06 juin 2012

Doléances des tentures.



Les rideaux la nuit se plaignent
D’une enflure qui les prend

Et par-dessus tout ils craignent
Cet univers nocturne où nul ne les comprend

Enfants rêvent parents ronflent
Rêves ronflements nous gonflent

Ah voyez nos renflements
Causés par leurs ronflements

Mais quand l’aube les délivre
Qu’il est temps de se lever

Insouciant je prends un livre
Puis sors du lit et vais au petit déjeuner.

.

05 juin 2012

Musique funéraire.




Quand je mourrai des papillons
S’envoleront de mes oreilles
On mettra dans une bouteille
D’alcool mon cœur et mes rognons

Prés de mon corps les violons
Interprèteront Beethoveille*
Je vous promets monts et merveilles
Si vous oyez les carillons

Ma charogne se décompose-
Ra sans quémander autre chose
Que les accords très mélodieux

De psaumes miséricordieux
Ou bien des Nozze l’Air des Roses
Ce qu’il me faut pour mes adieux.


* Oui, ben quoi, et alors ?

.

04 juin 2012

Insolation grecque.



À Patras
Patatras
Vous fûtes patraque

Le soleil trop fort
Cela fatigue le corps
Et  la santé se détraque

Lors il vous fallut revenir à l’Hôtel des
Voyageurs à califourchon sur un baudet
Et vous réhydrater comme un camélidé

Quand vous allâtes mieux vous reprîtes la route
Après tout se passa pour le mieux somme toute

Les gens semblaient moins grognons
Soudain comme à l’origine
On mangeait des aubergines
Fourrées avec des oignons
Délicieux on l’imagine

Mais l’imprudent voyageur
S’était fait grosse frayeur.

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03 juin 2012

Trouble au banquet champêtre.


Au sortir de table
Laissons les détails
Et les senteurs d’ail
Certes regrettables

Des jeans  pas mettables
De très vieux chandails
Ces épouvantails
Sont épouvantables

Je trouve qu’on di-
Rait là des zombis
Sortant de tranchées

La fête est gâchée
C’est à ce qu’on dit
La fin recherchée.

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02 juin 2012

Triste destin d’un serpent à lunettes.

  


Non loin de Famagouste
Sévit une mangouste
Qui sait d’un coup de dents
Occire les serpents

Lorsque le soleil tape
Et qu’elle en rencontre un
Rampant sur son chemin
Tout fier de son venin
La mangouste le frappe
Au moment opportun

Bonne  chose de faite
Dit-elle satisfaite
Aucun serpent jamais
Ne lèvera la main sur moi non mais non mais

Telle est la triste histoire
Du cobra qui sans gloire
Trépasse en un instant
Sous le soleil brûlant.

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01 juin 2012

Poème trouvé dans un grenier.



Le hibou dit à la hibolle
Eske tu n’as pas ras le bolle
D’une existence sans boussole
Foule esclave debout debout *
Houhou hou hou

Épargne-moi tes faribolles
Va chercher le gosse à l’écolle
Je retourne à mes casserolles
D’où s’élèvent des fumerolles
Houhou hou hou.

Et te laisse à tes paperolles
Mon inénarrable vieux fou
Répond la hibolle au hibou
Houhou hou hou.

* merci à Eugène Pottier


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25 mai 2012

Instruction civique.


Dedans l’urne on voyait bouger deux candidats
L’un devant être élu l’autre ne devant pas
Celui qui sort vainqueur remplace aux mieux la peste
Et le battu s’en va sans demander son reste

Le président élu doit charger ses accus
Il lui faut travailler sans se laisser distraire
On peut douter qu’un jour il cesse de déplaire
Aux lecteurs rassis du Monde diplodocus.

(6 mai 2012)

02 mai 2012

Petit poème de circonstance



Sarko reprends ta camelote
Et fiche le camp l’air buté

Ta présidence est en compote
Vois ton impopularité

Tu as cru faire ta pelote
Ton pouvoir a périclité
Asteure il est détricoté


Claudeguéant le beauf carottes
A bien assez traficoté

Contre le Sarko qui barbote
Les citoyens iront voter
Bientôt il aura culbuté

Français le changement mijote
Républicains et sans-culottes
Partisans de l’égalité

Il faut que les électeurs votent
En se servant de leur jugeote
Et qu’il déguerpisse en beauté.


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30 avril 2012

La mort et l’amateur de laitues.

Quand viendra la camarde aux démarches têtues
De ses atours noirs revêtue
Je lui dirai ô mort qui tues
As-tu récolté les laitues
Goût de noisette et tendre cœur
Elle me répondra  tais-toi donc ô farceur
Mais quittera ma rue aux toitures pentues

Quand reviendra la mort aux démarches têtues
De ses atours noirs revêtue
Je lui dirai ô mort qui tues
As-tu bien lavé les laitues
Goût de noisette et tendre cœur
Elle me répondra tais-toi donc ô farceur
Mais s’en ira  pourtant au trot  bride abattue

Quand reviendra la mort aux démarches têtues
De ses atours noirs revêtue
Je lui dirai ô mort qui tues
As tu bien secoué les laitues
Goût de noisette et tendre cœur
Au moyen du panier pour ce faire  prévu
Elle me répondra c’est assez m’as-tu-vu
Mais s’en ira portant sa faux au bout pointu

Et répétant la fois prochaine
C’est ton tour d’y passer et tu te seras tu
Pour toujours encadré par des planches de chêne
Les choses sont ainsi  pas autrement vois-tu

Quand reviendra la mort aux démarches têtues
Marmonnant que la vie est fichtrement foutue
Je lui dirai ô mort qui tues
As-tu préparé les laitues
Irrésistiblement goûtues
Et  dont raffolent les tortues
Je veux connaître encor leur craquant sous la dent
Elle me répondra tais-toi ô décadent

Il est temps de me suivre
Aux  infernaux séjours
Sonnez sonnez  les cuivres
Battez battez  tambours.

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19 avril 2012

Épigramme électoral.

Tombera-t-il pas
Dimanche
Du côté mauvais vers lequel il penche
Lors en ce cas
Bon débarras.

10 avril 2012

Bataille encore.

Entre les deux camps la rose et le lys
C’est toujours bataille

Chevaliers frappons d’estoc et de taille
Et des ennemis
Faisons un hachis
Qui sur le champ meurt monte au paradis

Un lord porte au flanc une large entaille
C’est un favori
Du roi ennemi

Le voilà qui choit lourdement à terre

Son âme a pris un brusque envol
Quand son corps a touché le sol

Ce qu’on ne peut dire il vaut mieux le taire
Écrit Wittgenstein cinq cents ans plus tard
Adonc pas un mot au roi d’Angleterre
La vérité se sait avec effet retard.

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28 mars 2012

Petite visite à la centrale.

Lors je suis sorti ce tantôt
Muni de mon incognito
Et couvert d’un petit lainage
J’ai fait le tour du voisinage

J’ai vu j’ai vu les réacteurs
Aussi les grands machins qui crachent la vapeur
On ne m’a pas montré la piscine
Ce qu’on ne voit pas on l’hallucine

Sur mon calepin je trace un schéma
En pensant très fort à Fukushima

Allons plus loin dans le domaine
Si loin pourtant qu’on s’y promène
Ce lieu paraît plein de défauts
Foin de la mort foin de sa faux
J’ai ouï les essais de sirènes
C’est justement ce qu’il nous faut

Pour avertir si d’aventure
Il survenait un accident
Les gens de donner vite à leur progéniture
Un comprimé d’iode à saisir entre les dents.

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27 mars 2012

La vie après la mort (épitaphe).

Ci-gît un godelureau
Moins victime que bourreau

Là dans le mauvais cas où son âme s’est mise
Supportant mal la chaleur
Faudrait un ventilateur
Il attend en trépignant les houris promises

Il n’est pas dans son assiette
Et des septante minettes
Offertes à ses ardeurs
Pour le moment il s’inquiète
De ne point voir la couleur.

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20 mars 2012

Prière à Saint Nicolas

Bon Saint Nicolas je te demande
Pour cadeau
Un gâteau
Aux amandes
Bien fait bien cuit délicieux
Ne vois-tu pas ma mine gourmande

Je demande aussi aux cieux
Un dictionnaire de rimes
C’est pour rimer de mon mieux
Grimper en ma propre estime

Rendre un travail plus harmonieux
Pouvoir accorder famine
Et loir saigné par l’hermine
Je vois la gourmande mine
De l’animal acrimonieux.

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18 mars 2012

Mésaventure

(impairs, souvent)

Prends mon chant de la hauteur

Tel jour de l’autre semaine
Le chat votre serviteur
Faméliquement promène
Son estomac dans les talons sur le secteur
Il fait le tour du domaine
De la faim et craint fort d’être un piètre auditeur
Au concert car ventre affamé n’a pas l’ouïe saine

Ventre affamé n’a pas d’oreille
C’est bien connu des amateurs

Las pour déjeuner faut de l’oseille
Son porte-monnaie c’est un désert
Qui dort dîne souvent disent
Les gens les dictons parfois ça sert
C’est pas toujours des bêtises
Il va faire un somme en guise
De plat de résistance et fromage et dessert
Avant d’honorer de sa présence le concert

Il ordonne auparavant
Qu’en temps utile on l’éveille
Las l’on l’a oublié derrière un paravent
Adieu instruments à cordes à vent
Il se console en mangeant souvent
N’est-ce pas grande merveille
Du confit de souris

La rime exigerait du coulis de groseilles
Mais la rime l’on s’en rit.
Va pour un gâteau de riz
Avec du miel fait par les abeilles.


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06 mars 2012

Appel à la guerre.

Ma foi je vois le pire
Et compte en faire autant
Ce n’est pas Dieu qui vous inspire
Mais plutôt Messire Satan.



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Appel à la paix

Au niveau de la gorge
Faire un mortel accroc ?
Qui frappe par le croc périra par le croc
Faut préférer le sucre d'orge.

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02 mars 2012

Transgenre en vieillissant.

Par un décret de la Nature
L’escargot change âge venu
De sexe - et de garçon menu
C’est peu apparent à l’œil nu
Se transforme en dame mature

Avec le temps les opinions
En politique aussi varient
Aux jeunes enclins à changer la vie
Les vieux croûtons disent grognons
Occupez-vous de vos oignons

C’est ainsi qu’à la fin les jeunes escargots
De la société des égaux
Investissent l’aspect de vieilles escargotes
Rhumatisantes et bigotes.

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13 février 2012

L'ombre a faim.

Dans les enfers
Disent ces vers
Feu le
Gros félin
Orphelin
Feule.

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12 février 2012

Théologie portative.

C'est un petit presbytère
Près du maréchal-ferrant
De temps à autre on s'y rend
Et l'on ne fait pas mystère
Du plaisir que l'on y prend

Deux chevaux et deux alouettes
Ce pâté est épatant
Je n'en demandais pas tant

Allons-nous en cocher fouette
Pour pécher mes Révérends
Vous seriez mieux sous vos couettes
Moi j'entends les cris des mouettes
Vois plonger les cormorans

La vérité toute nue
Qui la voit sans appareil
La trouve un peut trop menue
L'idéal c'est pas pareil
La remarque est saugrenue

Vous reprendrez du pâté
En revenant du caté
Ce soir la faim revenue

Arrivés au bord du lac
Nous emprunterons le bac
Et débarquerons dans l'île
Là-bas nous serons tranquilles
Loin des fureurs de la ville
Et nous jouerons au trictrac

Il s'en va de la poitrine
Le chanoine tant obtus
Tel et tel sont morts sais-tu
L'on les voit dans la vitrine
Seuls gardiens de la doctrine
Quand les docteurs se sont tus.

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21 janvier 2012

Biotechnologie.

C’est un génome encore inséquencé
Qui se morfond dans un tube à essai
La dame du labo dit suivez moi génome
On va vous séquencer nom d’un petit bonhomme

De fait on le séquence il en est tout heureux
Et l’univers dès lors lui paraît lumineux
Charmant prodige

Le pied vous dis-je
C’est quand c’est
Séquencé.


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17 janvier 2012

Perspective chaleureuse.

Le permafrost se réchauffe
Libérant son Cé O Deux
La Camarde en bleu de chauffe
Exhibe un rictus hideux

Et dit aiguisant la lame
De son instrument tranchant
Eh préparez-vous les gens

Sachez que bientôt j’entame
L’extermination programme
On ne peut plus excitant

Si nous voyons d’aventure
Grimper la température
Nous saurons que dès demain
La Camarde est en chemin.

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10 décembre 2011

Un stage aux champs.

Le troupeau resté scotché
Par la force centripète
À son rassurant plancher
Attend le garçon vacher
Qui doit incessamment procéder à la traite

Tiens voilà le travailleur
Visiblement tête ailleurs
Il lit Fragments d’Epictète
Et soudain pris de frayeur
Il a bien failli bousculer un veau qui tète

Il s’asseoit sur le trépied
Met le seau sous la mamelle
Mère vache est à l’épier
Sournoise et tout à coup elle
Fait semblant de corrida
Il en a grand peur oui-da

Face aux cornes de la mère
Qui le toise avec dédain
Il a vraiment peur soudain
Notre trayeur éphémère
Ah ne soyons par radin
Et trouvons pour le qualifier une épithète

Comique irait au trayeur
Cependant bon travailleur
Un partout la balle au centre
Rions de bon cœur que diantre
Le lait n’est pas renversé
Tout va bien rien de cassé
Il reste un moment vautré sur les pâquerettes

Après quoi notre bobo
Se relève sans bobo.

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23 novembre 2011

Partie perdue.

L’enfant pousse une tour et dit Echec au roi
L’aïeul se ressaisit Il faut réfléchir vite
L’invincibilité de l’ancêtre est un mythe
Il n’en mène pas large il est en désarroi

Sa culotte à l’envers languit dans son charroi
Un fier mérovingien dont l’attelage évite
Tout juste un hérisson et l’on s’en félicite
La rêverie nous mène en chasse en Auxerroi*

Pour nous faciliter aimablement la rime
Faites sonner le T final dans compliquât
Le grand-père distrait remonte en notre estime

On peut aimer les arts on peut aimer les maths
Las il a trop rêvé et c’est la phase ultime
L’enfant déplace un fou et dit Échec et mat.


* licence poétique, et toc !

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09 novembre 2011

Or sus !

Les preux chevaliers vont dans la bataille
Pour donner des coups à leurs ennemis
Écraser leur faut d’abord la piétaille
Tous ces gens de peu qui là se sont mis

Nos fers tous le jour nous entrechoquâmes
Et quand vient le soir les corps étendus
Font grande pitié qui saisit nos âmes
Quant aux détrousseurs ils seront pendus

Et le lendemain près de la grand’route
Un cheval tranquille et démonté broute
Il a je présume oublié déjà
Le sieur dont un coup d’épée l’allégea.

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05 novembre 2011

Le publicain

Tous ces travaux assez ardus
C’est pour déterminer la somme
De ces deniers à César dus

D’après le fils de Dieu fait homme
Il faut rendre à César
Ce qui est assez hard

Payer ses impôts n’est pas le plus difficile
Il faut surtout rendre à Dieu
Ce qui lui revient d’après l’Evangile
Selon saint Matthieu.

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02 novembre 2011

Épigramme

Vous gens de la Réunion
Que l’incendie rend grognon
Et qui demandez sceptiques
Ce que fait la République
N’ayez peur car Sarkozy
Toujours soucieux de réclame
Dès qu’il en aura fini
Avec le sommet de Cannes
Ira pisser sur vos flammes.

20 octobre 2011

Politique

C’est dans une atmosphère ouatée
Que la gauche empapaoutée

Prend son chocolat van Houten
Avec des biscuits au gluten

Ou bien sans pour ceux qui préfèrent
C’est vous qui décidez mes frères

Et à minuit tapant Dray ou
Autre soutient Papandréou.

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18 octobre 2011

Destinataire

C’est le petit moteur
De la machine à traire
Mis là pour nous distraire
Parfois perturbateur

Mais je te vois facteur
De ta sacoche extraire
Une lettre ordinaire
Pour le conspirateur

Par là soignant sa panse
Sans craindre la dépense
Inondé de sent-bon

Je sais à quoi il pense
Au roi Jehan le Bon
L’amateur de jambon.

12 septembre 2011

Retour

Ça me fait du bien chérie
De revoir ma porcherie
Sur cette place à Paris
Oyez le verrat qui rit

Il se glisse sous le porche
- Où sont les clés de la Porsche ?
Quand le calme est revenu
Il sort de son bain tout nu

L’enfonceur de Porsche ouverte
Nous en a fait voir des vertes
L’ex-chef du F M I n’est
Pas du tout efféminé

Que le monde entier le sache
Malgré tout cela fait tache

S’il était chanteur de rock
Il donnerait à son cock
Accès à plein de groupies
À ses genoux accroupies

Retiré dans son grenier
Près d’une poupée gonflable
Il a laissé son portable
Ouvert On l’entend grogner.


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24 août 2011

L’attentat suicide



Au sortir du lit c’est fête
C’est le jour où tout s’arrête
Pour le grand boum je m’apprête

Tout est bien considéré
Le grand boum est préparé

Ce tantôt tout pète
Tout autour de moi choses gens vont échapper
Pour un court moment à la force centripète
Ils vont s’en émanciper

Saperlipopette
On pourrait presque l’annoncer
À coups de trompette
Tellement c’est bien agencé

Processus précipité
Pour avoir voulu goûter
Aux pâtes cuites al dente
Avant d’aller faire exploser la charge
Et s’être approché du feu
Pas le temps de faire un voeu
Au lieu de passer au large
Le feu prend au TNT
Hélas boum tout a pété


Jour de fête
Tout s’arrête
Ça ne valait pas tripette

Alors pauvre tête en l’air
On dit bonjour à l’enfer.

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11 juillet 2011

Sommeil agité.

À plus tard les péripéties
Le poète a fini bien tard
Sa ballade et nom d’un pétard
Il doit soulager sa vessie

Il repose avec minutie
Avant que d’aller au plumard
Sa plume dans le galimard
En invoquant Sainte-Lucie

Lors se couche et sommeil venu
Voilà qu’il y sombre tout nu
Ronflant comme un soufflet de forge

Un singe suce un sucre d’orge
Dans son cauchemar saugrenu
Trop malvenu aussi le tords-je.

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26 juin 2011

Éclats polémiques.

Une puanteur se répand
C’est que les anneaux éclatèrent
Fourmis et d’autres en soupèrent
Et les corbeaux en s’agrippant

Un âne ennemi des serpents
Qui piétine un noeud de vipères
On se tortille on désespère
Pour ces animaux c’est flippant

La haine est pur cadeau du diable
Vous y repenserez souvent
Les pas de l’âne épouvantable

Seront effacés par le vent
Et seul son crottin sur le sable
Témoignera qu’il est vivant.


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13 juin 2011

Enfer et dindon.

Dans l’enfer de Satan ses diablesses coudront
Avec du fil ardent des aiguilles amères
Un assez vaste lot de tuniques ta mère
Pour vêtir les damnés à bouillir au chaudron

Le dindon rôde autour de nos rhododendrons
On l’a mis dans l’enclos pour chasser les vipères
À la vue d’un serpent dindon tu t’exaspères
À nous en protéger nous te le revaudrons

Pourquoi faut-il voiler les gibiers de géhenne
Le peintre en les peignant se raccroche au pinceau
Il me les faut tous nus l’éternité s’égrène

Et diablesses sans fin d’œuvrer à ce trousseau
Le dindon dans l’enclos fait le croquemitaine
Une vipère encor se cache au fond d’un seau.

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30 mai 2011

La Vocation (3)

En sortant de là il a pris quelques kilos
Il émet un rot j’ai le hoquet c’est ballot
Il se le répète en quittant la sacristie
Ballot d’avoir le hoquet
Sinon tout serait O.K.

Revenu en porcherie
Il cherche à l’ordinateur
Comment se vouer à Marie
Et servir son Créateur

Comment est-ce qu’il faut faire
Bientôt j’entre au séminaire
Et mourrai c’est décidé
En odeur de sainteté.


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29 mai 2011

La Vocation (2)

Asseyez-vous là lui a dit le desservant
Quoi de neuf encor ajoute-t-il en servant
À son invité du potage et des légumes
Avec une paille un excellent jus d’agrumes
Et puis des fayots mijotés à sa façon
C’est tout un travail faut surveiller la cuisson
Il faut remuer sans cesse
Reprenez donc du poulet
Deo gratias écoutez cher porcetet
Dès ce soir je vous confesse
Demain vous servez la messe


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28 mai 2011

La Vocation (1)

Un cochon pas très propret
On le renifle à distance
Sa petite amie le tance
Va te laver malpropre et
Ne me reste pas auprès

Quand il a fini je pense
De se savonner rincer
Sécher pomponner poncer
Mis du sent-bon où l’on sait
On lui dit en récompense

Cochonnet bien récuré
Sans me suivre sans arrêt
Va dîner chez le curé
Tu y trouveras pitance
Et te rempliras la panse

Lors au presbytère il court
Il y trouve table mise
Et l’homme du Dieu d’Amour
Col de clerc sur la chemise
L’air cool et décontracté
Dit le Benedicite

23 mai 2011

Souvenir baroque.

À l’heure où le soleil s’en va manger la soupe
Son sillage tracé de l’amont vers l’aval
En fléau de balance à plateaux Roberval
Le disque sur la mer semblait une soucoupe


Alors sur la falaise une joyeuse troupe
Allait à pied soudain surgit sur son cheval
Un jeune hurluberlu masqué de carnaval
Il s’arrête auprès d’eux la fille monte en croupe


Qui depuis un moment le regardait venir
Je le sais je l’ai vu j’y étais moi son frère
De la scène en question je garde souvenir



Les labeurs et les ans ne m’en ont su distraire
Aux vaches je m’en plains à l’heure de les traire
Dans leur lait vont les pleurs qu’on ne peut retenir.

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17 mai 2011

Les études.

Il faut chercher à s’instruire
Outre qu’en soi c’est plaisant
L’effet est satisfaisant
Quand on l’obtient va sans dire


Beaucoup trop de gens l’ignorent
Quelques-uns le savent bien
Devenus grands on honore
Ceux-là les autres n’ont rien


Car au sortir des écoles
On sait absolument tout
Plus encor quelques bricoles
Dans la vie c’est un atout


C’est chose à garder secrète
L’autre jour une indiscrète
L’ayant crié sur les toits
S’est fait taper sur les doigts.

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15 mai 2011

Embarras vipérins

(chansonnette)


Pour faire aux vipères
Cracher leur suc il n’est besoin
De leur entraver les pattes arrières
Elles n’en ont point
Savez-vous ma chère
Tra la la la lère
Tadada tsoin-tsoin

Quand une vipère
Prétend aux aguets voir au loin
On doit lui fixer un casque à visière
Ajusté ma chère
Avec très grand soin
Tra la la la lère
Tagada tsoin-tsoin

Et quand la vipère
A fréquenté le petit coin
Il lui faut torcher son joli derrière
C’est bien du tintouin
Sans les mains ma chère
Tra la la la lère
Tagada tsoin-tsoin.

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04 mai 2011

Maxime pour se bien conduire et dédaigner la bassesse.

Ne pas se trouver dans le caniveau
Le nez au niveau
Des bêtes rampantes
Que même un basset oreilles tombantes
Regarde de haut

Prenant garde comme il le faut
À bien conserver sa truffe flairante
Pour la garantir du froid et du chaud
Sans difficulté apparente

Qui sert à reconnaître les cho-
Ses tant soit peu odoriférantes.

12 avril 2011

Les écrits resteront.

Il faudra douze pieds se terminant par ouche

Des écrits nous exigeons
Ont roucoulé les pigeons

Les taons près de l’étang font des pattes de mouches

Vous vouliez que j’écrivisse
A déclaré l’écrevisse

Moi je nage à reculons
Et je ne saurais allons

Bon j’écrirai deux mots pour la Saint-Nitouche

Faut laisser du temps aux taons
Non les taons ceci étant

Faut les noyer dans l’étang
En haletant ah les taons

Le pêcheur à la ligne à l’autre bout fait touche

Promeneur qui se promène
N’a d’yeux que pour sa Chimène

Elle n’a d’yeux que pour lui
Dans l’étang le soleil luit

Tous les deux à la fin se sont donné la bouche


Le soleil s’en est allé
Un rêveur s’est étalé

S’étant pris en passant le pied dans une souche

Lors les lapins ont surgi
C’est le soir tous au logis

Et le poète implore une muse farouche.


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25 mars 2011

Contribution à l’Histoire de l’Art.

L’Origine du Monde a pris l’air et la pose
Ornée de sa toison monsieur Courbet la peint
Avec son fier pinceau fait de poils de lapin
Si ce n’est que je sois condamné à la prose


Disant je ne dis rien vous dites quelque chose
Vous n’êtes pas les seuls il faut gagner son pain
Courbet fait un tableau pour un client rupin
Celui-ci ne le montre pas à tous il n’ose


Je n’ai jamais très bien perçu jusques à quand
Le corps nu d’une brune ou d’une fausse blonde
Décora le salon de feu Jacques Lacan


La Commune ah ce fut plus sanglant que la Fronde
Jamais las d’ausculter la révolte qui gronde
Il avait déjà peint les vagues à Fécamp.

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19 mars 2011

Retard et outrage.

- Ah Dieu du Ciel quelle misère
Il me faut une fois encor
À la réquisition du Maire
Filer au Monument aux Morts

Et l’outarde fort en colère
Invitée l’ordre est formel à
Venir commémorer la guerre
S’en va-t-à pas lents jusque là

- Enfin vous voilà madame l’outarde
A bougonné le magistrat municipal
Vous n’encourrez pas la peine du pal
Votre cadran solaire a priori retarde

Ça va pour cette fois mais
Veuillez veiller désormais
À précise exactitude
C’est l’us en nos latitudes

Dans son ton y a du dédain
Sentant lui monter soudain
Aux narines la moutarde
- Ah c’est ainsi dit l’outarde

Je ne me sens pas le cœur léger
Cet incident pèse sur ma rate
L’an prochain j’inclurai cette date
Dans le temps béni de mes congés.

06 février 2011

Bourrique patraque

Melchior est sur le flanc son tractus digestif
Est pris de convulsions parfois d’un spasme intempestif
Et sa douleur s’exhale en braiements lamentables
Ces troubles qu’il a là sont vraiment très inconfortables

L’on a convoqué
Le vétérinaire
Il a dit OK OK
Je vois skeussé laissez-moi faire

Il a sans hésiter
Prescrit des cataplasmes
Pour le débarrasser
De ces horribles spasmes

Et puis j’ordonne encor un flacon de sirop
Trois fois par jour faut en prendre
À quelque temps d’ici vous irez au galop
Ça fait plaisir à entendre

L’âne ayant repris goût au foin chocolaté
N’a plus aucun prétexte à rester alité

Le revoilà sur pied on peut le voir qui broute
Auprès de l’écurie à l’écart de la route.

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11 janvier 2011

Débordements

C’en est assez des toboggans
Essayons les tobomitaines
Quand les doigts sortent de la laine
C’est le confort de l’élégant
Je le sais de science certaine
Lorsqu’on les porte on est fringant

C’en est assez des kangourous
Essayons voir les kangouroses
Sur le chemin de Chateauroux
Les voir sauter c’est quelque chose
Mais craignez les métamorphoses
Par pleine lune en loups-garous

C’en est assez des boomerangs
Essayons les boums en désordre
Sec le whisky saurs les harengs
Crosse en l’air et rompons les rangs*
Jusqu’en la chambre des parents
La sono donne envie de mordre

Oui c’est assez dit là-bas l’Aisne**
Qui déborde ah quel vilain tour
Mangeons la poire Belle Hélène
En contemplant la Loire à Tours
Ou la Seine avec ses détours
Qui dans son lit poursuit son cours
Une autre fois c’est la Vilaine
L’Aa*** qu’il faut craindre ou l’Adour


C’est assez de la chasse à courre
Je vais pour ouvrir le frigo
Où gît le lait en berlingot
En m’entendant les chats z’accourent
Et je leur z’en sers z’à gogo
Ou mieux à tire-larigot
Ils ont repéré le gigot
À l’aide il faut qu’on me secoure.


* grand merci à Eugène Pottier !
** ainsi qu’au Grand Duc du Kalembourg
*** propulsé là, l’Aa, par l’ordre alphabétique (le Var aura sa chance une autre fois).

.

10 janvier 2011

Voeux et nouvelles.

A l'occasion du nouvel an chinois, qui commence bientôt, je souhaite à tous et à chacun(e) une bonne et heureuse année du Lapin.


Auto-promotion: on trouvera sur le site "Harmoniques et Nuances" une "Fin de Bokassark" (drame historique) commise par votre serviteur.

28 décembre 2010

Des vœux pour la planète



Sortir de l’orbite
Du soleil bien vite

Et prendre le frais tout en
Tout en douceur évitant

Tout en évitant en douce
Le grand trou noir Trou noir d’où ce

Qu’on ne revient dit-on mais
Que ne dit-on pas jamais.

.

22 décembre 2010

Goinfrerie marsupiale.


Voyez voyez l’opossum
Qui lit de Saint Thomas le docteur angélique
La Somme Théologique
Voyez-le se goinfrer de son baba au rhum

Voyez-le s’enfourner un gros chausson aux pommes
Enfin n’en pouvant plus il va piquer un somme
Il nous faut avant de le laisser ronfler là
Serrer en sûreté la mousse au chocolat.

.

16 décembre 2010

Air pour flûte à bec




Salut mes fans dit en passant le pont la poule
Elle avait tout à fait l’air et le look pimpant
D’une star sur le point de prendre un bain de foule
Quand au pied du podium la fièvre se répand

Bonjour gallinacé qui t’en vas sur la route
Où donc si ce n’est point indiscret t’en vas-tu
À pas pressés tel un petit rat en tutu
S’enquirent le pêcheur et la chèvre qui broute

Je vais chez le dentiste aux frais de la Sécu
La chèvre lui répond j’en tombe sur le cul
Non dit la dame au truc en plumes je plaisante
De l’examen des dents la Nature m’exempte

L’entretien dériva sur les sortes de dents
Pour nos z’amis z’oiseaux ce n’est pas z’évident
Alors sur le sujet il faut qu’on se concentre
Les z’animaux dentus se sont partagés z’entre

Canine d’un côté de l’autre l’incisive
Entre les deux partis querelle décisive
Aux savants distingués reviendra le départ
Entre le rongeur l’omnivore et le chat-pard

Comptez la molaire aussi pardi
Au surplus faut compter la molaire
Dans le grand machin mandi mandi
Mandibu Lulu mandibulaire

De fait notre poule n’allait pas
Aux soins chez l’arracheur de dents patibulaire
C’est pas là que la portaient ses pas
Ouxédonkkélalé ça c’est pas notre affaire

Au retour un peu plus tard
Notre amie prendra le car
Ô toi la pondeuse exemptée
De la visite annuelle au dentiste soigneur
Par un heureux décret de Nature édentée
Tu ne connais pas ton bonheur.

.

07 décembre 2010

Rangements lyriques



Souvent un beau désordre est un effet de l’art
N.B-D
L’art poétique


Ah quel fouillis quel bazar
On n’y peut retrouver un truc que par hasard

Par Saint Eustache c’est à mordre

Ah quel bazar quel fouillis
Plus d’une mère chatte y perdrait ses petits

Par Sainte Barbe quel désordre

Dans ces nœuds borroméens
Retrouver un machin travail herculéen

On range on trie on débarrasse
Des montagnes de paperasses

Occupation pour un après-midi pluvieux

Et puis tiens quelques tablettes
De chocolat aux noisettes
Gisant au milieu d’antiques disquettes

Qui ne sont pas encor périmées c’est tant mieux


Je retrouve quand je range
Des bidules des machins
Des souvenirs des chagrins
Et des pelures d’orange

Un pareil capharnaüm
C’est à vous flanquer d’un coup le cafard Nahum.


.

08 novembre 2010

Visite à la pharmacie.



- Ce qu’il me faut c’est un onguent
Une pommade

La promenade
Trop longue à dos de dromadaire
C’est pas bon pour le fondement

- Oui c’est la faute au frottement
Prenez cette crème hémorroïdaire
Dit l’obligeant apothicaire

Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu

Elle fait la révérence
Puis dit se frappant la panse

- Ah oui pendant que j’y suis
- Dites-moi et si je puis

- Aussi pour lâcher le ventre
Je veux du jus de pruneaux
Mes boyaux abdominaux
Sont durs à ménager diantre

- Eh bien donc voici le jus demandé
Dit l’homme de l’art d’un ton décidé

Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu

Elle fait la révérence
Frappe son front - Mais j’y pense

Il me faudrait aussi dit la tante
Une préparation foudroyante
Contre les tégénaires velus
Qui l’hiver mon appartement hantent
De tels poisons sur le web j’ai vus

- Oui j’ai là ce qu’il vous faut
Vous en mettez dans un pot
Une soucoupe une tasse
Et les araignées trépassent


Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu
Elle fait la révérence
Arrêtant là sa dépense

Le potard tant il est chou
Lui donne en prime un cachou.

.

02 novembre 2010

Air d’harmonica.




L’écureuil court le dimanche
Court le dimanche ai-je dit
La rime le veut ainsi
Qui nous tire par la manche
La rime le veut mais pour
Le fun mettez tous les jours
S’il est sur la branche il court

Le Jour des Morts anniversaire
Je disais donc le jour des morts
J’en entends un qui tousse encore
Un clin d’œil est là nécessaire

Dans notre propos l’écureuil
Arrive sur la scène assis dans un fauteuil
Deus ex machina supporté par un treuil
Et le public lui faisant fête
Applaudit la petite bête
Qui salue en hochant la tête
Puis s’en retourne vers montre œil.

.

30 octobre 2010

Pfuit !



Géniale pensée
À défaut de la noter
En se rendormant se la répéter

Géniale pensée
Au saut du lit s’est sauvée

Comme dans l’eau
Poisson frétille
Comme sautille
Un passereau

Comme sur la branche
Court l’écureuil le dimanche
Ou tout autre jour
S’il est sur la branche il court

Géniale pensée
Qu’est devenue la rosée
Du matin elle a séché

Voyant que l’on s’approchait
La mésange s’est
Sans plus attendre excusée
Laissant le chat dépité.

.

30 septembre 2010

Vieux beau.



Sa calvitie
Lui fait souci

Et sa bedaine ah sa bedaine

Sa calvitie
Lui fait souci

Palsambleu sa bedaine aussi

Sur ma parole elle est farcie
Porter proéminence ainsi
C’est pas jojo pour la fredaine

Et pour compléter sa dégaine
Il est vêtu d’un imper tout roussi

Pourquoi cela ah c’est toute une histoire
Dont il aimait jadis faire récit
Mais sa mémoire ah sa mémoire

Palsambleu sa mémoire a d’un poil rétréci

Gare au champignon halluci-
Nogène
Eugène

La mi do ré mi fa sol la fa sol la si
Entre ses pavillons passe en boucle une scie
Une indésirable rengaine

Et mirontaine mironton
Nous tairons le triple menton
Miron mironton mirontaine

À la terrasse il est assis
Pour siroter un grog-cassis

Il nous voit traîner par ici
Cachant nos ris sous nos mitaines
Et soudain fronce les sourcils

Cesse insupportable versi-
Ficateur tes calembredaines.

.

20 septembre 2010

Soliloque de l’épouvantail


(calembours avant potage)

Les légumes au potager
Gare à qui veut le ravager
Ou le saccager
On ne va pas le ménager

S’en vont en bande organisée
Le céleri est la risée
Caractérisée
De notre chicorée frisée

Seuls les potirons
Qui bientôt iront
Finir en potage
Ne sont pas à leur avantage

Ah dieu quel beau navet qu’il est appétissant
On l’a nommé Cima il est resplendissant
Resté le contempler d’un œil concupiscent
Le jardinier le zyeute en s’enorgueillissant

Nous n’avons pas eu tort de le mettre en culture
Faut-il le dévorer le mettre en devanture
Orgueil du potager
Cima tentant navet

C’est un beau cadeau de Nature
À ses enfants immatures
Et fort peu reconnaissants
Ingrate progéniture
Je vous pincerai jusqu’au sang.

.

27 août 2010

Match à huis clos



( /9)

N’y a pas un chat sur les gradins
On a fait sortir tous les gredins
Ils avaient sifflé la Marseillaise
Et les footballeurs sont mal à l’aise

Flopée de pépés ébouriffés
Les alligators ont tout bouffé
Autour du rameur qui rame et rame
Hélas ¡ qué barbaridad ! madame

Donc pas la moindre vuvuzela
Le petit démon Azazel a
Patienté sagement jusque là
À la fin des fins que faut-il croire

Jusqu’au bout le calice il faut boire
Pour donner du piquant à l’histoire
Inventez-en la moralité
Ça vous occupera tout l’été.

.

21 août 2010

Nièce aveugle au bord du lac


( NB. 5/7 )

J’entends un quidam peut-on se demander qui est-ce
Vicaire ou curé dégaine de fou rageant
Douze canetons sur le lac s’en vont nageant
Sont-ils en danger Oui et pas qu’un peu ma nièce

Sur leur échiquier deux joueurs tentent ranger pièces
En viennent à bout soufflant fort et fourrageant
Le garde-champêtre apostrophe un peu les gens
Pour le grand plaisir de ces promeneurs en liesse

Qu’advient-il de la partie d’échecs mon tonton
Les noirs puis les blancs s’en vont effectuer un roque
Et quel est le sort dévolu au cureton

Gageons qu’avant peu notre curé se défroque
Je voudrais savoir le destin des canetons
Mais l’un après l’autre hélas le renard les croque.

17 août 2010

Jeux vidéo




Usant de sa trompe
Un papillon pompe
Le suc d’une fleur oui-da d’une fleur le suc

Nos ordinateurs ont besoin d’un nouveau truc
Seattle
S’y attelle
Oui ce sera fin prêt sans faute à la Saint-Luc

La version bêta lancée
Dans le public tôt testée
À ce moment-là les gens il n’y aura plus qu’
À publier la définitive
Pleine d’intérêt et créative

Je vous la raconte en vrac
Des malfaiteurs tout à trac
Braquent les joueurs de tric-trac
Haut les mains c’est un fric-frac

Le policier porte un frac
De pied en cap il se nippe
D’un nœud pap et d’une pipe
Et sourcilleux fait la lippe

Cependant la fine équipe
À coups de kalach s’étripe
Tacataca tacatac
Ah vous parlez d’un mic-mac.

.

14 août 2010

Destin du hareng



(fable loufoque)


Il faut l’apprendre à l’école
Dans les fermes piscicoles
Où l’on nourrit le hareng

L’activité d’emplissage
Ne rend sachez-le ne rend
En rien le hareng plus sage

Le hareng rêve de gloire
Et de rester dans l’Histoire
Honoré de "hourrah" et de "vie et victoire"

Si le destin funeste a décidé que non
Ah crénom de nom de nom
Il entre en colère noire

Sa destinée c’est la mort
Oui-da c’est le triste sort
Qui attend le hareng saur.

.

08 août 2010

Antiquités folichonnes



Dans la Grèce antique un malheureux bicyclope
Tombé de vélo s’avance clopin-clopant
On ne dira pas qu’il présente un air pimpant
Et son œil poché a besoin d’une escalope


Il reste effrayant il a l’air d’un lycanthrope
Il faut s’en remettre au bon vouloir du dieu Pan
Pour le camoufler d’un brouillard enveloppant
On voit dans la plaine un centaure qui galope


La déesse au bain va se divertir et hop
L’eau est juste à point vingt et trois degrés celsiuse*
Le centaure approche à présent clipiticlop


Qu’il ne m’ennuie pas dit l’immortelle ou bien j’use
De cette cravache achetée dans un petshop
C’est bien assez pour aujourd’hui me dit ma muse.

* licence poétique

.

29 juillet 2010

Philosophie en voyage



Don Quichotte en chemin pressant
Les maigres flancs de Rossinante
Sans cesse avance en ressassant
Une question métaphysique enquiquinante
Qui rend son voyage harassant


Doùskonvient Oùskonva Qui c’est qu’on est bon sang
Ça nous bassine et ça nous hante
Sancho trouve que c’est lassant
Mais laissons ce petit hommage au grand Cervan-
Tès qui perdit un bras aux combats de Lépante

L’appel de l’âne est dissonant
Et rend la nymphe frissonnante
Un satyre cornu le trouve ahurissant
Le cours du fleuve ami s’en va s’élargissant
Du Mont Gerbier des Joncs par Orléans poussant
Jusques à Tours jusques à Nantes

Quand à compter les minutes passant
On en a dénombré soixante
C’est qu’une heure a passé d’autant raccourcissant
Notre existence palpitante
C’est un raccourci saisissant
Et fascinant si l’on ne s’en
Fout pas comme de l’an quarante

Le cas qui nous occupe au vrai s’obscurcissant
Alors que s’élève la pente
Délaissons ce terrain glissant
Imaginez Baruch Spinoza polissant
Une lentille grossissante
En suçant
Des pastilles à la menthe

La mort est une sacripante
Mort je n’ai pas tout dit par Saturne ou Satan
Il en manque un gros bout ce qui serait pourtant
Je le promets la part la plus intéressante
La mort nous répond sur un ton cassant
Je suis votre humble servante.

.

24 juin 2010

Pouponnière



Au jardin sans plus de manière
On avait mis
Un ramassis
De glands dedans la compostière
On y retrouva tout surpris
Une chênaie courte mais fière

Ici dans quarante ans l’on aura de l’ombre et
L’endroit sera peut-être un peu même encombré
Et de se plaindre encor on trouvera matière

La chatte par-dessus les chênes a sauté
Disant regardez-moi je suis le Chat botté
D’un de mes bonds félins je franchis la chênaie

Le jeune enfant par là s’en venant à passer
Enjambe et dit c’est moi qui suis Petit Poucet
Survoler les forêts telle est ma destinée

Le grand-père est venu voir ce miracle vert
Et dans sa barbe il marmonne
Quelques propos obscurs sur l’effet Gulliver
Concluant la chose est bonne

Et pourtant un chevreau de la veille sevré
Qu’on amènerait paître
Ferait tout disparaître
En un instant c’est vrai

La grand-mère étonnée de ces métamorphoses
D’un geste machinal brandit le sécateur
Elle apporte ses soins à des pois de senteur
Puis va pulvériser au-dessus de ses roses

Et si par aventure il s’agit d’autres fleurs
Cela ne change pas les choses
N’est-ce pas ton avis lecteur.

.

21 juin 2010

Trouble au café




Lorsque le quidam sort de sa gentilhommière
Un œillet à la boutonnière

Et se présente au bar tous les double-six sont
Attablés - S’il vous plaît garçon
Apportez bière
Et saucisson

Soudain sur la terrasse
Un pichet
Se fracasse

C’est le fait et méfait d’un méchant éméché
Rien d’étonnant c’est un ours mal léché
À force de boisson il est au foie touché

Il a coutume ce vandale
D’accuser tel ou tel d’avoir triché

Contre une marche il trébuche et
Malencontreusement s’étale

Il se relève il est sale-
Ment amoché
On l’aperçoit qui détale
À présent il se calme à voir son sang pisser
Le jeu de dominos reprend sans se presser.

.

13 juin 2010

Sabbat vénitien.



Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
(Boris Vian)

La scène est sur l’eau par nuit brune
Tout près de la cité du doge Dandolo
À mon avis l’évocation de Tiepolo
Pour mettre encor un brin de couleur lo-
Cale n’est pas inopportune


Éclairé par un bout de lune
Le diable fait du pédalo

Et sirotant un diabolo
Trempe sa queue dans la lagune

Les z’humains n’en ratent pas une
Dit-il et le pape est ballot

La Création a des lacunes
Le Créateur quel rigolo

Vient à passer un angelot
On n’est pas venu pour des prunes

Nom de hum ah quel joli lot
En est-ce un n’en est-ce pas une

Je prise fort les travelos
Permettez que je l’importune

Il se lève et par infortune
Le voilà qui tombe dans l’eau

Tiens tu fais du water-polo
Adieu le diable et sans rancune

Dit l’ange qui file en vélo.


.

23 mai 2010

Et l’âne broutant




Le voyage en Tunisie est
Un célèbre tableau de Klee

Du sable partout la ville pas loin
Un ciel nuageux en bas dans le coin

Et l’âne broutant
Se tient modeste en
Arrière
En bête ordinaire
Des deux dromadaires
Qui s’en vont l’air fier
Franchir le désert

L’animal s’en fiche
En broutant son herbe chiche

Oui l’âne broutant
Dédaigne la gloire
Qui d’autre peut en
Dire autant

Ses deux pavillons levés
Font le V
De la Victoire.

.

20 mai 2010

Le photographe et l’écureuil


Embarrassé de noisettes
L’écureuil dans son manoir

Les dépose en un drageoir
Puis ressort de son boudoir

Portant sa tenue du soir
Bonnet chaussons et nuisette

J’ai noté sur mon papier
L’artiste avec son trépied

Mettant le chef sous la toile
Il dit Tantôt l’oiselet

Va sortir Ensorcelé
L’écureuil voit des étoiles

Lors l’animal prend la pose
Et de la garder prend soin

Non sans respecter des pauses
Parfois on en a besoin

Aux éclairs de magnésiomme
Notre écureuil fait des bonds

Pour rimer j’ai tarte aux pommes
Rien à voir mais c’est très bon

Les résultats sont superbes
Beaux à se rouler dans l’herbe

L’on voit le machin caudal
Flamboyer un vrai régal

Et hop là c’est la voltige
Mais sans craindre le vertige

Entend-on le rossignol
Non c’est l’âne vrai guignol.

.

15 mai 2010

Les deux sœurs


(ou: crime et châtiment)

La sœur la plus grande au logis
S’intéressait aux anges
Et de miettes de pain rassis
Nourrissait les mésanges

Sa jeune sœur experte à cuire en son faitout
Le hachis Parmentier façon Lotharingie*
Se gaussait de sa science en angélologie
Ce truc ne la branchait pour sa part pas du tout

Hélas la jalousie aux dents vert caca d’oie
Étreignait la plus jeune et lui rongeait le foie
Au même objet d’amour ayant donné leurs cœurs
Ladite jalousie
Était venue entre les sœurs
Exacerber la zizanie

Un jour dans le hachis la jalouse ajouta
Champignons vénéneux en quantité léta-
Le À relater ce crime ah que ma plume hésite
Aux anges grande sœur s’en va rendre visite

Pour longtemps la coupable est recluse en prison
Et se codétenues la surnomment « Poison »

Moralité les gens je vous le dis placide
Ne commettez jamais l’acte sororicide.


* Oui ce nom a de la gueule
L’on s’en vient de l’inventer
Lecteur tu peux consulter
Google.

.

13 mai 2010

Géologie et cancritude.


(moitié de sonnet)

Jura mais un peu tard -ssique ainsi prétendu
Très spéciale mention pour le carbonifère
Mais restons installés près du calorifère
Pour trias et permien nous verrons c’est ardu

Et l’antécambrien qui nous tient en haleine
Cré nom d'un chien de mer -tacé dit la baleine
Tout ça ne nous rajeunit pas dit Madeleine.

.

18 avril 2010

Le prophète aux serpents.



Marchant sur la canopée
Comme sur les eaux
Il brandit sa canne-épée
Contre les oiseaux

Fuyez qu’on ne vous embroche
C’est ce qui vous pend
Au nez Je suis en approche
C’est pour les serpents

Car telle est sa fantaisie
Tel son plaisir quotidien
Rencontrant un ophidien
Il lui fait sa prophétie

Serpent col-
Lé au sol
Par la force centripète
Prends bien garde au gypaète
Barbu cruel qui te guette

Sache bien quel est son but
Il prétend ainsi nourrir sa nichée
De ta chair salement amochée

Oui sur un sol peu herbu
Crains la colère qui pète
Du gypaète barbu
Qui veut à coups de bec nettoyer ton squelette

Une fois encor je te le répète
Serpent collé au sol peu herbu
Par la force centripète
Prends bien garde au gypaète
Barbu

Fais gaffe à l’oiseau serpentaire
Pressé de t’emporter jusqu’ à son aire

Prends garde à toi et dès demain
Je viendrai te serrer la main
Ta religion j’espère est faite

Tirant tel un veau qui tète
Sur le coin du col de sa chemisette
Notre estimable prophète
Soudain salive à la pensée de son goûter
Une tartine un peu de thé
Et prend la poudre d’escampette

Moi j’aime autant être poète
Ça ne me paraît pas plus mal pour la santé.
(NB. Ni gypaète ni serpentaire dans la forêt tropicale. Mais nul n’est prophète en son pays).
.

04 avril 2010

Rudiments de rudologie en randonnée.


(Sifnos, juin 2008)

Laissant le Mont
Saint Siméon
Et les murs austères
De son monastère
Les randonneurs sont obligés
Dans la descente de longer
À certain moment la décharge
Et tout le ravin qu’elle a saccagé
L’air est pur et la route est large*
Pensait-on pouvoir chantonner
Or je n’en crois ni mes yeux ni mon nez

La nuit le jour les rats pullulent
En ce lieu qui ne sent pas bon
Le jour les guettent les faucons
Et la nuit les chats-huants ululent

Une couleuvre verte un temps suit le chemin
Humide et caillouteux qui mène
Jusqu’aux illustres Trois fontaines
Et de là vers les non moins célèbres Moulins

En dépassant les citronniers
Vers le repos que je me souhaite
Je repense à Michel Tournier
Le combat des rats et des mouettes**

Dans un verger qui respire la paix
Où pousse une herbe à galipette
Un âne paît
Et pète
Et brait
Saperlipopette
J’ai bien peur que ces vers ne vaillent pas tripette.

* merci à l’inoubliable M. Déroulède…
** Les Météores et la décharge de Fos
Plus vaste en vérité que celle de Sifnos.

.

08 mars 2010

Descente au potager



Trouver fadeur
À la salade
Nous met le cœur
En marmelade
Buvons un verre de liqueur
Ou nous en resterons malade

Auprès de ton
Pull ton sur ton
Le potiron paraît bien pâle
Et ne me semble pas bien gros non plus dis donc
Il ne nous fera pas grande soupe et je râle.

.

06 mars 2010

Epigramme



Nous nous plaignons de l’atmosphère
Quand au grand air nous étouffons
Lors pour nous sentir mieux bouffons
Enfermons-nous en phalanstère.

.

03 mars 2010

Cinéma de quartier.

En ce temps-là les projectionnistes
Ont arrosé vos écrans écrus
De films gentiment propagandistes
Remplis de bobards à gober crus

Et vous naïfs vous les avez crus

L’ouvreuse en vous menant à vos sièges
Brandissait son lumignon
Hochant lasse le chignon
Installés vous étiez pris aux pièges

Puis l’éclairage enfin rallumé
Vous vous sentiez quelque peu paumés

Pris d’un mal de tête en sortant dans l’avenue
Vous vous racontiez la belle au bain toute nue

Plus tard à l’internat vous n’étiez pas bavards
Et cachiez de petits écrits sous vos buvards.

.

10 février 2010

Paraphrase.

(poème farceur)

Ah les rognons de dromadaire
Au madère
Ah plaisir inégalé
Je me suis bien régalé
L’être humain pour ce qu’il mange
N’est ni
Ange
Nenni
Ni bête non plus Qui veut faire
L’ange a sa place en le bestiaire
Ma foi c’est pas trop mal
Dis-je en me tapotant l’organe stomacal
Et je me sens à l’aise
Pour paraphraser Blaise
Pascal.

.

09 février 2010

Actualité.

Malheureux lapin
Privé de viscères
Pauvre Villepin
Livré aux ulcères
Recevez mes vœux bien sincères
Ça mange en tous cas pas de pain

Chacun pendu à son croc
De boucher la chose est dure
Non pas pour le lapin qui ne souffre plus trop
Mais pour l’homme po- oui pour l’homme po-
Litique qui encore endure
De l’incertaineté des cho-
Ses la torture
Condamné l’an prochain peut-être par raccroc.

.

06 février 2010

Epitre à Emile


(exercice de style)



C’est comme pour toucher une chaude patate
Que nonchalante la chatte
Galante avance une patte

Non non non et non
Nom d’une guenon
Dès le début reprenons

D’humeur nonchalante
La chatte galante
Ah déjà quel est son nom

Ah que sa démarche est lente
Elle se rend aux clameurs
De ses mille admirateurs

Car mille
Émile

Matous mateurs
L’ont dans le collimateur

Ces mille félins renifleurs
Venus lui offrir quelques fleurs

Et dont l’espérance exaspérante
Émile est miaulante.

.

24 janvier 2010

Portrait de Benjamin Franklin

(poème farceur)

Après avoir failli rester maître-nageur
Dans le Vieux Monde en Angleterre
Il retourna chez lui et se fit imprimeur

Mais il restera dans nos cœurs
Comme inoubliable inventeur
Du paratonnerre

Il voulut c’est à son honneur
De la dinde faire
La préférant à l’aigle aux menaçantes serres


L’emblème des Etats-Unis
Considérez mes chers amis
Quelle vertu républicaine était la sienne

C’est à l’unanimité
Qu’il insista pour voter
La Constitution états-unienne

Est-ce que cela n’est pas beau l-
Alalère À la tienne Etienne
Fais gaffe à casser pas le bol.

.

12 janvier 2010

In memoriam


À Judith


Jour de Noël trois chevaux
Sont sortis de leur enclos

Ont porté leur trot tranquille
Jusques au coeur de la ville

Maréchaussée qui les stoppas
Tu les fis retourner au pas

Mais devant la cathédrale
Ils ont piaffé sur les dalles

Je lis un livre d’Humaro
Un corbeau noir frappe au carreau

Jamais plus dit-il et s’envole
Dois-je le croire sur parole

Faut-il croire un oiseau noir
Et son cri de désespoir

Hélas son dire est véritable
Et le lecteur inconsolable

De la mort de Louis Gruel
Ô destin parfois cruel.

07 janvier 2010

Très riches heures bovines

(à Meuh Meuh Bouton d’Or, la vvvvache !)

Avec application je broute
Entre les rails et la grand-route

Le Paris-Toulouse a pris son élan
Je vois Marie-Louise avec son galant

Il est cocu le chef de gare
Et bien cocu mais je m’égare

Mon veau devenant bouvillon
Qui se prend pour François Villon

Je m’en vais le mettre en apprentissage
Chez m’sieur Griffollet le rimailleur sage

Heureux moments à ruminer
Le soir s’en vient c’est terminé

N’entendez-vous pas l’âne Melchior braire
Le temps est venu que l’on va me traire.

05 janvier 2010

Une Saint-Sylvestre.

C’est une vieille accroupie
Qui sous elle a fait pipi
En cage un oiseau pépie
Mais le chat s’est assoupi

Ne répondent quant on frappe
Ni la femme ni l’oiseau
Ni le chat qui fait dodo
Il faut passer par la trappe

A quoi servirait de nier
La vérité toute nue
Le vieux à tête chenue
S’est pendu dans le grenier

Hospitalisons la vieille
Le vieux on l’enterrera
Au verger sous les groseilles
Le chat se débrouillera

Il faudra placer peut-être
À la porte un cadenas
Tu fermeras les fenêtres
À l’oiseau tu ouvriras

Puis il convient que je passe
Au bureau pour rédiger
L’inévitable obligé
Monument de paperasse

C’est ce qui nous pend au nez
Avant de réveillonner
Pour fêter l’heureuse année
Laissant l’autre abandonnée.


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28 décembre 2009

Visite médicale

La chatte a voulu
Dès potron-minette
Manger ses croquettes

D’un pas résolu
Nous prîmes la route

Car il faut se lever tôt
Pour aller chez le veto
Cela ne fait aucun doute

Il a regardé
Les quatre canines
Et les coussinets
Elle a bonne mine

Ne la nourrissez pas trop
Je la vaccine et au trot

Le vaccin assomme
C’est l’heure à présent
De son petit somme
Mais elle a le poil luisant.

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19 décembre 2009

Automédication

J’aurai meilleure mine
Avec la vitamine
C
Sans su-
Cre à su-
Cer
Pour l’éradication
Du rhume
L’automédication
J’assume.

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18 décembre 2009

Espoirs déçus.

Gambadez sur les chemins
Tracés en Carte du Tendre
Ou livrez-vous pieds et mains
Liés aux pièges qu’aiment tendre
Les rase gratis demain
Au pire il faut vous attendre

Oyez oyez les tambours
Croquez croquez petits beurres
Je répèterai toujours
Jusques à ma dernière heure
La politique et l’amour
Sont les deux pays du leurre.

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15 décembre 2009

Photo officielle

C’est une île dans le noroît
Sise sur le cercle polaire
Une visite circulaire
Montre geysers chauds et monts froids

Las le pays est en émoi
Et la vindicte populaire
S’en est prise aux patibulaires
Crise et krach et grand désarroi

Tenons-nous loin de la falaise
Laissons la clé du champ de tir
Première ministre islandaise

Johanna Sigurdardottir
Vous pouvez vous mettre à votre aise
Le petit oiseau va sortir.

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01 décembre 2009

Comme d’autres…

Comme d’autres le goujon
Je veux taquiner la muse
Peintre fais ton badigeon
Entends-tu la cornemuse
Maintes fois nous y songeons
L’histoire est un peu confuse
Avec envol de pigeons

Notre fier seigneur s’amuse
Vous enfermerez l’intruse
Qui se cachait dans les joncs
La tiendrez en le donjon
Elle y restera recluse
La folle enfant se refuse
Nous son seigneur nous rageons

Notre fier seigneur s’abuse
Et nous nous interrogeons
L’histoire est un peu confuse
Le peintre à la fin par ruse
Au loin l’enlève abrégeons
Point ne nous en affligeons
Alors l’hilarité fuse

Notre fier seigneur s’accuse
À notre Salut songeons
La mort à face camuse
Nous invite au grand plongeon
Maintes fois nous y songeons
Entends-tu la cornemuse
Avec envol de pigeons

En cachette le singeons
Alors l’hilarité fuse
Enfermés dans la cambuse
Avec des œufs d’esturgeon
Entends-tu la cornemuse
Qu’advient-il nous les mangeons
Comme d‘autres le goujon.

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27 novembre 2009

Les poètes ont soif.

Plus soiffard que moi tu meurs
Sur la boisson faisons main basse

Il fallait que je m’hydratasse
Tous les milieux intérieurs

Ce tantôt j’ai mis des fleurs
Infuser là dedans ma tasse

Hélas j’ai vu leurs couleurs
A la fin devenir fadasses

De l’eau chaude a chu malheur
En éclaboussant mes godasses

Les infusions c’est assez vain
Nous allons nous mettre au bon vin.

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22 novembre 2009

Tour de France.

Assis au bord de la route
J’entreprends casser la croûte
Près de moi vient un putois

Il demande en son patois
Qui devrait gagner l’étape
À dire vrai je m’en tape

Je n’ai pas d’avis tranché
C’est pour paraître branché
Dit-il que j’ai fait semblant de

Formuler cette demande
Et drapé dans son odeur
Il applaudit les coureurs.

15 novembre 2009

Désorienté

J’ai visité les Pays Bas que
J’avais pris pour le Pays basque
Tenant une carte à l’envers
J’ai confondu cols et polders

Distinguons le Péloponnèse
De la Scanie que tu es niaise

L’on se fourvoie sur les chemins
D’Europe et craignons que demain
Voulant aller aux pays Baltes
La rime nous conduise à Malte

Qu’on aille à l’ouest qu’on aille l’est
À chaque bout l’on trouve Brest

Trop souvent l’erreur d’aiguillage
Guette en effet le voyageur
Qui n’est pas tout à son voyage
Et se voit dérouté rageur

Nous ne confondons pas la Crète
Avec Oslo que tu es bête

Il faut pour paraître branché
Garder un petit air penché
Sur la petite mappemonde
Hélas comme il est grand le monde

Croyant aller vers le soleil
Je demeuré surpris quand au Cercle polaire
Mon excellent cadran solaire
Ne sut pas m’indiquer le moment du réveil.

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13 novembre 2009

Vendredi treize.

Ô vieillesse ennemie
(Corneille)


Les problèmes domestiques
Familiaux informatiques
En quantité
Et de santé
Vont-ils se résoudre avant l’été

Contre ton âme obstinée
Ci le veut la destinée
Tu resteras
Dans l’embarras
Ce jusques au jour que tu mourras.

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11 novembre 2009

Chuintement.

(chuinté)

Je chuchais j'un chucre d’orge
Pour choigner mon mal de gorge

Le pharmachien m’a prédit
Qu’il cherait bientôt fini

Le mal de gorge lui fis-je
Non dit-il la friandije

Chaque jour un peu pas trop
Abchorbez de che chirop

J’en ai bu plus d’une pinte
Et ne touche plus depuis
J’ai juchte un petit ennui
Lorchque je parle je chuinte.

05 novembre 2009

L'aventurier.

Quand amour rime avec toujours
C’est beau la vie c’est beau l’amour
Le rimeur sans se lasser trime
La rime vient c’est pour la frime


Mais pour la belle que j’aimais
Amour rimait avec jamais
Et mon cœur cognait cognait mais
De la galère où je ramais

Le rimeur en cherchant sa rime
Croit l’avoir trouvée dans le crime

Un cruel et que sais-je encor
Pirate a mis là son trésor
Perles bijoux et pièces d’or
Ou bien des éclats de vaisselle

Je voyais un vol des vautours
Près des murs de la citadelle

Dans les bois allant faire un tour
Un marcassin trouve une truffe

Et la rapporte à sa maman
Pour fêter la fête des mères
Tant pis si la truffe est amère
La laie l’avale goulûment

Je suis d’accord avec Tartuffe
Pour prôner le plaisir sans peur
L’amour sans scandale ô ma soeur

J’avais cuisiné des paupiettes
Préparé des pommes vapeur
Mais la chatte a cassé l’assiette

Amie apaise ta fureur
Si la chatte était dans l’erreur
En mettant ta vaisselle en miettes

Bris d’assiette est porte-bonheur.

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04 octobre 2009

Retour de la ville

(neuf pieds)

As-tu pris du bon temps Alizée
À la ville où tu fis ce séjour
Oui-da je me suis bien amusée
À présent me voici de retour

N’es-tu pas allée voir au musée
Dont on dit qu’il valait le détour
Des tas de vieilles choses usées
Ou bien as-tu flâné alentour

Certain cadre âgé quadragénaire
A prétendu me draguer dehors
Puis un quincailler quinquagénaire
Voulut m’intégrer dans son décor

Vieux garçon Otto l’octogénaire
M’a dit viens je te couvrirai d’or
Puis le sexshoppier sexagénaire
S’est vanté de sa vigueur encor

Toi que je connais bien avisée
Qu’as-tu répondu à ces croûtons

Au quadra j’ai dit tout dégénère
Je veux bien te montrer mes tétons
Tu vois je ne suis pas trop farouche
Va pour quelques billets mais pas touche
Garde-toi d’approcher à tâtons

Au quinqua j’ai dit le tégénaire
Capturée la mouche est fort glouton
Je m’en méfie le trouvant très louche
Et reste hors de portée de sa bouche
Ne me regarde pas sur ce ton

Otto l’octo m’a fort médusée
Sa braguette était fleurdelysée
Et feignant d’être scandalisée
Je suis partie comme une fusée
À son nez à sa barbe au menton

Mais dans le sexshop j’ai fait l’emplette
D’un intéressant godemiché
Je l’ai pour ainsi dire arraché
Des mains de son vendeur obsolète
J’ai l’objet dans mon sac bien caché
Et veux m’en servir avec Rirette.

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26 août 2009

Alizée voyage

Le car va-t-il nous mettre à temps
À la gare de Carentan
Pour le train de sept heu dix-huit Tre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Un petit chien sort du panier
La tête et l’on ne peut pas nier
Qu’il est doué pour faire le pitre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Tel voyageur pressé descend
Une grosse dame en montant
Gronde un enfant qui récalcitre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Tu vas voir ton pé tout à l’heu
Y a de la presse et des odeu
On serait mieux en wagon-lit Tre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Un lecteur lit indifférent
À tout un livre fort prenant
Dont je n’aperçois pas le titre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Dans les champs les boeufs vont broutant
Alizée bâille en s'étirant
Alizée rêve à Pointe-à-Pitre
Treu tre treu tre vibre la vitre.

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16 août 2009

L’impromptu de Mediapart

Potassant Saint Thomas d’Aquin
Au paradis des anges lurent
Qu’un grand plumard à baldaquin
Qui craignait fort les engelures
Crut bon de s’attacher les soins
D’une avenante bassinoire
On la voit là-bas si noire
On la voit si noire au loin
Et Melchior broute son foin
Tranquille au bord de la Loire.

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05 août 2009

Liberté d’expression

Bientôt petit rappeur merdeux
Tu sauras le sort d’Edouard deux

Vois cette corne creuse
Quand tu la sentiras
Ajustée à ton ras
Du cul d’abord tu riras
Sans du tout te douter que la suite est fâcheuse

La corne creuse au cul chatouille et c’est plaisant
Le fer rougi au feu te sera fort cuisant

Le pal a-t-on dit commence
Bien mais il tourne en souffrance
Immense
Intense

C’est du dedans que sans retard
On va te transpercer la panse
Te cramer le lard


Embroché de part en part
Tu pourras hurler lascar
La mort donnera je pense
À ton gré la délivrance
Avec beaucoup de retard
Tu n’en auras pas conscience

C’est du sadisme pur dis-tu non c’est de l’art
Et l’art mon pauvre vieux n’est jamais en vacances.

27 juillet 2009

Entraînements

Une grenouille attifée d’un tutu
Fait de son mieux des entrechats pointus
Probable effet d’une métempsycose

Téméraire un moucheron se propose
De voltiger auprès dessous dessus
L’insecte veut mais c’est Dieu qui dispose

Ou bien alors disons c’est la Natu-
Re ainsi nommée en désespoir de cause

Un coup de langue et la mouche a vécu
Pas plus longtemps que ne vivent les roses
Voyez un peu à quoi tiennent les choses

L’animal buveur d’eau ne craint pas la cirrhose
Ci veulent rime et ligue de vertu

Hélas pour le batracien sa dompteuse
Brandit le fouet en menaçant son cul
Elle dit à la grenouille danseuse
Paresseuse oh bientôt sauteras-tu

Sauteras-tu bientôt ô paresseuse
Si tu ne bouges pas ton show fera un flop

Et hop et hop et hop et hop
En quatre bonds elle est au top.

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30 juin 2009

Complainte de la Présidente

Mon doux seigneur n’est-ce pas mal
D’accorder un paquet fiscal

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche

Mon doux seigneur il est honteux
De bloquer la retraite aux vieux

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche


Ô mon doux seigneur ça fait chier
Persécuter les sans-papiers

Carla ma biche
Ce qu’on s’en fiche


Mon doux seigneur faut arrêter
D’affaiblir l’université

Carla ma biche
Ce qu’on s’en fiche


Mon doux seigneur ce n’est pas bien
Traiter les ploucs en galériens

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche

Pensez un peu mon doux seigneur
À vous occuper des chômeurs

Enfin Carla Carla ma biche
Je m’en fiche et m’en contrefiche


Mon doux seigneur faut je ne mens
Ménager l’environnement

Mais que veux-tu Carla ma biche
Ma politique est pour les riches.

De ce que tu me dis-là ma mie
Je me soucie
Ma foi
Autant que d’un pois
Chiche.

23 juin 2009

Remontrances des sept nains.

On t’avait pourtant raisonnée
Occupez-vous de vos oignons
Nous as-tu dit d’un air grognon
Ainsi se fait la destinée


La pomme qui te fut donnée
Non fallait pas c’est trop mignon
Tu l’as mangée jusqu’au trognon
Or elle était empoisonnée


Il faut se rendre à la raison
Couvrons nous les barbes de cendres
Mais nous voyons à l’horizon


Venir un prince il va descendre
De cheval et sans plus attendre
T’administrer contrepoison.

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07 juin 2009

Point cardinaux

Midi je le vois à ma porte
A l’Est le soleil se levant
Nous dit le Nord en quelque sorte
A droite et l’Ouest est droit devant

Moi c’est le noroît qui m’importe
Le noroît d’où souffle le vent
Lorsque je lis Janet la Torte
Ou Le cri de l’engoulevent.