sacer passoussa Zercass ! »
Et contribua grandement à gagner la bataille, dont fust récompensé par le Duc, nouveau Roy, nostre Sire, à titre posthume hélas, d‘un tonneau de croquettes, pris sur l’ennemi, pour son chat resté en Normandie
Une vignette est consacrée à ce haut fait dans la Tapisserie de la Reine Mathilde.
(*) Bajocasses: habitants de Bayeux (et environs)


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07 avril 2008

Ramper et mordre.

Le chef des vipères
Fait le coup de poing
En se dandinant sur ses pattes de derrière
Après la bataille une main à sa visière
Il donne un salut à ses blessés mal en point

Après quoi il prend son repos de guerrier las
Abandonnant la glace abricot et chocolat
Qu’il a quelque temps entre ses doigts retenue
De toutes façons elle est maintenant fondue
Et sans y mettre de douceur
Infuse son venin masseur
Hop à la première venue

A la fin à la guerre il lui faut repartir
En prenant à deux mains son insigne courage
C’est un dur métier celui de vipère en chef
Et quand foyalé bon foyalé enfin bref
Pour compenser il a la gloire en héritage
Sans jamais de sa majesté se départir.

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