16 avril 2014

Fétiche.



Et là seul sur la berge
Dessinant les oiseaux
Qui voltigeaient en l'air je
Vis passer un vase au fil de l'eau

Je me suis mis à sa poursuite
L'ayant rattrapé j'ai peint sur ses flancs
Toutes les couleurs du soleil couchant
Enluminant la terre cuite

Ô vase peint remis à l’eau
Tu vas reprendre ton voyage

Ne va pas te laisser fracasser pauvre pot
Contre l’arche d’un pont ou le mur d'un barrage

Je ne sais quel sera ton sort
Figure de proue pour péniche
Ou borne pipi prisée des caniches
Ou dans une vitrine exposé près du port

Que j'aimerais te voir sur une tête fière
Le soleil à nouveau descend
Et voilà revenu le temps
Des cris obscurs de la forêt altière.

01 avril 2014

Poisson d'avril.




Natacha la riveraine
Oui l'aimable Natacha
Un vendredi s'enticha
D'un horrible poisson chat
Qui de son côté ne la trouvait pas vilaine

L'histoire a tourné court car le poisson d'avril
Ne dure qu'un moment et ne tient pas le gril.

02 mars 2014

Au lac les cygnes.


Au mitan du lac par temps lourd
On peut apercevoir deux cygnes
Se prodiguer maintes mamours
Si vous aimez mieux ils se font la cour
Puisqu’il faut tout vous dire ils se draguent par signes

Arrondissant le cou comme pour un bonsoir
Abaissant tour à tour la tête
Et l’on jurerait voir
Cligner sans que la chose un seul instant s'arrête
Dans leurs crânes d’oiseaux les neurones-miroirs

Ils se frôlent
Du col
Puis prennent leur envol
Et les voir s'arracher cela nous fait tout drôle
Font un tour du plan d’eau ce meeting aérien
Palsambleu ce n’est pas rien

Deux jeunes merles féeriques
Pratiquaient la même mimique
Lors je m'en revenais d’aller quérir mon pain
Et passais par le lieu dit l’Allée des Sapins

Ils montaient descendaient leurs deux petits corps frêles
Frissonnants tout entiers et battant fort des ailes
On reconnaît sans grand effort
Et sans mal le merle du cygne
Grand palmé surtout qui rechigne
Se dandinant et soufflant fort

À se percher dans les arbustes
Un jour je parlerai des as de la flibuste
Corbeaux cormorans poissons-chats
Ces derniers sont là comme des pachas.

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16 février 2014

Vers l'au-delà.



C'est possible et je le concède
Nonobstant ce n'est pas certain
Je vois pâlir dans le lointain
Lacan sur son vélocipède

A son trépas le vif décède
Quand la mort lui roule un patin
Et lui fait tout un baratin
Rapport à l'Enfer qui l'obsède

Votre bagage est déficient
Pratiquez la psychanalyse
Et déchargez-vous l'Inconscient

Abandonnez votre valise
Et pour un parcours efficient
Orientez-vous sur les balises.


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13 février 2014

Déambulation.

Déambulation.

Allons zyeuter les z'arlequins
Mais en ces tristes circonstances
D'ailleurs vécues avec constance
Il faut se défier des requins

Les voleurs guignent vos sequins
Il vaut mieux garder ses distances
Je vous en prie avec instance
En admirant les mannequins

Ceux que l’on voit dans la vitrine
Seuls défenseurs de nos vertus
Sont vrais gardiens de la doctrine

Lorsque les docteurs se sont tus
Tel et tel sont morts le sais-tu
Le chat s’en va de la poitrine.

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06 février 2014

Vieux godelureau.





Nous mangions des oeufs brouillis
Et nous en trouvions fort aise
Quand j'étais au lycée Blaise
Pascal en khagne à Neuilly

Songez qu'un jour je faillis
Sur le bord d'une falaise
En vue de la côte anglaise
Tomber ç'aurait fait fouillis

Maintenant monté en graine
Scolastiquement j'égrène
Les fatras restés d'une i-

Dée auréolée de haine
J'en retapisse mon nid
L'oiseau rare a mal fini.

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04 février 2014

Dialogue d'herbivores



Le pissenlit et le chiendent
Je ne puis certes méconnaître
Qu’ils ont du craquant sous la dent
Et vous qu’en pensez-vous mon maître

Je suis de ton avis pourtant
Tu as je vois envie de paître
Le pissenlit et le chiendent
Il les faut faire disparaître

Or ça pour le chiendent je n’en suis pas très sûr
Mon sentiment sur ce point-là n’est pas bien mûr
On classe le chiendent végétal adventice

Partout il s’insinue de façon subreptice
Pour s'en débarrasser il faut beaucoup d'efforts
Mais je dois confesser cela n'est pas mon fort.

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02 février 2014

En attendant.



La fumée nous vient aux yeux
Cré Di c'est inconfortable
Comme le serait du sable
Fumée sans feu c'est curieux

Pour tout dire on serait mieux
On est mieux assis à table
Nous pouvons c'est délectable
Boire un verre de vin vieux

Il suffit hache de guerre
Je me suis fait ton licteur
Mais tu ne t'en émeus guère

J'aimerais être lecteur
D'un courrier comme naguère
En apportait le facteur.

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18 janvier 2014

Comme la jument.






C'était un hypermétrope
Qui ne s'amusait pas trop
Il vendait dans le métro
Quelques bouquets d’héliotropes
Comme la jument galope
Quand elle a laissé le trot

Il entra dans un bistrot
Déjeuna d’une escalope
Et d 'un bol de bigarreaux
Le vent tapait aux carreaux
Comme la jument galope
Quand elle a laissé le trot

Assis au café Procope
J'attends une menthe à l'eau
Et lis le Traité des Tropes
Laissant aller mon cerveau
Comme la jument galope
Quand elle a laissé le trot

Comment va la vieille Europe
Allons quittant nos bocaux
Voir courir les antilopes
Dans les pays tropicaux
Comme la jument galope
Quand elle a laissé le trot.

09 janvier 2014

Les élections.


( villanelle désenchantée )

La faucille et le marteau
Dame c’est pas de la tarte
Au final y a pas photo

Les mettre au portemanteau
Il faut respecter la charte
Au final y a pas photo

Il faudra se lever tôt
Pour la commedia dell’ arte
Qu’en dit le crabe tourteau

Flatter le corps électo-
Ral dans l’Indre ou dans la Sarthe
Quitte à se prendre un râteau
C’est une lutte au couteau
Par la gauche il faut qu’on parte
Pour mieux gravir le côteau

Et les coiffer au poteau
Le coureur du bord s’écarte
Dame c’est pas du gâteau


La faucille et le marteau
Dame c’est pas du gâteau
Au final y a pas photo.

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21 décembre 2013

Veaux au vert.


Il est fort friand de petits vers
Notre compagnon le rouge-gorge
Ceux du jardin nourrissent le corps je
Compte pour l'esprit ceux que lui sert

Notre poétesse au regard pers
Un enfant qui goûte un sucre d'orge
Non loin de la mère après sa forge
Songe à l'amie du delà des mers

Eh bien quoi l'on n'est pas à l'usine
Frappant sur son enclume à grands coups
L'inspiration coule sur son cou

Le souverain n'est pas sa cousine
Dans le pré voisin meuglent beaucoup
Des veaux de la race limousine.

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15 décembre 2013

Linge du Diable.


Sa lessive étant
A gros bouillons faite
Bonhomme Satan
Sur un fil étend
Ses slips ses chaussettes
A sécher un bout de temps
Avant qu'il ne les soumette
Au dur régime du fer
A repasser de l'Enfer
Désirant être à la mode
Il prend soin de ses froufrous
S'il y constate des trous
Sans faute il les raccommode.

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08 décembre 2013

Discours d'oiseaux marins.





Non sans mentir le saviez-vous
Les faucons et chats-huants ont le duvet très doux

Autour du cou
Aussi doux ma foi que celui des chouettes

S'il faut les plumer que ce soit avec amour
Jour après jour

Après hélas pour eux ils ont un air de vautours
Ça fait mauvais effet auprès de nous autres mouettes.

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07 décembre 2013

Considération.


Considération.


Qu'il pleuve et vente
Tandis que je bois mon thé
Vert à la menthe
La totalité
Se fragmente
Chaque fragment dit son morceau de vérité
Et pour le reste il se pourrait qu'il mente
Considérons la chose avec sérénité.

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06 décembre 2013

Du danger de la goinfrerie.

(histoire pour enfants)

Un tigre va songeant
À dévorer les gens

L'on lui sert un clafoutis bigre
C'est un pur régal pour ce tigre

Il le déchire à belles dents
De toutes ses griffes s'aidant

Et se pourlèche les babines
Puis il boit du bon vin et non de la bibine


Etait resté caché en petit cachottier
Dedans le clafoutis un noyau de cerise

Le gros félin l'avale et sent son ventre en crise
Car dans son grand côlon pousse un arbre fruitier

Le clafoutis que l'on mange trop vite
Je vous le dis en vérité

Ce n’est pas bon pour la santé
La saveur d'un gâteau se mérite.

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03 décembre 2013

L'écureuil.



L'écureuil était là sautant
Leste vif et virevoltant

Et sa voltige
Donnait vertige

Il n’avait pas
Pour le repas
De noisettes
Laissé miette

J'avais utile précision
Véhiculé des provisions

Dans un petit panier à anse
Que je balançais en cadence

Le chat qui près de nous veillait
N’avait pas l’air émerveillé

Intéressé pourtant et jouissant du spectacle
Il se tenait tranquille et c’était un miracle

Oui sans mentir c’était très beau
Quel savoir-faire acrobatique
L' animal n’était point pied-bot
Et cet art de la gymnastique
Inclinait à l’élan mystique

Que nenni dit le matou
Ça se mange et puis c’est tout

Il veut en tirer pitance
Avec vigueur je le tance

Vite enfermé dans le panier
Il y restera prisonnier.

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02 décembre 2013

Course au trésor.



Le roc ocre où nidifient
Les aimables macareux
Confondez point je vous prie
Avec les canards macreux
Que l’on voit en Normandie
Recèle un coffre en son creux

Mille sabords de mer que le grand Cric me croque
Parmi les perroquets et les singes baroques
Le pirate au gros bras terminé par un croc
Y cèle ses secrets et ses éconocroques
Il est fort défiant à l’égard des escrocs

La grotte aux regards ne s’offre
Qu’à marée basse uniquement
Il faut l’aborder prudemment
Si l’on veut parvenir au coffre

Imité des perroquets
Irai-je au bout de ma strophe
Je crains fort la catastrophe
La peur m'ôte le hoquet

Et qui s'y risquera sinon l'aventurier
Fils d'une couturière et d'un confiturier
S'il parvient à son but par audace et prudence
Il aura dans ses mains la corne d'abondance

Or donc le peintre à ton pinceau
Et pour nous autres peinturlure
La bonne fin de l'aventure
Campe-nous-le sur son vaisseau.

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29 novembre 2013

Temps de chien.


Il apparaît que le ciel se contracte
Ah oui le temps est détraqué
C'est un vrai déluge une cataracte
Le marchand de pépins à côté du troquet
Se frottant les mains en prend acte

L'aigre vent nous saisit le lard
Il vente il pleut il mouille il tonne
Il pleut fort sur le boulevard
Un malotru se reboutonne
En catastrophe il ouvre son riflard

Une grosse dondon promenait son caniche
Elle prend le chemin du retour à la niche
Le chien renifle un tas de détritus
Qui sent si bon à l'arrêt d'autobus
Elle a beau tirer le cabot s'en fiche

Le molotru susdit ainsi que la dondon
Se cognent l'un à l'autre et demandent pardon
Il fait trop vilain temps que leurs sorts se rejoignent
Qui le bout de la laisse et qui le manche en poignes
Vers les coins opposés de la rue ils s'éloignent

Son essuie-glace écarquillé
Chemin faisant l'autobus passe
Il soulève la flotte en masse
En jet d'eau vite éparpillé
Sur le trottoir déjà mouillé

Repasseuse à ta pattemouille
Il vente il tonne il pleut il mouille
Restons au sec buvons un grog
C'est un beau temps pour les grenouilles
Grenouille en anglais se dit frog

Apprenons nos leçons repassons les chemises
Quand le soir tombera la table sera mise
Sur le pain rajoutons du miel
Je vous le dis c'est officiel
Il se prépare un arc-en-ciel.

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25 novembre 2013

Jeu de mains jeu de vilains



Voyant une mangouste
Et craignant une rouste
Le cobra tourne les talons parbleu
Se souvenant du lait qu’il a mis sur le feu

Le bon boa clarinettiste
Se prend les pieds dans le tapis
Alors qu’il entre en piste

Et fait l’air un peu triste
Un geste de la main qui veut dire tant pis.

09 novembre 2013

La Parque.




Voyez se mouvoir la main de la couturière
À son doigt  le dé qui va d’avant en arrière

Un bref coup de ciseaux soudain coupe le fil
Quand la Parque a tranché nos jours que reste-t-il

La camisole et la dentelle
Que reste-t-il ô ma cervelle

Elle coud elle coud toujours
À midi ou sous l’abat-jour

Quand la parque a tranché nos jours
Que reste-t-il de ces atours

Vous m’en donnerez des nouvelles
Qu’en reste-t-il ô mon amour

Les plastrons les fixe-chaussettes
Et les baleines  de corset

Ce que ma cervelle encor sait
Vous m’en donnerez la recette

C’est à prendre ou à laisser
Un partout la balle au centre

Le mortel a mal au ventre
La mort veut entrer qu’elle entre
Alors qui va trépasser

Qui le jour des morts verra je vous prie
Sa tombe fleurie

La Parque a tranché sa besogne est accomplie
En cet endroit je suis tranquille et veux rester

Dans  le vent et sous la pluie
Le fossoyeur peut  pester.

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07 novembre 2013

Soupe à l'oignon.




Faut éplucher ô glandes lacrymales
De ces oignons les bulbes globuleux
Labeur tes effets sont vertigineux
Prodigués dans les formes optimales
           
Faut calculer à quelques décimales       
Notre  farine  à taux faramineux
Pour  les croûtons selon les maîtres queux
Mettre à nager sur la surface étale

Désirs déçus parole sont gloutons
Ces quelques sols sont de maigres salaires
Pâles  regrets qui  montent aux mentons

Voracité des chaleurs coutumières
Peines de coeur sont bonnes cuisinières
Et l’archipel se fige des croûtons.
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05 novembre 2013

Inanités sonores.


Que ferons-nous des dénis
Des déni-
Cheurs de nids
Un vers à sept pieds doit suivre

Que ferons nous des accords
Des écor-
Cheurs de corps
Roulez tambours sonnez cuivres

On trouvera de l’attrait
Au portrait
Trait pour trait
Bien brossé du Père Ubu ivre

À la fin noyez les taons
Dans l’étang
Sans attend-
Dre assentiment de la Vouivre.

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