08 novembre 2010

Visite à la pharmacie.



- Ce qu’il me faut c’est un onguent
Une pommade

La promenade
Trop longue à dos de dromadaire
C’est pas bon pour le fondement

- Oui c’est la faute au frottement
Prenez cette crème hémorroïdaire
Dit l’obligeant apothicaire

Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu

Elle fait la révérence
Puis dit se frappant la panse

- Ah oui pendant que j’y suis
- Dites-moi et si je puis

- Aussi pour lâcher le ventre
Je veux du jus de pruneaux
Mes boyaux abdominaux
Sont durs à ménager diantre

- Eh bien donc voici le jus demandé
Dit l’homme de l’art d’un ton décidé

Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu

Elle fait la révérence
Frappe son front - Mais j’y pense

Il me faudrait aussi dit la tante
Une préparation foudroyante
Contre les tégénaires velus
Qui l’hiver mon appartement hantent
De tels poisons sur le web j’ai vus

- Oui j’ai là ce qu’il vous faut
Vous en mettez dans un pot
Une soucoupe une tasse
Et les araignées trépassent


Tante Ursule
Lanturlu
Fouille dans son réticule

Tante Ursule
Lanturlu
En extrait un quart d’écu
Elle fait la révérence
Arrêtant là sa dépense

Le potard tant il est chou
Lui donne en prime un cachou.

.

02 novembre 2010

Air d’harmonica.




L’écureuil court le dimanche
Court le dimanche ai-je dit
La rime le veut ainsi
Qui nous tire par la manche
La rime le veut mais pour
Le fun mettez tous les jours
S’il est sur la branche il court

Le Jour des Morts anniversaire
Je disais donc le jour des morts
J’en entends un qui tousse encore
Un clin d’œil est là nécessaire

Dans notre propos l’écureuil
Arrive sur la scène assis dans un fauteuil
Deus ex machina supporté par un treuil
Et le public lui faisant fête
Applaudit la petite bête
Qui salue en hochant la tête
Puis s’en retourne vers montre œil.

.

30 octobre 2010

Pfuit !



Géniale pensée
À défaut de la noter
En se rendormant se la répéter

Géniale pensée
Au saut du lit s’est sauvée

Comme dans l’eau
Poisson frétille
Comme sautille
Un passereau

Comme sur la branche
Court l’écureuil le dimanche
Ou tout autre jour
S’il est sur la branche il court

Géniale pensée
Qu’est devenue la rosée
Du matin elle a séché

Voyant que l’on s’approchait
La mésange s’est
Sans plus attendre excusée
Laissant le chat dépité.

.

30 septembre 2010

Vieux beau.



Sa calvitie
Lui fait souci

Et sa bedaine ah sa bedaine

Sa calvitie
Lui fait souci

Palsambleu sa bedaine aussi

Sur ma parole elle est farcie
Porter proéminence ainsi
C’est pas jojo pour la fredaine

Et pour compléter sa dégaine
Il est vêtu d’un imper tout roussi

Pourquoi cela ah c’est toute une histoire
Dont il aimait jadis faire récit
Mais sa mémoire ah sa mémoire

Palsambleu sa mémoire a d’un poil rétréci

Gare au champignon halluci-
Nogène
Eugène

La mi do ré mi fa sol la fa sol la si
Entre ses pavillons passe en boucle une scie
Une indésirable rengaine

Et mirontaine mironton
Nous tairons le triple menton
Miron mironton mirontaine

À la terrasse il est assis
Pour siroter un grog-cassis

Il nous voit traîner par ici
Cachant nos ris sous nos mitaines
Et soudain fronce les sourcils

Cesse insupportable versi-
Ficateur tes calembredaines.

.

20 septembre 2010

Soliloque de l’épouvantail


(calembours avant potage)

Les légumes au potager
Gare à qui veut le ravager
Ou le saccager
On ne va pas le ménager

S’en vont en bande organisée
Le céleri est la risée
Caractérisée
De notre chicorée frisée

Seuls les potirons
Qui bientôt iront
Finir en potage
Ne sont pas à leur avantage

Ah dieu quel beau navet qu’il est appétissant
On l’a nommé Cima il est resplendissant
Resté le contempler d’un œil concupiscent
Le jardinier le zyeute en s’enorgueillissant

Nous n’avons pas eu tort de le mettre en culture
Faut-il le dévorer le mettre en devanture
Orgueil du potager
Cima tentant navet

C’est un beau cadeau de Nature
À ses enfants immatures
Et fort peu reconnaissants
Ingrate progéniture
Je vous pincerai jusqu’au sang.

.

27 août 2010

Match à huis clos



( /9)

N’y a pas un chat sur les gradins
On a fait sortir tous les gredins
Ils avaient sifflé la Marseillaise
Et les footballeurs sont mal à l’aise

Flopée de pépés ébouriffés
Les alligators ont tout bouffé
Autour du rameur qui rame et rame
Hélas ¡ qué barbaridad ! madame

Donc pas la moindre vuvuzela
Le petit démon Azazel a
Patienté sagement jusque là
À la fin des fins que faut-il croire

Jusqu’au bout le calice il faut boire
Pour donner du piquant à l’histoire
Inventez-en la moralité
Ça vous occupera tout l’été.

.

21 août 2010

Nièce aveugle au bord du lac


( NB. 5/7 )

J’entends un quidam peut-on se demander qui est-ce
Vicaire ou curé dégaine de fou rageant
Douze canetons sur le lac s’en vont nageant
Sont-ils en danger Oui et pas qu’un peu ma nièce

Sur leur échiquier deux joueurs tentent ranger pièces
En viennent à bout soufflant fort et fourrageant
Le garde-champêtre apostrophe un peu les gens
Pour le grand plaisir de ces promeneurs en liesse

Qu’advient-il de la partie d’échecs mon tonton
Les noirs puis les blancs s’en vont effectuer un roque
Et quel est le sort dévolu au cureton

Gageons qu’avant peu notre curé se défroque
Je voudrais savoir le destin des canetons
Mais l’un après l’autre hélas le renard les croque.

17 août 2010

Jeux vidéo




Usant de sa trompe
Un papillon pompe
Le suc d’une fleur oui-da d’une fleur le suc

Nos ordinateurs ont besoin d’un nouveau truc
Seattle
S’y attelle
Oui ce sera fin prêt sans faute à la Saint-Luc

La version bêta lancée
Dans le public tôt testée
À ce moment-là les gens il n’y aura plus qu’
À publier la définitive
Pleine d’intérêt et créative

Je vous la raconte en vrac
Des malfaiteurs tout à trac
Braquent les joueurs de tric-trac
Haut les mains c’est un fric-frac

Le policier porte un frac
De pied en cap il se nippe
D’un nœud pap et d’une pipe
Et sourcilleux fait la lippe

Cependant la fine équipe
À coups de kalach s’étripe
Tacataca tacatac
Ah vous parlez d’un mic-mac.

.

14 août 2010

Destin du hareng



(fable loufoque)


Il faut l’apprendre à l’école
Dans les fermes piscicoles
Où l’on nourrit le hareng

L’activité d’emplissage
Ne rend sachez-le ne rend
En rien le hareng plus sage

Le hareng rêve de gloire
Et de rester dans l’Histoire
Honoré de "hourrah" et de "vie et victoire"

Si le destin funeste a décidé que non
Ah crénom de nom de nom
Il entre en colère noire

Sa destinée c’est la mort
Oui-da c’est le triste sort
Qui attend le hareng saur.

.

08 août 2010

Antiquités folichonnes



Dans la Grèce antique un malheureux bicyclope
Tombé de vélo s’avance clopin-clopant
On ne dira pas qu’il présente un air pimpant
Et son œil poché a besoin d’une escalope


Il reste effrayant il a l’air d’un lycanthrope
Il faut s’en remettre au bon vouloir du dieu Pan
Pour le camoufler d’un brouillard enveloppant
On voit dans la plaine un centaure qui galope


La déesse au bain va se divertir et hop
L’eau est juste à point vingt et trois degrés celsiuse*
Le centaure approche à présent clipiticlop


Qu’il ne m’ennuie pas dit l’immortelle ou bien j’use
De cette cravache achetée dans un petshop
C’est bien assez pour aujourd’hui me dit ma muse.

* licence poétique

.

29 juillet 2010

Philosophie en voyage



Don Quichotte en chemin pressant
Les maigres flancs de Rossinante
Sans cesse avance en ressassant
Une question métaphysique enquiquinante
Qui rend son voyage harassant


Doùskonvient Oùskonva Qui c’est qu’on est bon sang
Ça nous bassine et ça nous hante
Sancho trouve que c’est lassant
Mais laissons ce petit hommage au grand Cervan-
Tès qui perdit un bras aux combats de Lépante

L’appel de l’âne est dissonant
Et rend la nymphe frissonnante
Un satyre cornu le trouve ahurissant
Le cours du fleuve ami s’en va s’élargissant
Du Mont Gerbier des Joncs par Orléans poussant
Jusques à Tours jusques à Nantes

Quand à compter les minutes passant
On en a dénombré soixante
C’est qu’une heure a passé d’autant raccourcissant
Notre existence palpitante
C’est un raccourci saisissant
Et fascinant si l’on ne s’en
Fout pas comme de l’an quarante

Le cas qui nous occupe au vrai s’obscurcissant
Alors que s’élève la pente
Délaissons ce terrain glissant
Imaginez Baruch Spinoza polissant
Une lentille grossissante
En suçant
Des pastilles à la menthe

La mort est une sacripante
Mort je n’ai pas tout dit par Saturne ou Satan
Il en manque un gros bout ce qui serait pourtant
Je le promets la part la plus intéressante
La mort nous répond sur un ton cassant
Je suis votre humble servante.

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24 juin 2010

Pouponnière



Au jardin sans plus de manière
On avait mis
Un ramassis
De glands dedans la compostière
On y retrouva tout surpris
Une chênaie courte mais fière

Ici dans quarante ans l’on aura de l’ombre et
L’endroit sera peut-être un peu même encombré
Et de se plaindre encor on trouvera matière

La chatte par-dessus les chênes a sauté
Disant regardez-moi je suis le Chat botté
D’un de mes bonds félins je franchis la chênaie

Le jeune enfant par là s’en venant à passer
Enjambe et dit c’est moi qui suis Petit Poucet
Survoler les forêts telle est ma destinée

Le grand-père est venu voir ce miracle vert
Et dans sa barbe il marmonne
Quelques propos obscurs sur l’effet Gulliver
Concluant la chose est bonne

Et pourtant un chevreau de la veille sevré
Qu’on amènerait paître
Ferait tout disparaître
En un instant c’est vrai

La grand-mère étonnée de ces métamorphoses
D’un geste machinal brandit le sécateur
Elle apporte ses soins à des pois de senteur
Puis va pulvériser au-dessus de ses roses

Et si par aventure il s’agit d’autres fleurs
Cela ne change pas les choses
N’est-ce pas ton avis lecteur.

.

21 juin 2010

Trouble au café




Lorsque le quidam sort de sa gentilhommière
Un œillet à la boutonnière

Et se présente au bar tous les double-six sont
Attablés - S’il vous plaît garçon
Apportez bière
Et saucisson

Soudain sur la terrasse
Un pichet
Se fracasse

C’est le fait et méfait d’un méchant éméché
Rien d’étonnant c’est un ours mal léché
À force de boisson il est au foie touché

Il a coutume ce vandale
D’accuser tel ou tel d’avoir triché

Contre une marche il trébuche et
Malencontreusement s’étale

Il se relève il est sale-
Ment amoché
On l’aperçoit qui détale
À présent il se calme à voir son sang pisser
Le jeu de dominos reprend sans se presser.

.

13 juin 2010

Sabbat vénitien.



Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
(Boris Vian)

La scène est sur l’eau par nuit brune
Tout près de la cité du doge Dandolo
À mon avis l’évocation de Tiepolo
Pour mettre encor un brin de couleur lo-
Cale n’est pas inopportune


Éclairé par un bout de lune
Le diable fait du pédalo

Et sirotant un diabolo
Trempe sa queue dans la lagune

Les z’humains n’en ratent pas une
Dit-il et le pape est ballot

La Création a des lacunes
Le Créateur quel rigolo

Vient à passer un angelot
On n’est pas venu pour des prunes

Nom de hum ah quel joli lot
En est-ce un n’en est-ce pas une

Je prise fort les travelos
Permettez que je l’importune

Il se lève et par infortune
Le voilà qui tombe dans l’eau

Tiens tu fais du water-polo
Adieu le diable et sans rancune

Dit l’ange qui file en vélo.


.

23 mai 2010

Et l’âne broutant




Le voyage en Tunisie est
Un célèbre tableau de Klee

Du sable partout la ville pas loin
Un ciel nuageux en bas dans le coin

Et l’âne broutant
Se tient modeste en
Arrière
En bête ordinaire
Des deux dromadaires
Qui s’en vont l’air fier
Franchir le désert

L’animal s’en fiche
En broutant son herbe chiche

Oui l’âne broutant
Dédaigne la gloire
Qui d’autre peut en
Dire autant

Ses deux pavillons levés
Font le V
De la Victoire.

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20 mai 2010

Le photographe et l’écureuil


Embarrassé de noisettes
L’écureuil dans son manoir

Les dépose en un drageoir
Puis ressort de son boudoir

Portant sa tenue du soir
Bonnet chaussons et nuisette

J’ai noté sur mon papier
L’artiste avec son trépied

Mettant le chef sous la toile
Il dit Tantôt l’oiselet

Va sortir Ensorcelé
L’écureuil voit des étoiles

Lors l’animal prend la pose
Et de la garder prend soin

Non sans respecter des pauses
Parfois on en a besoin

Aux éclairs de magnésiomme
Notre écureuil fait des bonds

Pour rimer j’ai tarte aux pommes
Rien à voir mais c’est très bon

Les résultats sont superbes
Beaux à se rouler dans l’herbe

L’on voit le machin caudal
Flamboyer un vrai régal

Et hop là c’est la voltige
Mais sans craindre le vertige

Entend-on le rossignol
Non c’est l’âne vrai guignol.

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15 mai 2010

Les deux sœurs


(ou: crime et châtiment)

La sœur la plus grande au logis
S’intéressait aux anges
Et de miettes de pain rassis
Nourrissait les mésanges

Sa jeune sœur experte à cuire en son faitout
Le hachis Parmentier façon Lotharingie*
Se gaussait de sa science en angélologie
Ce truc ne la branchait pour sa part pas du tout

Hélas la jalousie aux dents vert caca d’oie
Étreignait la plus jeune et lui rongeait le foie
Au même objet d’amour ayant donné leurs cœurs
Ladite jalousie
Était venue entre les sœurs
Exacerber la zizanie

Un jour dans le hachis la jalouse ajouta
Champignons vénéneux en quantité léta-
Le À relater ce crime ah que ma plume hésite
Aux anges grande sœur s’en va rendre visite

Pour longtemps la coupable est recluse en prison
Et se codétenues la surnomment « Poison »

Moralité les gens je vous le dis placide
Ne commettez jamais l’acte sororicide.


* Oui ce nom a de la gueule
L’on s’en vient de l’inventer
Lecteur tu peux consulter
Google.

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13 mai 2010

Géologie et cancritude.


(moitié de sonnet)

Jura mais un peu tard -ssique ainsi prétendu
Très spéciale mention pour le carbonifère
Mais restons installés près du calorifère
Pour trias et permien nous verrons c’est ardu

Et l’antécambrien qui nous tient en haleine
Cré nom d'un chien de mer -tacé dit la baleine
Tout ça ne nous rajeunit pas dit Madeleine.

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18 avril 2010

Le prophète aux serpents.



Marchant sur la canopée
Comme sur les eaux
Il brandit sa canne-épée
Contre les oiseaux

Fuyez qu’on ne vous embroche
C’est ce qui vous pend
Au nez Je suis en approche
C’est pour les serpents

Car telle est sa fantaisie
Tel son plaisir quotidien
Rencontrant un ophidien
Il lui fait sa prophétie

Serpent col-
Lé au sol
Par la force centripète
Prends bien garde au gypaète
Barbu cruel qui te guette

Sache bien quel est son but
Il prétend ainsi nourrir sa nichée
De ta chair salement amochée

Oui sur un sol peu herbu
Crains la colère qui pète
Du gypaète barbu
Qui veut à coups de bec nettoyer ton squelette

Une fois encor je te le répète
Serpent collé au sol peu herbu
Par la force centripète
Prends bien garde au gypaète
Barbu

Fais gaffe à l’oiseau serpentaire
Pressé de t’emporter jusqu’ à son aire

Prends garde à toi et dès demain
Je viendrai te serrer la main
Ta religion j’espère est faite

Tirant tel un veau qui tète
Sur le coin du col de sa chemisette
Notre estimable prophète
Soudain salive à la pensée de son goûter
Une tartine un peu de thé
Et prend la poudre d’escampette

Moi j’aime autant être poète
Ça ne me paraît pas plus mal pour la santé.
(NB. Ni gypaète ni serpentaire dans la forêt tropicale. Mais nul n’est prophète en son pays).
.

04 avril 2010

Rudiments de rudologie en randonnée.


(Sifnos, juin 2008)

Laissant le Mont
Saint Siméon
Et les murs austères
De son monastère
Les randonneurs sont obligés
Dans la descente de longer
À certain moment la décharge
Et tout le ravin qu’elle a saccagé
L’air est pur et la route est large*
Pensait-on pouvoir chantonner
Or je n’en crois ni mes yeux ni mon nez

La nuit le jour les rats pullulent
En ce lieu qui ne sent pas bon
Le jour les guettent les faucons
Et la nuit les chats-huants ululent

Une couleuvre verte un temps suit le chemin
Humide et caillouteux qui mène
Jusqu’aux illustres Trois fontaines
Et de là vers les non moins célèbres Moulins

En dépassant les citronniers
Vers le repos que je me souhaite
Je repense à Michel Tournier
Le combat des rats et des mouettes**

Dans un verger qui respire la paix
Où pousse une herbe à galipette
Un âne paît
Et pète
Et brait
Saperlipopette
J’ai bien peur que ces vers ne vaillent pas tripette.

* merci à l’inoubliable M. Déroulède…
** Les Météores et la décharge de Fos
Plus vaste en vérité que celle de Sifnos.

.

08 mars 2010

Descente au potager



Trouver fadeur
À la salade
Nous met le cœur
En marmelade
Buvons un verre de liqueur
Ou nous en resterons malade

Auprès de ton
Pull ton sur ton
Le potiron paraît bien pâle
Et ne me semble pas bien gros non plus dis donc
Il ne nous fera pas grande soupe et je râle.

.

06 mars 2010

Epigramme



Nous nous plaignons de l’atmosphère
Quand au grand air nous étouffons
Lors pour nous sentir mieux bouffons
Enfermons-nous en phalanstère.

.

03 mars 2010

Cinéma de quartier.

En ce temps-là les projectionnistes
Ont arrosé vos écrans écrus
De films gentiment propagandistes
Remplis de bobards à gober crus

Et vous naïfs vous les avez crus

L’ouvreuse en vous menant à vos sièges
Brandissait son lumignon
Hochant lasse le chignon
Installés vous étiez pris aux pièges

Puis l’éclairage enfin rallumé
Vous vous sentiez quelque peu paumés

Pris d’un mal de tête en sortant dans l’avenue
Vous vous racontiez la belle au bain toute nue

Plus tard à l’internat vous n’étiez pas bavards
Et cachiez de petits écrits sous vos buvards.

.

10 février 2010

Paraphrase.

(poème farceur)

Ah les rognons de dromadaire
Au madère
Ah plaisir inégalé
Je me suis bien régalé
L’être humain pour ce qu’il mange
N’est ni
Ange
Nenni
Ni bête non plus Qui veut faire
L’ange a sa place en le bestiaire
Ma foi c’est pas trop mal
Dis-je en me tapotant l’organe stomacal
Et je me sens à l’aise
Pour paraphraser Blaise
Pascal.

.

09 février 2010

Actualité.

Malheureux lapin
Privé de viscères
Pauvre Villepin
Livré aux ulcères
Recevez mes vœux bien sincères
Ça mange en tous cas pas de pain

Chacun pendu à son croc
De boucher la chose est dure
Non pas pour le lapin qui ne souffre plus trop
Mais pour l’homme po- oui pour l’homme po-
Litique qui encore endure
De l’incertaineté des cho-
Ses la torture
Condamné l’an prochain peut-être par raccroc.

.

06 février 2010

Epitre à Emile


(exercice de style)



C’est comme pour toucher une chaude patate
Que nonchalante la chatte
Galante avance une patte

Non non non et non
Nom d’une guenon
Dès le début reprenons

D’humeur nonchalante
La chatte galante
Ah déjà quel est son nom

Ah que sa démarche est lente
Elle se rend aux clameurs
De ses mille admirateurs

Car mille
Émile

Matous mateurs
L’ont dans le collimateur

Ces mille félins renifleurs
Venus lui offrir quelques fleurs

Et dont l’espérance exaspérante
Émile est miaulante.

.

24 janvier 2010

Portrait de Benjamin Franklin

(poème farceur)

Après avoir failli rester maître-nageur
Dans le Vieux Monde en Angleterre
Il retourna chez lui et se fit imprimeur

Mais il restera dans nos cœurs
Comme inoubliable inventeur
Du paratonnerre

Il voulut c’est à son honneur
De la dinde faire
La préférant à l’aigle aux menaçantes serres


L’emblème des Etats-Unis
Considérez mes chers amis
Quelle vertu républicaine était la sienne

C’est à l’unanimité
Qu’il insista pour voter
La Constitution états-unienne

Est-ce que cela n’est pas beau l-
Alalère À la tienne Etienne
Fais gaffe à casser pas le bol.

.

12 janvier 2010

In memoriam


À Judith


Jour de Noël trois chevaux
Sont sortis de leur enclos

Ont porté leur trot tranquille
Jusques au coeur de la ville

Maréchaussée qui les stoppas
Tu les fis retourner au pas

Mais devant la cathédrale
Ils ont piaffé sur les dalles

Je lis un livre d’Humaro
Un corbeau noir frappe au carreau

Jamais plus dit-il et s’envole
Dois-je le croire sur parole

Faut-il croire un oiseau noir
Et son cri de désespoir

Hélas son dire est véritable
Et le lecteur inconsolable

De la mort de Louis Gruel
Ô destin parfois cruel.

07 janvier 2010

Très riches heures bovines

(à Meuh Meuh Bouton d’Or, la vvvvache !)

Avec application je broute
Entre les rails et la grand-route

Le Paris-Toulouse a pris son élan
Je vois Marie-Louise avec son galant

Il est cocu le chef de gare
Et bien cocu mais je m’égare

Mon veau devenant bouvillon
Qui se prend pour François Villon

Je m’en vais le mettre en apprentissage
Chez m’sieur Griffollet le rimailleur sage

Heureux moments à ruminer
Le soir s’en vient c’est terminé

N’entendez-vous pas l’âne Melchior braire
Le temps est venu que l’on va me traire.

05 janvier 2010

Une Saint-Sylvestre.

C’est une vieille accroupie
Qui sous elle a fait pipi
En cage un oiseau pépie
Mais le chat s’est assoupi

Ne répondent quant on frappe
Ni la femme ni l’oiseau
Ni le chat qui fait dodo
Il faut passer par la trappe

A quoi servirait de nier
La vérité toute nue
Le vieux à tête chenue
S’est pendu dans le grenier

Hospitalisons la vieille
Le vieux on l’enterrera
Au verger sous les groseilles
Le chat se débrouillera

Il faudra placer peut-être
À la porte un cadenas
Tu fermeras les fenêtres
À l’oiseau tu ouvriras

Puis il convient que je passe
Au bureau pour rédiger
L’inévitable obligé
Monument de paperasse

C’est ce qui nous pend au nez
Avant de réveillonner
Pour fêter l’heureuse année
Laissant l’autre abandonnée.


.

28 décembre 2009

Visite médicale

La chatte a voulu
Dès potron-minette
Manger ses croquettes

D’un pas résolu
Nous prîmes la route

Car il faut se lever tôt
Pour aller chez le veto
Cela ne fait aucun doute

Il a regardé
Les quatre canines
Et les coussinets
Elle a bonne mine

Ne la nourrissez pas trop
Je la vaccine et au trot

Le vaccin assomme
C’est l’heure à présent
De son petit somme
Mais elle a le poil luisant.

.

19 décembre 2009

Automédication

J’aurai meilleure mine
Avec la vitamine
C
Sans su-
Cre à su-
Cer
Pour l’éradication
Du rhume
L’automédication
J’assume.

.

18 décembre 2009

Espoirs déçus.

Gambadez sur les chemins
Tracés en Carte du Tendre
Ou livrez-vous pieds et mains
Liés aux pièges qu’aiment tendre
Les rase gratis demain
Au pire il faut vous attendre

Oyez oyez les tambours
Croquez croquez petits beurres
Je répèterai toujours
Jusques à ma dernière heure
La politique et l’amour
Sont les deux pays du leurre.

.

15 décembre 2009

Photo officielle

C’est une île dans le noroît
Sise sur le cercle polaire
Une visite circulaire
Montre geysers chauds et monts froids

Las le pays est en émoi
Et la vindicte populaire
S’en est prise aux patibulaires
Crise et krach et grand désarroi

Tenons-nous loin de la falaise
Laissons la clé du champ de tir
Première ministre islandaise

Johanna Sigurdardottir
Vous pouvez vous mettre à votre aise
Le petit oiseau va sortir.

.

01 décembre 2009

Comme d’autres…

Comme d’autres le goujon
Je veux taquiner la muse
Peintre fais ton badigeon
Entends-tu la cornemuse
Maintes fois nous y songeons
L’histoire est un peu confuse
Avec envol de pigeons

Notre fier seigneur s’amuse
Vous enfermerez l’intruse
Qui se cachait dans les joncs
La tiendrez en le donjon
Elle y restera recluse
La folle enfant se refuse
Nous son seigneur nous rageons

Notre fier seigneur s’abuse
Et nous nous interrogeons
L’histoire est un peu confuse
Le peintre à la fin par ruse
Au loin l’enlève abrégeons
Point ne nous en affligeons
Alors l’hilarité fuse

Notre fier seigneur s’accuse
À notre Salut songeons
La mort à face camuse
Nous invite au grand plongeon
Maintes fois nous y songeons
Entends-tu la cornemuse
Avec envol de pigeons

En cachette le singeons
Alors l’hilarité fuse
Enfermés dans la cambuse
Avec des œufs d’esturgeon
Entends-tu la cornemuse
Qu’advient-il nous les mangeons
Comme d‘autres le goujon.

.

27 novembre 2009

Les poètes ont soif.

Plus soiffard que moi tu meurs
Sur la boisson faisons main basse

Il fallait que je m’hydratasse
Tous les milieux intérieurs

Ce tantôt j’ai mis des fleurs
Infuser là dedans ma tasse

Hélas j’ai vu leurs couleurs
A la fin devenir fadasses

De l’eau chaude a chu malheur
En éclaboussant mes godasses

Les infusions c’est assez vain
Nous allons nous mettre au bon vin.

.

22 novembre 2009

Tour de France.

Assis au bord de la route
J’entreprends casser la croûte
Près de moi vient un putois

Il demande en son patois
Qui devrait gagner l’étape
À dire vrai je m’en tape

Je n’ai pas d’avis tranché
C’est pour paraître branché
Dit-il que j’ai fait semblant de

Formuler cette demande
Et drapé dans son odeur
Il applaudit les coureurs.

15 novembre 2009

Désorienté

J’ai visité les Pays Bas que
J’avais pris pour le Pays basque
Tenant une carte à l’envers
J’ai confondu cols et polders

Distinguons le Péloponnèse
De la Scanie que tu es niaise

L’on se fourvoie sur les chemins
D’Europe et craignons que demain
Voulant aller aux pays Baltes
La rime nous conduise à Malte

Qu’on aille à l’ouest qu’on aille l’est
À chaque bout l’on trouve Brest

Trop souvent l’erreur d’aiguillage
Guette en effet le voyageur
Qui n’est pas tout à son voyage
Et se voit dérouté rageur

Nous ne confondons pas la Crète
Avec Oslo que tu es bête

Il faut pour paraître branché
Garder un petit air penché
Sur la petite mappemonde
Hélas comme il est grand le monde

Croyant aller vers le soleil
Je demeuré surpris quand au Cercle polaire
Mon excellent cadran solaire
Ne sut pas m’indiquer le moment du réveil.

.

13 novembre 2009

Vendredi treize.

Ô vieillesse ennemie
(Corneille)


Les problèmes domestiques
Familiaux informatiques
En quantité
Et de santé
Vont-ils se résoudre avant l’été

Contre ton âme obstinée
Ci le veut la destinée
Tu resteras
Dans l’embarras
Ce jusques au jour que tu mourras.

.

11 novembre 2009

Chuintement.

(chuinté)

Je chuchais j'un chucre d’orge
Pour choigner mon mal de gorge

Le pharmachien m’a prédit
Qu’il cherait bientôt fini

Le mal de gorge lui fis-je
Non dit-il la friandije

Chaque jour un peu pas trop
Abchorbez de che chirop

J’en ai bu plus d’une pinte
Et ne touche plus depuis
J’ai juchte un petit ennui
Lorchque je parle je chuinte.

05 novembre 2009

L'aventurier.

Quand amour rime avec toujours
C’est beau la vie c’est beau l’amour
Le rimeur sans se lasser trime
La rime vient c’est pour la frime


Mais pour la belle que j’aimais
Amour rimait avec jamais
Et mon cœur cognait cognait mais
De la galère où je ramais

Le rimeur en cherchant sa rime
Croit l’avoir trouvée dans le crime

Un cruel et que sais-je encor
Pirate a mis là son trésor
Perles bijoux et pièces d’or
Ou bien des éclats de vaisselle

Je voyais un vol des vautours
Près des murs de la citadelle

Dans les bois allant faire un tour
Un marcassin trouve une truffe

Et la rapporte à sa maman
Pour fêter la fête des mères
Tant pis si la truffe est amère
La laie l’avale goulûment

Je suis d’accord avec Tartuffe
Pour prôner le plaisir sans peur
L’amour sans scandale ô ma soeur

J’avais cuisiné des paupiettes
Préparé des pommes vapeur
Mais la chatte a cassé l’assiette

Amie apaise ta fureur
Si la chatte était dans l’erreur
En mettant ta vaisselle en miettes

Bris d’assiette est porte-bonheur.

.

04 octobre 2009

Retour de la ville

(neuf pieds)

As-tu pris du bon temps Alizée
À la ville où tu fis ce séjour
Oui-da je me suis bien amusée
À présent me voici de retour

N’es-tu pas allée voir au musée
Dont on dit qu’il valait le détour
Des tas de vieilles choses usées
Ou bien as-tu flâné alentour

Certain cadre âgé quadragénaire
A prétendu me draguer dehors
Puis un quincailler quinquagénaire
Voulut m’intégrer dans son décor

Vieux garçon Otto l’octogénaire
M’a dit viens je te couvrirai d’or
Puis le sexshoppier sexagénaire
S’est vanté de sa vigueur encor

Toi que je connais bien avisée
Qu’as-tu répondu à ces croûtons

Au quadra j’ai dit tout dégénère
Je veux bien te montrer mes tétons
Tu vois je ne suis pas trop farouche
Va pour quelques billets mais pas touche
Garde-toi d’approcher à tâtons

Au quinqua j’ai dit le tégénaire
Capturée la mouche est fort glouton
Je m’en méfie le trouvant très louche
Et reste hors de portée de sa bouche
Ne me regarde pas sur ce ton

Otto l’octo m’a fort médusée
Sa braguette était fleurdelysée
Et feignant d’être scandalisée
Je suis partie comme une fusée
À son nez à sa barbe au menton

Mais dans le sexshop j’ai fait l’emplette
D’un intéressant godemiché
Je l’ai pour ainsi dire arraché
Des mains de son vendeur obsolète
J’ai l’objet dans mon sac bien caché
Et veux m’en servir avec Rirette.

.

26 août 2009

Alizée voyage

Le car va-t-il nous mettre à temps
À la gare de Carentan
Pour le train de sept heu dix-huit Tre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Un petit chien sort du panier
La tête et l’on ne peut pas nier
Qu’il est doué pour faire le pitre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Tel voyageur pressé descend
Une grosse dame en montant
Gronde un enfant qui récalcitre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Tu vas voir ton pé tout à l’heu
Y a de la presse et des odeu
On serait mieux en wagon-lit Tre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Un lecteur lit indifférent
À tout un livre fort prenant
Dont je n’aperçois pas le titre
Treu tre treu tre vibre la vitre

Dans les champs les boeufs vont broutant
Alizée bâille en s'étirant
Alizée rêve à Pointe-à-Pitre
Treu tre treu tre vibre la vitre.

.

16 août 2009

L’impromptu de Mediapart

Potassant Saint Thomas d’Aquin
Au paradis des anges lurent
Qu’un grand plumard à baldaquin
Qui craignait fort les engelures
Crut bon de s’attacher les soins
D’une avenante bassinoire
On la voit là-bas si noire
On la voit si noire au loin
Et Melchior broute son foin
Tranquille au bord de la Loire.

.

05 août 2009

Liberté d’expression

Bientôt petit rappeur merdeux
Tu sauras le sort d’Edouard deux

Vois cette corne creuse
Quand tu la sentiras
Ajustée à ton ras
Du cul d’abord tu riras
Sans du tout te douter que la suite est fâcheuse

La corne creuse au cul chatouille et c’est plaisant
Le fer rougi au feu te sera fort cuisant

Le pal a-t-on dit commence
Bien mais il tourne en souffrance
Immense
Intense

C’est du dedans que sans retard
On va te transpercer la panse
Te cramer le lard


Embroché de part en part
Tu pourras hurler lascar
La mort donnera je pense
À ton gré la délivrance
Avec beaucoup de retard
Tu n’en auras pas conscience

C’est du sadisme pur dis-tu non c’est de l’art
Et l’art mon pauvre vieux n’est jamais en vacances.

27 juillet 2009

Entraînements

Une grenouille attifée d’un tutu
Fait de son mieux des entrechats pointus
Probable effet d’une métempsycose

Téméraire un moucheron se propose
De voltiger auprès dessous dessus
L’insecte veut mais c’est Dieu qui dispose

Ou bien alors disons c’est la Natu-
Re ainsi nommée en désespoir de cause

Un coup de langue et la mouche a vécu
Pas plus longtemps que ne vivent les roses
Voyez un peu à quoi tiennent les choses

L’animal buveur d’eau ne craint pas la cirrhose
Ci veulent rime et ligue de vertu

Hélas pour le batracien sa dompteuse
Brandit le fouet en menaçant son cul
Elle dit à la grenouille danseuse
Paresseuse oh bientôt sauteras-tu

Sauteras-tu bientôt ô paresseuse
Si tu ne bouges pas ton show fera un flop

Et hop et hop et hop et hop
En quatre bonds elle est au top.

.

30 juin 2009

Complainte de la Présidente

Mon doux seigneur n’est-ce pas mal
D’accorder un paquet fiscal

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche

Mon doux seigneur il est honteux
De bloquer la retraite aux vieux

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche


Ô mon doux seigneur ça fait chier
Persécuter les sans-papiers

Carla ma biche
Ce qu’on s’en fiche


Mon doux seigneur faut arrêter
D’affaiblir l’université

Carla ma biche
Ce qu’on s’en fiche


Mon doux seigneur ce n’est pas bien
Traiter les ploucs en galériens

Ce qu’on s’en fiche
Carla ma biche

Pensez un peu mon doux seigneur
À vous occuper des chômeurs

Enfin Carla Carla ma biche
Je m’en fiche et m’en contrefiche


Mon doux seigneur faut je ne mens
Ménager l’environnement

Mais que veux-tu Carla ma biche
Ma politique est pour les riches.

De ce que tu me dis-là ma mie
Je me soucie
Ma foi
Autant que d’un pois
Chiche.

23 juin 2009

Remontrances des sept nains.

On t’avait pourtant raisonnée
Occupez-vous de vos oignons
Nous as-tu dit d’un air grognon
Ainsi se fait la destinée


La pomme qui te fut donnée
Non fallait pas c’est trop mignon
Tu l’as mangée jusqu’au trognon
Or elle était empoisonnée


Il faut se rendre à la raison
Couvrons nous les barbes de cendres
Mais nous voyons à l’horizon


Venir un prince il va descendre
De cheval et sans plus attendre
T’administrer contrepoison.

.

07 juin 2009

Point cardinaux

Midi je le vois à ma porte
A l’Est le soleil se levant
Nous dit le Nord en quelque sorte
A droite et l’Ouest est droit devant

Moi c’est le noroît qui m’importe
Le noroît d’où souffle le vent
Lorsque je lis Janet la Torte
Ou Le cri de l’engoulevent.

28 mai 2009

Vocation brisée.

Un serpent boa constrictor
L’on néglige un peu trop ces bestiaux l’on a tort
Pour la sotte raison qu’ils n’ont point de sonnettes
Non plus que paire de lunettes

Affirmait que dès demain
Il signerait des deux mains
Pour porter les épaulettes
Son engagement
Dans un régiment

Pékin vous ne sauriez faire
De façon réglementaire
Aucun salut militaire
Dit l’adjudant-recruteur

Il enfonça le clou ne sachant pas se taire
Et portant le regard ailleurs
Il ajouta ce commentaire
Ni tenir à deux mains le fusil-mitrailleur

Ni marcher au pas je suppose
Il faut considérer la chose
Adieu car civil vous devez rester
Et tâchez au moins de bien vous porter

Notre serpent fort dépité
Voulut saisir son député
Hélas ne sachant point tenir la pointe bique
Le malheureux serpent devint mélancolique

Dès lors dans les bars il s’applique
Il a pris le pli d’y traîner
A vider tonneaux et barriques
De Bordeaux et de Cabernet

C’est ici qu’il faut que je clique
Pour envoyer sur Internet
Ce récit rimé magnifique
Puissamment écrit clair et net.
.

22 mai 2009

Évocation d’un fâcheux.

(pour Melchior, qui ne sait pas sur Mediapart trousser tout seul les épigrammes)

Commencez-vous les gens à entrevoir
La profondeur du précipice
Ce bonhomme habillé de noir
N'est point figure en pain d'épice

Nonante-neuf pour cent sucés ce soir
Le restant au frigo il glisse
Les fourmis pour le tamanoir
Sont un régal un vrai délice

Notre ogre s’en vient dessus le trottoir
Trier son monceau d’immondices
Il le racle avec un racloir
Horriblement le racloir crisse

Il aimerait à grands coups de boutoir
Nous précipiter à l’hospice
Melchior décrète en son broutoir
Il faut que le mérinos pisse.

.

16 mai 2009

Paléontologie polissonne

Au seuil de la caverne
On doit s’agenouiller
Ainsi mieux on discerne
Le sec et le mouillé
Sous l’effet du désir notre chair est ductile
Je sens dit le ptérodactyle
Agréablement chatouillés
Mes tissus érectiles.
.

13 mai 2009

Fin des soucis énergétiques.

Voici des vers de circonstance
Pour célébrer une naissance

Qui saurait inventer
Le moyen de capter
Des hurlements d’enfants la terrible énergie
Source qui n’est jamais tarie
Nous mettrait à l’abri de toute pénurie

Et serait à coup sûr fêté
Bienfaiteur de l’humanité

Fomentez en douce
Un concert de bébés braillards
Du coup l’économie repart

Lorsque l’enfant pousse
Un cri de famine
Le cercle de famille abasourdi
Fait le mort à l’abri
De ses amples tartines
Et voudrait qu’il mette en sourdine

Moi-même le souhaite alors que je l’écris.

16 avril 2009

Songe de vieux.

Assis le vieillard boude en son bout de cuisine
Grand-mère encore un coup vient de lui reprocher
De s’être délesté - la tête elle a hoché -
Jadis de ses trois sous pour une gourgandine

Il est las à la fin de la guerre intestine
Il se prend à songer à corde et à crochet
Ou le temps qu’il faudra ses deux poignets tranchés
Il les pourrait laisser saigner en la bassine

Se jeter sous un train semble assez radical
Ou noyer d’un seul coup l’insupportable plainte
Qui monte de son cœur brisé de vieux chacal

Le lendemain matin l’on trouverait sans mal
- Il y songe en fumant sa pipe presque éteinte -
Son déambulateur laissé près du canal.

.

13 avril 2009

Trop pressés d’en finir

Lorsque le temps sera passé
Faudra songer à trépasser

À la fin de la fête ils burent
Un dé à coudre de cyanure

Ils ne virent donc pas la suite et c’est tant mieux
Un serviteur passa pour leur fermer les yeux

La fin du monde étant remise
Pour quelque motif à plus tard

Dieu la rangea dans un placard
Pour nous la resservir en pochette surprise.

02 avril 2009

Soir d’avril

Ému d’apercevoir en un ciel bleu foncé
Le croissant de lune engoncé
Dans un nuage au contour digne
Et Vénus non loin qui fait signe
Étoile du Berger à la brillance insigne

Et l’on sait
Sans les voir d’ici que les cygnes
Sur notre petit lac ont un air balancé
Le chat s’en est allé chasser
Dans la vigne

À fermer les volets il faut qu’on se résigne
Les devoirs du soir nous sont tout tracés
Le repos agité que la nuit nous assigne
Et dès demain matin tout à recommencer.
.

13 mars 2009

La couleuvre à la jambe de bois

.

Il vous est raconté par votre gentil chat
Qu’une verte couleuvre un beau jour s’enticha
D’une jambe de bois trouvée
Sur un chemin de la vallée
Un unijambiste ivre un jour dans le ravin
Avait dû l’y avoir laissée
Alors qu’il y cuvait son vin
Tout autour elle s’enroula
Puis à cloche pied retourna
Jusques en son logis pressée
Mais ne put par malheur s’en trouver délacée
Un jeune médecin vint à passer par là
Lors il en fit son caducée

Me direz-vous Carla
Si ma ballade est assez bien troussée
Pour mériter que me coopte l’A-
Cadémie quai Conti sans être embarrassée ?

Madame et chère Consoeur,
Une fois encore je viens supplier votre altesse de faire le nécessaire pour que je sois enfin élu à l’Académie dont votre époux est le Protecteur éclairé et bienveillant.
Et fuis, de votre alteffe, le très-humble et très-obéiffant ferviteur et fujet,

Griffollet, chat de lettres.

07 février 2009

L’invitation au restaurant



(épopée moderne)


La belle a commandé sa chicorée frisée
Pourrais-je avoir encor dit-elle une bolée
De cidre avec mon omelette aux champignons
Son accompagnateur écarte après l’entrée
La potée auvergnate et le bœuf bourguignon

L’homme était fatigué d’une rude journée
Et perdant l’appétit cala sur ses rognons
Pour lire l’heure alors il sortit son oignon
Ne voyant pas bien clair il chaussa son lorgnon
Lequel mal ajusté tomba dans la purée

Après tous ces tracas il se montra grognon
Prit le chef à partie réclama du quignon
Le pain n’est pas encor sorti de la fournée
Un léger embarras s’installe en la durée
Bientôt il s’écria patron c’est ma tournée
Mettez-nous un rosé d’une bonne cuvée
Pour arroser le Roquefort ou le Soignon

Peut-être qu’à défaut d’une crème brûlée
Nous prendrons en dessert des noix et des brugnons
Une tarte tatin la chose est décidée

Allant faire pipi l’horrible maquignon
La laisse seule et c’est chose malavisée
Qu’il ne faut pratiquer sans craindre le guignon
Se baissant pour saisir sa serviette tombée
Sur le bout de sa table accrochant son chignon
Qui se défait la voilà toute échevelée
Qui drague son voisin le pire nous craignons

(Le maître étant absent ce lui fut chose aisée
Ce vers est emprunté mon joyeux compagnon
Merci à la belette et au lapin mignon
Criez donc au plagiat nous nous y résignons)

Il lui servit encor maintes billevesées
À les décortiquer ici nous répugnons
C’est un grand malotru je lui foutrais des gnons

À la table à côté l’on boit du Sauvignon
Buvons un verre au fils d’Elisabeth Gagnon
Ce sont des Stendhaliens qui font une virée
Ben moi les intellos je leur pisse à la raie

À peine a-t-il fini son bout de logorrhée
Que la belle lui dit retourne à Cro-Magnon
Et quittant cet endroit sans s’être retournée
Au-dehors prend le bras du nouveau compagnon

Pour notre malappris la chose est mal barrée
Il s’exclame en lisant l’addition préparée
Je me suis fait avoir alors jusqu’au trognon.

.

26 janvier 2009

Rêve bas-normand.

Sachez-le désir d’aventure
Travaille au corps la créature

Pour développer sa bouture
Au géranium il faut son content de crottin

Vous ânes ramasseurs de lait du Cotentin
Ne vous aventurez trop loin du picotin

Et restez garés des voitures
Quand le vent de noroît souffle dès le matin.

10 janvier 2009

Vocations de Benoa


(épigramme)


Il fut d’abord gigolo
C’était un job rigolo
Puis devint garde-barrière
Et fit dans ce métier honorable carrière
Hélas tout ici-bas fini mondialisé
Quand les à-niveau passages
Furent délocalisés
Il se fit faire pape et en cela fut sage.
Au Saint-Siège il est enfin
Jamais à court bon vin.

04 janvier 2009

L’étudiante allemande et l’Auvergnat

(exercice de style, pour commencer l‘année en douceur)

Et tant et tant grandit le veau
Qu’à la parfin s’en devient vache

C’était un veau brave et nouveau
Maintenant il a l’air bravache

Et dans sa blouse de sarrau
L’éleveur ses cheveux s’arrache

Il faut une mise à niveau
Pour parer la zizanie vache

Une Allemande à son carreau
Dans le chardin près du carache

S’apprête à passer des oraux
Le soleil luit après l’orache

Ach dit-t-elle à boire sirop
Trop fort on est dans le cirache

Pour aller garnir un caveau
Cocher du corbillard cravache

Dans le ciel bleu les oiseaux vo-
Lant volent grues et oies sauvaches

Les bœufs s’en vont au labour oh
Le laboureur boit sa bourrache

Chans du tout crier au complot
Que chacun demeure à cha plache

Le géranium chur chon terreau
Et l’Auvergnat chur cha terrache.

27 décembre 2008

Se décrocher la mâchoire.

.

( vers ennéasyllabiques)

Lorsque par malheur ma mandibule
Hors de propos se démantibule
C’est alors que l’on m'entend crier
Fort depuis le vaste vestibule
Un pape ne pourrait pas prier
Il en sursauterait dans ses mules
Et dedans son antique encrier
L’encre bleue bénite aurait des bulles
.
Dans cet univers mandibulaire
On trouve encor de grosses molaires
Aux emplacements alvéolaires
La langue y va perpendiculaire
Puis revient vers les lèvres souvent
Afin de savoir d'où vient le vent
.
Aérons notre vocabulaire
Juste sous les coins auriculaires
On a des machins articulaires
Qui font très mal en se décrochant
Mais il faut savoir ouvrir très grand
Là je ne vous dis pas la galère
Chez le dentiste patibulaire

Oui chez le dentiste ou pour le chant
Lorsque l’on fait la la la la lère
Depuis le matin jusqu’au couchant
Et que la voisine atrabilaire
Plisse ses gros yeux d’un air méchant.

18 décembre 2008

Afrique.

Des zèbres vont en galopant éperdument
Assise à table on voit songer une jument

À l’écart un dromadaire
Feuillette un abécédaire

Des fauves sont là pour vous effrayer
N’en ayez pas peur ils sont empaillés

Soudain surgit une éléphante
Que son acidité(*) augmente

Qui s’invite en ces lieux et réclame à grands cris
Un grand bol s’il vous plait de thé vert à la menthe

Je compose mes vers et qu’il pleuve ou qu’il vente
Veuillez dit la jument vous taire quand j’écris

Un air d’harmonica s’élève sous la tente

Et j’intercède ici pour Melchior l’âne gris
Sevré de chocolat qui si fort se lamente.

(*) acidité: pé-hach

02 décembre 2008

Romans.

D’Alexandre Dumas le brave Edmond Dantès que
L’on sépara de Dolorès vingt ans plus tôt
Revient soudain sous le nom de Monte-Christo
Et mange alors le plat de vengeance enfin presque

Qu’a-t-il donc entrepris La tâche est gigantesque
Le récit de sa vie suscite bien des oh
Et des ah Et l’auteur empile ce qu’il faut
De rebondissements abracadabrantesques

Qu’on aime à rester là bien calé sur son lit
A feuilleter ravi ces livres d’aventures
Les vertèbres du cou arc-boutées au châlit

Par la fenêtre ouverte on voit dans la verdure
Un oiseau qui voudrait savoir ce que l’on lit
Sa curiosité se perd en conjectures.
.

27 novembre 2008

Retraverser la Manche.

N’oubliez le violoncelle
Mis dans son étui la belle

Au diable vauvert si nous y partions
Que resterait-il de vos partitions

Le fils du roi a fait naufrage
L’héritier de Henry Beauclerc

Ce sont des récits d’un autre âge
Terrible alors était la mer

Adieu brouillards adieu Bonjour moutons d’écume
Allons nous remembrer les bonheurs que nous eûmes

Lorsque d’où nous venons nous lisions Stevenson
Mais j’entends par là-bas un grand coup de klaxon


Qu’avez-vous donc ministre à pâlir de la sorte
Le diable s’en est venu
Posséder Janet la torte
Je tremble car le cornu
Est là qui gratte à la porte
Il fait mouvoir son corps cependant qu’elle est morte

Amateurs de L’île au trésor
Il est temps de monter à bord

Nous te recruterons ânesse bénévole
Pour nous accompagner en terre cévenole

Adieu les ponts-levis adieu les arcs-boutants
On est conscient de l’importance
De se maintenir bien portant

Quand le ferry-boat en partance
À travers la mer pour la France
Referme enfin sa porte ouverte à deux battants.

.

20 novembre 2008

Obama et le Congrès de Reims

(à Melchior)

Pendant ce temps qu’aux champs les poules
Vont picorer en conversant
Et que les pigeons pigeonnants
Roucoulent

L’âne métis qui paît en la contrée où coule
Le Mississipi dit aussi Meshacébé
Est vainqueur et voyez l’éléphant tituber

Sera-ce à Reims la même chose
Verrons-nous refleurir la rose

Hélas où le congrès déroule
Sa litanie d’intervenants
L’on voit la bouse d’éléphant
S'épandre encore en grosses boules
Et le coeur de Melchior se fend.
.

19 novembre 2008

François Caradec (1924-2008)

François Caradec est décédé le 13 novembre.
.
Spécialiste d'Alphonse Allais, Régent du Collège de Pataphysique et membre éminent (mais ils le sont tous) de l'OULIPO, il était aussi l'auteur de Le Pétomane au Moulin-Rouge.
.
J'avais cité, le 2 septembre, sa "Poésie dans le métro".

02 novembre 2008

Travail sur soi.

Belle chenille
Qui rampez sur ce bois
Vous serez gentille
De respecter la nature et ses lois

La chrysalide
Sous son cocon soyeux
Disparaît languide
Et se rêve en papillon merveilleux

Lépidoptère
Vous l’insecte accompli
Voici le mystère
Bientôt la fin ça ne fait pas un pli.

.

26 octobre 2008

Temps de saison.

Le soir vient de plus en plus tôt
Quand on est rendu fin octo-
Bre,

Le poète au portemanteau
Va décrocher son paletot
Bre !

Lors alléché par le vin chaud
Il a du mal à rester so-
Bre.

24 octobre 2008

Tragi-comédie dans l'onde amère.

(scène de la vie animale)

Les sardines
Vont par banc
Gare à la sardine un jour mise au ban

Quand le requin voit le banc de sardines
Il radine
Se pourléchant les babines
- Chic on dîne

Après son repas il s’en va content
Repu comme un président
Mâchonnant son cure-dents
Frottant son bedon sous sa gabardine

La sardine
Mise au ban
Hors du banc
S’en va saine et sauve en se félicitant

Nous la retrouvons bientôt sirotant
Cette gredine
En guise de remontant
Son content
De grenadine.

23 octobre 2008

Melchior a mal aux dents

(scènes de la vie animale)

Kiss kiss kiss
Dit le dis-
Cordianis-
Te dissident
Par les sourcils froncés de la déesse Eris
J’ai dé-
Cidé-
Ment mal aux dents
Il faut aller chez le dentis-
Te et patienter en attendant.

.

15 octobre 2008

Infortune comtale.

Notre comtesse n’est plus là
Croyez-vous chauffeur Anatole

Monsieur le comte a l’air bien las
Dans le château chacun s’affole

Elle a quitté leur lit lon la
Et veut choisir qui la cajole

Elle a laissé son chocolat
Et suivi l’autre en sa bagnole

Honni soit-il l’indigne rat
Que le diable le patafiole

Par dieu je jure qu’il paiera
D’avoir pris ma jolie comtesse

Par mes aïeux sur le mur là
Je l’expédierai ad patresse

Dût être longue pour cela
La pénitence après confesse

Allons chauffeur prenez vitesse
Récompense à qui trouvera

La fugueuse et le vil verrat
Quand je les tiens gare à leurs fesses

Il faut rouler à fond la caisse
Mettre les gaz et cetera

Sur la route on hésitera
Les amants sont loin L’on cafouille

Ils n’ont pas laissé de bafouille
Pour dire où l’amour mènera

Avant de partir en vadrouille
La comtesse et son scélérat

Alors l’on s’en retournera
Au château penaud et bredouille

Le soir le comte pleurera
Près de son fossé aux grenouilles

Et puis il se consolera
En mangeant tout seul de l’ andouille.

05 octobre 2008

L’hommage des héritiers.

(à Pépé)

Des gémissements sourds passent par les boyaux
Notre oncle est très malade et repose en sa couche
La plainte du mourant ne sort pas par la bouche
Sur la table de nuit gît un plat de fayots



Le chien pète à la mort et l’enfant au maillot
Pète aussi Héritiers la chose encor nous touche
Et voici Pétula notre Sainte -Nitouche
Ouvrant des robinets de l’air dans les tuyaux


Le grand froid de la mort convulse le malade
Qui par le trou culier rend son dernier soupir
D’odoriférants pets d’éléphants en balade



Font rouler leurs tambours quand bloquant sa respir-
Ation chacun se lâche aussi la pétarade
Incommode la chatte et la fait déguerpir.


.

28 septembre 2008

Palimpseste (III): motus

(sonnet octos.)
… vivent toujours cachées, sous les autres légendes du palimpseste.

Baudelaire
Visions d’Oxford


Après huit cents ans l’on s’avise
Qu’un texte en-dessous est resté
Sans doute il présente intérêt
Il faut à la fin qu’on le lise

Avec la précaution requise
Car il est rempli de secrets
Importants pour l’humanité
Approchez que je vous les dise

- Ô vous poétard de mes fesses
Retournez vite à vos paresses
Ou nous vous mettrons dans les fers

Il n’est pas dit que l’on vous laisse
Ici dévoiler dans vos vers
Aucun secret de l’univers.

.

27 septembre 2008

Palimpseste (II): cor

( Sonnet, décas.)

Le palimpseste de la mémoire est indestructible.
Baudelaire
Visions d’Oxford

Au sein du couvent un moine a besoin
Au bout de trois cents et quelques années
De se procurer une peau tannée
Il prend le vélin qu’il trouve en un coin

Pour y retranscrire en prenant grand soin
Un salmigondis de billevesées
Sans vergogne écrit sur la peau grattée
Galimatias bête à manger du foin

Fille du seigneur savante et bossue
Vient contempler le prétendu trésor
Hausse son épaule et s’en va déçue

Et puis nous allons célébrer encor
À passer le temps chacun s’évertue
Cinq cents Saint Hubert en sonnant du cor.

.

26 septembre 2008

Palimpseste (I): peaux

(7/10)

Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur.

Baudelaire
Visions d’Oxford


La bergère ses moutons
Avec des ciseaux le tondeur les tond

Et quand l’heure en est venue
Avec son couteau le boucher les tue

Oui les bêtes des troupeaux
Un valet s’en vient confisquer leurs peaux

Le manant qui les prépare
Les livre au marchand qui les accapare

Et puis séchage et tanin
Au bout d’un moment c’est du parchemin

Les peaux vont au monastère
Et pourront servir à travaux austères

S’avançant à pas menus
Vient depuis l’Afrique un vieillard chenu

Des secrets d’ancienne Egypte
Avant de trouver sa tombe en la crypte

Il décharge son esprit
Peinant et tremblant sur un manuscrit

Laissé sur une étagère
Plus de trois cents ans si je n’exagère.

.

22 septembre 2008

La leçon de piano de Griffollette


à la demande de nombreux admirateurs, une photo de Griffollette, chatte mélomane et même un peu musicienne.

18 septembre 2008

Garde rapprochée

Un sapajou chevauche un bœuf revêche et chauve
Un chat-huant va lâcher l’échine du chameau
Non il s’agrippe encore hésite entre deux maux
Le ruminant blatère et le chat-huant se sauve

La folle du logis dont les bajoues sont mauves
D’avoir trop bu d’alcools avec un chalumeau
Craint des paparazzi l’abondance de mots
Malvenus et pervers sur ses secrets d’alcôve

Il faut lui procurer comme gardes du corps
Des animaux pour qui y a pas pitié qui tienne
Des chacals malveillants une harde de hyènes

Des taureaux furieux des putois sentant fort
Hélas c’est la rançon d’un défaut dans l’hygiène
Des serpents venimeux et des alligators.


.

16 septembre 2008

A la cour impériale.

Que l’on serve ses croquettes
Au minet
Raffiné
Avec un bol d’eau clairette

Écoutons la symphonie
Et au trot
Maestro
Faites sonner l’harmonie

Et les conseillers auliques
Font la cour
(Sont là pour)
À l’animal domestique

On sent comme un agréable
Courant d’air
Le concert
N’en sera que plus aimable

Aux pieds de l’impératrice
C’est le vent
Fort souvent
Qui fait vibrer les vibrisses.

.

11 septembre 2008

Monoclard pétomane

Mon oncle était atteint
De mononucléose
Et monocle portait
Avec ostentation

Il se levait matin
Et jetait sur les choses
L’Œil du sage tenté
Qui fuit la tentation

Quand mon oncle pétait
En mangeant sa pétoncle
Ou sa part de tarte tatin

En chœur on lui disait
Faut pas péter mon oncle
Ou alors Bis ! terme latin

Et lui sur ses doigts comptant
Mieux qu’oncques ne fit serpent
Et pas très souvent se
Trompant
Vous le devinez je pense

Disait mieux vaut être un abruti
Porté sur la flatulence
Nul ne pourra c’est pas votre avis ?
Me taxer d’incompétence.



.

05 septembre 2008

Le hêtre et le lavoir

Près du lavoir municipal
Où vont laver les lavandières
On a vu Lecter (Hannibal)
S’abîmer dans une prière

Lasses de manier le battoir
Plus tard en étendant le linge
Les lavandières l’ont cru voir
S’éclipser malin comme un singe

Un corps est la proie des corbeaux
Sous le hêtre creux près l’église
Le corps d’un jouvenceau fort beau
Coeur arraché sous la chemise.

.

02 septembre 2008

Coup de patte griffue

(aux sniffeurs de sauge)

Lorsque j’entends le mot culture
Je me saisis à ma ceinture
De mes pistolets à peinture

Et je projette sur le mur
Sans plus attendre le futur
Avec vigueur et d’un bras sûr

En respectant la courbe en cloche(*)
Un inénarrable arc-en-ciel
Ne croyez pas que c’est fastoche
Au jugé sans didacticiel

Le diable en fait une colique
Le diable en est fort mécontent
J’ai recouvert la diabolique
Silhouette qui a fait son temps

Le résultat est magnifique
Certains diront que c’est tout miel
Que c’est chef-d’œuvre d’art graphique
Et d’autres cracheront leur fiel

Vous pensez bien je n’en ai cure
Mais les blogueurs caractériels
Seront privés de confitures
Par décret griffolletstériel.



(*) Je sais, Tirui va chipoter, un véritable arc-en-ciel ne décrit pas une courbe de Gauss. Mais la rime a ses raisons.

.

Encore une citation.

Je ne résiste pas à l’envie de citer ce poème malicieux de François Caradec, tiré de « L’année poétique 2008 », chez Seghers:


POÉSIE DANS LE MÉTRO

Le poète m’a dit: On n’en fait jamais trop
mes vers sont placardés sur le quai du métro.

Je lui ai répondu: Naïf de mirliton
ces vers harmonieux croyez-vous les lit-on ?

À quoi bon s’échiner sur quelques bouts rimés
ne forcez pas votre nature
Le train ne peut partir que les portes fermées
ne gênez pas leur fermeture.

.

23 août 2008

Les rêves du chat virtuel

Entrée en matière
Savoir la manière
D’accommoder les sonnets
D’apprêter les sansonnets

Attraper les alouettes
Taquiner la muse et la Minouchette(*)
Avoir du talent
Se procurer des ortolans
Exaspérer le bon Melchior(**)
Et que sais-je encor

Se faire enfin livrer du pâté de mésanges
Et trouver le moyen de publier mes vers
Ô Moukmouk(***) tu seras un ange
Si tu t’abstiens de me regarder de travers.


* chatte d’une blogueuse qui nous sont chères
(vive la grammaire)
** blogueur
Ronchon
Ou blagueur
C’est selon

*** blogueur qui aime à faire les yeux gros
À quiconque veut manger les oiseaux

.

20 août 2008

Croquemitaine radouci

Un marinier du genre pas marrant
Mari brutal et père
Sévère
On voit cela peu souvent mais
On ne peut pas dire jamais
Inspirait à sa maisonnée
Une frayeur irraisonnée


Il tyrannisait ses enfants
Et sa femme et ses vieux parents
Même le chien dans sa niche
Installée sur la péniche
Aussi le chat bref tout un
Chacun


A la fin lasse des querelles
La famille se fit rebelle
Et pour le mettre à la raison
Ligota comme saucisson
Le capitaine
Croquemitaine

Pour lui administrer leçon
L’on alla quérir un vicaire
Qui le chapitra de telle façon
Qu’il en eut crise d’urticaire

Il est plus calme depuis lors
Et ne prend plus aux dents le mors
Il mène à bord
Existence recluse
Ne se manifestant qu’aux abords
Des écluses

Et l’ancien tyran do-
Mestique
S’applique à chasser les moustiques
En surveillant le tirant d’eau.


.

18 août 2008

Citation, en hommage à Mahmoud Darwich.

Lu dans Media part (présentation d’Edwy Plenel, Poème de Mahmoud Darwich, traduction de Elias Sanbar, Actes Sud éd.

« Décédé samedi 9 août aux Etats-Unis, le Palestinien Mahmoud Darwich devrait être inhumé mercredi 13 août à Ramallah, en Cisjordanie. En hommage à ce poète universel, symbole d'un monde arabe ouvert aux autres et au monde, bien loin de certains préjugés occidentaux, Mediapart publie cinq de ses poèmes, tous inédits en français. Nous devons cette exclusivité à Elias Sanbar, son traducteur de toujours, et aux éditions Actes Sud où ces poèmes seront publiés dans un prochain recueil. »
(……)

Ici le cinquième de ces poèmes.

« Deux étrangers

Il regarde le firmament
et voit une étoile
qui le regarde!

Il regarde la vallée
et voit sa tombe
qui le regarde!

Il regarde une femme
qui le tourmente et l'attire,
mais elle ne le regarde pas!

Il se regarde dans le miroir
et voit un étranger, comme lui,
qui le regarde!

© Actes Sud, traduit par Elias Sanbar.  »

09 août 2008

Bonne pâte et fine mouche

L’asticot de son tunnel
Aperçoit au fond le ciel

Et dedans la lune rousse
Alors vite il se trémousse

Rampe pour sortir du nid
Un très long macaroni

Avec beaucoup d’énergie
Quand il est à la sortie

En mouche il se voit changé
Chic on ne m’a pas mangé

Cuit dit-il dans l’eau bouillante
Ma fortune est excellente

La mouche essuie son museau
Son abdomen en fuseau

Et toute à son bonheur d’être
Prend son vol par la fenêtre.

.

06 août 2008

Dispersion

Rêvé la mer était bien froide
Et tous nos vêtements mouillés
Avons-nous assez farfouillé
Dans le dénigrement des rois de

La mine et du rail l’aube est roide
Où sont dis-moi les œufs brouillés
Q’Alphonse Allais a bidouillés
Dans Le parapluie de l’escouade

Et maintenant je vous assure
Il faut sortir de ce chou-là
Vous n’aurez point de chocolat

Que du pain sec sans confiture
Égayez-vous dans la nature
Partez par-ci partez par-là.

.

04 août 2008

Au Cotentin l'été

(sonnet paresseux)

Une jument percheronne
Prend les bains à Carteret
Sur le seuil du cabaret
Humant l’air un chat ronronne


Le temps est compté baronne
L'âne tond son pré carré
Il court il court le furet(*)
Le furet des bois luronnes

Vient s’asseoir un chemineau
Fatigué de son errance
Et pour pouvoir en cadence

C’est du moins ce qu’il avance
Muscler ses abdominaux
Il s’adonne aux dominos.


(*) vieille chanson

.

29 juillet 2008

Veine sombre

Le sang qu’un chat lape
Lentement s’échappe
D’un poignet tranché
Avec un fer ébréché

Dans sa cage sous cape
Un canari caché
Songe aux douceurs de l’existence
Pour vivre heureux vivons perché

Le chat va museau léché
Promener sa nonchalance
Au cœur de l’horloge un soleil balance
Il ne cesse de se pencher
D’un côté de l’autre en cadence

Seigneur ne soyez pas fâché
Si la pauvre âme a trébuché
Au terminus de son errance

Mettons un disque en pénitence
Faisons place à Sydney Bechet

La Foi la Charité ainsi que l’Espérance
Sont théologales vertus

Les souris entrent dans la danse
Entourloupe et turlututu
Alléluia et loup y es-tu

Tu n’as pas eu le temps je pense
D’attraper ta correspondance

Et maintenant c’est le silence
Même Sidney Bechet s’est tu.


.

19 juillet 2008

Pains perdus

(petit poème politique vite fait, pour m’attirer les bonnes grâces du souverain)

Le Sarkozy démine
Nous dit-on le terrain
Pour s’en aller en Chine
Cet été plus serein

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Le vaillant premier ministre
Fait une tronche sinistre
On sait qu’il a mal au dos
Qu’il souffre de tous les os

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

C’est le moment d’appeler
L’assistance à distance
Pour qu’on me serve du lait
Un peu suffira je pense

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Dis mon brave Nicolas
Dis mon grand ne crains-tu pas
Qu’avant même l’échéance
Le peuple manant de France
Soit possédé du désir
De se désensarkozyr

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati

Sarkozy ô
Grand homme
Haut comme au
Moins trois pommes

Ah grignoter les petits
Gâteaux de tatie Dati


Petit par la toise
Et grand par le bagoût
L’on viendrait bien chez toi se
Faire servir du ragoût.

Petit message personnel à CB
Madame la Présidente et Chère Consoeur
Une dernière fois je sollicite petite pension et coup de piston pour être élu à l’Académie. A défaut, je passerai dans l’opposition. (Signé) Griffollet, chat de lettres et courtisan.

.

27 juin 2008

Euro de foot 2008

(vers de circonstance et de mirliton)

Turquie ?
Allemagne !
Russie ?
Espagne !
Dieux du ballon
Rond l’on
Vous en prie,
Que les meilleurs gagnent.



.

25 juin 2008

Météo changeante

Le soleil se prend dans la nasse
Des strato-cumulus et cumulo-nimbus
Tous imbus
De leur masse
Qui menace
Le beau temps

Voilà que les oiseaux se taisent
Et l’averse à l’instant s’étant
Dans le silence persistant
Abattue sur le récitant
Et l’assistance tout autant
Les gens ne sont pas à leur aise

Et tout le jour il a plu
Il plut aux cieux de laisser pleuvoir
Et dru ma pauvre dame dru
Oui dru comme vous pouvez voir
Il plut du matin jusqu’au soir
De quoi remplir les abreuvoirs
Faire déborder les citernes
C’est là chose curieuse à voir
A la fin de ce jour si terne

Ah l’arc-en-ciel qui se fait élégant
Ah le salon de jardin qu’on essuie
Ah le coup de torchon dessus le toboggan
Ah le soleil après la pluie

Ah les escargots partis pour
Se promener aux alentours
Et les nuages sans tambour
Ni trompette
Ont pris la poudre d’escampette.


.

22 juin 2008

Piano mécanique

Vont-ils s’arranger mes vers
Juxtaposer leurs images
En alignement bien sage
Pour calmer l’âme à l’envers

Le printemps après l’hiver
Un pullover paysage
Un regard de chat sauvage
Un vélo noir des yeux verts

Aux abords de la venelle
Du piano la manivelle
Tourne et retourne un refrain

L’âne gris ronge son frein
En ralentissant la belle
Lui caresse le chanfrein.


.

14 juin 2008

Repas froid

(9 pieds, césure flottante)

Au bord du cours d’eau je suis assis
Parfois je m’impatiente et me lasse
J’attends voir passer mes ennemis

Qu’il faut donc de temps pour qu’ils trépassent

Au bout de sa ligne auprès d’ici
Un pêcheur soulève une godasse
Il prend dégoûté sa calebasse

S’offre une gorgée de blanc-cassis

Une artiste a laissé son croquis
C’est pour farfouiller dans sa besace
Elle en extirpe un sandwich exquis

Il n’en restera bientôt plus trace

Les deux qui vont là sont fort épris
Dans le soleil les oiseaux jacassent
Puis l’orage vient tous aux abris

Au moulin les amoureux s’enlacent

Voit-on pas les escargots sortis
Au-devant de l’arc-en-ciel partis
Faire un petit tour et les limaces

Oublions tous ce qui nous tracasse

Des gens aux pantalons rétrécis
Jettent aux canards du pain rassis
Pour l’attraper ils se décarcassent

Dieu que ces animaux sont voraces

C’est un peu plus loin qu’un malappris
D’un sac de déchets se débarrasse
Dans les tourbillons que les soucis

Emportés par le courant s’effacent.



.

04 juin 2008

Bonnes excuses

Au sol les fourmis sont en quête d’un radeau
L’escargot pour ronger carotte
Est obligé de chausser botte (*)
Il a plu trop longtemps la terre est gorgée d’eau

C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons

Sévit la sécheresse et cuit la canicule
Il faut réserver l’eau ne pas en abuser
Au contraire il convient de l’ économiser
Et de ne la diffuser
Qu’en mesures minuscules

C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons

Et nous resterons là assis sur une chaise
À contempler notre jardin tout à notre aise
Ou bien demeurerons ici dans un fauteuil
À surveiller notre jardin du coin de l’œil

Nous pourrons mieux ainsi voir s’il s’échappe
Ou si les rigueurs du temps le rattrapent


C’est pourquoi nous nous abstiendrons
D’arroser nos rhododendrons.

* au singulier
Ben oui, le gastéropode n’a qu’un pied, contrairement à la plupart des vers.


.

29 mai 2008

Cérémonial du soir (IV)

Un cygne auprès de la barrière
Avec piété dit sa prière
Du soir et
S’agenouille
En se relevant il fait ouille
Car son genou est
Quelque peu rouillé

L’âne a mis son bonnet de nuit
Bien disposé sur ses oreilles
Si son corps déjà s’ensommeille
Son âme est avec la lune qui luit

Sans le clair de lune il serait bien ennuyé
Lors on ne distinguerait pas dans les ténèbres
Son beau pyjama rayé
Cadeau de ses cousins zèbres

Le marchand de sable est passé
Il n’avait pas l’air trop stressé
Il n’y a que
Chez les insomniaques
Qu’il est pressé
Ou tracassé

Et maintenant tout dort le sommeil les rassemble
Ai-je rien oublié ah si fait il me semble
Nous omîmes le chat qu’on ne voit nulle part

Le matou rentrera tard
Car il est un peu fêtard.



.

28 mai 2008

Cérémonial du soir (III)

Les chevaux retranchés dedans leur écurie
Vont prendre le temps de s’asseoir
Pour potasser les cours du soir
De l’Université Pierre-et-Marie-Curie

Une génisse en le simple appareil (merci à Jean Racine)
D’une beauté disposée au sommeil
De son seul Chanel Cinq vêtue (merci à Marylin Monroë)
Comprenez qu’elle est toute nue
A pris le temps d’arranger son réveil
Pour précéder demain le coq et le soleil

Les fiers lapins de manière intensive
Brossent leurs incisives
Et même les dents du fond
Puis se font
Avant de dormir les caresses
Propres à propager l’espèce

Les jeunes dindons dont
Les caroncules gonflent
Ronflent
En tirant sur eux leurs édredons

En rêve un cabri cabriole
Demain chouette c’est mercredi
Le mercredi pardi y a pas école
Il pourra s’occuper de diverses bricoles
Heureux cabri

(à suivre)

.

27 mai 2008

Cérémonial du soir (II)

Dans leur bauge les cochons
Font combat de polochons
Puis ils décrètent la trêve
Ferment l’œil et font des rêves

Les canards croupion au sec
Et le bec
Mis sous l’aile
Ont entrepris pour finir
De dormir
Avec zèle

Tranquille une vache
Boit sa tisane de bourrache

Le père jars se poste auprès de ses oisons
Et comme tous les soirs leur raconte une histoire
C’est ça jasons c’est ça jasons jasons jasons
Endormir les enfants reste la mer à boire

Les moutons dans leur enclos
En attente de la tonte
De ne pas dormir ont honte
Le chien pattes sous menton
Rêve d’os
Et nos moutons
Mutuellement se comptent

(à suivre)

26 mai 2008

Cérémonial du soir (I)

C’est l’heure où le soleil se couche
Le jour s’en va ô gué ô gué
Les animaux sont fatigués
Les papillons de nuit vont succéder aux mouches

Tôt les poulets se sont frayé
Un chemin vers le poulailler

Pour lors le bouc a pris sa douche
Peigné sa barbiche avec soin
Puis s’est allongé dans le foin
Non sans avoir d’abord disposé ses babouches
Et bientôt sur sa couche
L’on peut voir son torse qui
Monte et descend sur un rythme farouche
Sous les portraits de Lénine et Trotsky

Fleuron de la gent porcine
Le verrat pour s’endormir
N’en finit pas de polir
Ses séduisantes canines

Le paon chante une berceuse
A ses chers petits dans leur berceau
On croit ouïr une perceuse
Enfin ça c’est mon avis perso

(à suivre)